06/05/2012

Les pays d'Amérique du Sud s'émancipent du monde occidental pour reprendre le contrôle de leurs ressources et souhaitent que les étrangers deviennent partenaires et non plus propriétaires de leurs entreprises.

Bolivie : la traditionnelle nationalisation du 1er mai se perpétue

3 mai

Il devient une habitude pour Evo Morales d’annoncer une nationalisation le 1er mai, date symbolique pour les travailleurs du monde. Après le brésilien Petrobras, dès son arrivée au pouvoir en 2006, puis l’expropriation de quatre compagnies d’électricité en 2010, parmi lesquels GDF, le président bolivien a annoncé mardi dernier la nationalisation de la REE, une entreprise espagnole qui gérait les réseaux électriques du pays. Celle-ci s’ajoute à d’autres, suscitant les inquiétudes quant aux relations entre certains pays d’Amérique latine et l’Union européenne, et plus particulièrement avec l’Espagne.

 

Un regain de « blackout » ces derniers temps, des investissements insuffisants dans les infrastructures du réseau électrique du pays, c’est ainsi qu’Evo Morales a justifié la nationalisation de la compagnie REE. A l’heure où des tensions sociales ont frappé le pays ces dernières semaines, il a également prétendu par ce biais « rendre hommage » aux « travailleurs boliviens qui luttent pour reprendre le contrôle de leur ressources naturelles ». Une déclaration qui intervient à moins de deux ans des prochaines élections présidentielles, au moment où Evo Morales connaît sa plus faible côte de popularité dans l’opinion publique depuis 2006.

Près de deux semaines après la nationalisation d’une filiale de la compagnie pétrolière espagnole Respol en Argentine, le président bolivien est critiqué comme ayant « profité de l’affaiblissement actuelle du gouvernement espagnol » à des fins électoralistes en prônant un « nationalisme prolétaire ». La marge d’action de l’Espagne dans cette situation est très réduite, du fait du traité bilatéral entre les deux pays, les organismes internationaux comme l’OMC ou le FMI n’ont pas compétence à s’ingérer dans le litige. Concernant la récente nationalisation d’une filiale de Respol en Argentine, l’Espagne a décidé de suspendre indéfiniment ses importations pétrolières en provenance du pays tout en demandant l’éviction de l’Argentine du Mercosur. Dans le cas actuel, Evo Morales a cependant promis une « indemnisation rapide », réclamée par la compagnie espagnole, tout en évoquant parallèlement Respol, qu’il a qualifié « partenaire adéquate ».

L’inquiétude pourrait conjointement gagner les investisseurs étrangers en Amérique du Sud. A des degrés divers, la Bolivie, l’Argentine, l’Equateur suscitent des réactions quant à leurs politiques de nationalisation. En treize ans à la tête du Venezuela, Hugo Chavez a de son côté exproprié 990 entreprises. Pour beaucoup d’experts, les nationalisations ne résoudront en rien les crises énergétiques ou alimentaires de ces pays. Evo Morales tente néanmoins de rassurer, « la Bolivie a toujours besoin de partenaires, pas de propriétaires ».

Sources : Le Monde, Les Echos, elmundo.com.bo

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