09/05/2012

Les Etats-Unis n'en ont pas fini avec le choix du candidat républicain. Mitt Romney pourrait bien être battu par Ron Paul à la Convention républicaine de Tampa en août. Ron Paul, c'est l'homme de la révolution, anti-système, qui fera imploser les USA.

La “Révolution Ron Paul” sort des catacombes, en mode turbo

09/05/2012

Devant l’évidence des résultats, il semble bien que Ron Paul dispose d'une puissante organisation, pour la convention républicaine de Tampa (désignation du candidat à la présidence), en août prochain. Il semble bien, par conséquent, que rien n’est dit ni acquis pour ce qui concerne cette convention et la désignation du candidat républicain aux élections présidentielles, et pour le programme du parti également.

Ce week-end, Ron Paul a, pour la première fois, officiellement emporté deux États à l’issue du processus de sélection des délégués, qui commence seulement à arriver à son terme dans le processus des primaires des États : le Maine et le Nevada. Selon deux chaînes de télévision d’origine et de tendances différentes, Ron Paul serait pour l’instant assuré de l’emporter dans respectivement huit et onze États (toujours en nombre de délégués).

• Selon le show politique de Rachel Maddox, le 8 mai 2012, Paul domine le processus de sélection des délégués dans six autres États, en plus du Maine et du Nevada. (Le show Rachel Maddox, de MSNBC, extrêmement influent, est un cas très spécifique qui illustre le caractère inhabituel de la situation. Maddox est située très largement à gauche, et à la gauche du parti démocrate. Elle est très hostile au parti républicain officiel et, depuis le début de la campagne, elle a soutenu de plus en plus Ron Paul, – pourtant classé à l’extrême droite libertarienne, – notamment contre le silence de la presse-Système concernant sa campagne.)

• Selon Russia Today–America, interviewant l’analyste Shelly Roche le 8 mai 2012, Ron Paul, qui l’a effectivement emporté dans le Maine et le Nevada, est pour l’instant en position pour l’emporter dans neuf autres États, toujours en nombre de délégués.

• Un quotidien à audience nationale, le Christian Science Monitor (CSM), notable pour n’avoir pas systématiquement ignoré Ron Paul ces derniers mois, a publié (le 7 mai 2012) un article reconnaissant l’importance des victoires de Ron Paul dans le Maine et dans le Nevada. Son commentaire, modéré et qui reste dans les limites du Système (quasi-impossibilité d’une désignation républicaine de Paul), met tout de même en évidence la vérité incontestable du phénomène politique.

«Ron Paul scored big victories at the Maine and Nevada Republican Party conventions on Sunday. In both states his forces won the majority of delegates to this summer's national GOP convention in Tampa, Fla. As we noted Sunday, this means Mr. Paul’s strategy of organizing the grass roots and working arcane delegate selection rules is paying off. And that could mean big trouble for Mitt Romney and his plans to smoothly pivot to a campaign aimed solely at incumbent President Obama.

»Yes, Mr. Romney is still the presumptive nominee. It’s highly unlikely Paul will be able to deny the former Massachusetts governor the prize he’s sought for so long. But Paul’s forces aren’t lining up and saluting a Romney victory. When they show up in Tampa in August they may be strong enough, and prepared enough, to throw the convention floor into embarrassing disarray. “All of this means the GOP can no longer ignore its libertarian ‘fringe.’ On the contrary, it will have to reach out to a new generation of activists who don’t regard religious piety or continual warfare as sacred tenets of conservatism,” wrote Oxford University historian Timothy Stanley in a CNN opinion column last week.»

• Le CSM a interrogé un spécialiste des sciences politiques de Davidson College, et spécialiste de la technique du processus de sélection, Josh Putnam, sur les objectifs de Ron Paul : «Is Paul after the nomination? I don’t know. But his supporters sure are…» C’est effectivement à la lumière de ces constats que la campagne de Ron Paul, telle qu’elle apparaît désormais, est d’une importance fondamentale. Cette campagne est effectivement révolutionnaire, au sens originel du terme politique. Elle est plus menée par les partisans de Paul, organisés en une véritable insurrection à l’intérieur du parti républicain (GOP), que par Ron Paul lui-même, qui continue à entretenir la mobilisation par des meetings triomphaux (si l’on se réfère à l'affluence et à l’enthousiasme des assistances) et complètement ignorés par la presse-Système. Un long article de Michael Synder, du site The American Dream, ce 7 mai 2012 (repris le même 7 mai 2012 sur Infowars.com) explique la technique employée, qu’on a déjà qualifiée de “guérilla”, – et dont les effets se résument par ce constat : «Despite what you may have heard from the mainstream media, Mitt Romney does not have the Republican nomination locked up. In fact, he is rapidly losing delegates that almost everyone assumed that he already had in the bag…» La conclusion de Snyder après sa très complexe analyse d’un processus qui ne l’est pas moins, est par contre d’une clarté évidente quant à l’importance de la chose, – signifiant que tout est possible si l’organisation Ron Paul parvient à empêcher dans le premier vote de la convention une victoire de Romney (1.144 délégués nécessaires). (Après ce premier vote où l’abstention est possible, tous les délégués sont libres de leur choix.)

«…It would be a challenge, but if his supporters get energized enough, it certainly is possible that Ron Paul could still win enough delegates to deny Mitt Romney the Republican nomination on the first ballot in Tampa. And if that happens, anything is possible.»

• L’article de Snyder renvoie à un certain nombre de références d’articles de la presse-Système. Cette presse après avoir totalement ignoré Ron Paul jusqu’au début des primaires, pour s’y intéresser pendant deux ou trois semaines, l’a complètement ignoré à nouveau après les deux ou trois premiers résultats où il n’obtint pas de victoire. Jusqu’à la fin avril, à mesure des désistements de Santorum et de Gingrich, il ne s’agissait donc plus que de discourir de la façon dont allait avoir lieu l’affrontement Obama-Romney ; depuis le début mai, depuis sa victoire officielle dans le Maine et le Nevada, force est à cette presse-Système de re-connaître à nouveau l’existence de Ron Paul, – sorte de second “born-again”, si l’on veut. (Thomas Mullen, l’un des très rares chroniqueurs de la presse-Système à n’avoir jamais perdu de vue Ron Paul, examine à nouveau, rageusement, la raison de ce surréaliste aveuglement de la presse-Système à l’encontre de Ron Paul, ce 8 mai 2012 dans le Washington Times, ce même quotidien qui a montré longtemps ce même aveuglément dénoncé par Mullen, à l’encontre de Ron Paul.)

• Pourquoi cette presse-Système ignore-t-elle Paul ? Une fois de plus revient la question qui, pour être sempiternelle, n’est pas si simple. L’argument de la censure, ni même de l’autocensure, s’il vaut en petite partie, ne suffit plus du tout, tant il contient d’une façon évidente un effet absolument contre-productif. (L’ignorance de Ron Paul entre fin janvier et fin avril a permis à l’activisme souterrain du camp Ron Paul de se développer en toute impunité. C’est cette circonstance qui, soudain, permet à Ron Paul d’émerger, le 6 mai, avec deux victoires assurées dans le Maine et le Nevada, au moins six à neuf en voie de l’être, donc dans une position de force qui n’est pas loin d’être inexpugnable… Brillante tactique (de la presse-Système) ! Ce qui fait penser qu’il n’y a pas vraiment tactique.) Jack Hunter, qui dirige un site pro-Paul (Paulitical Ticker) signale, le 7 mai 2012, un long article sur un livre qui vient de paraître, qui explique, à la fois techniquement et psychologiquement, cette mise à l’index de Ron Paul, découlant pour la plus grande partie d’un puissant réflexe de communication à partir d’une antipathie évidente pour un candidat qui est systématiquement apprécié comme hors-Système, et qui le serait plus justement encore, comme antiSystème. (Il semble que la censure, ou l’autocensure, s’exerce essentiellement lors d’évènements très visibles, comme les rassemblements triomphants de Paul dans sa campagne à travers le pays, qui ne sont jamais, ou très rarement, couverts.) Hunter cite donc un article de W. James Antle III, le 3 mai 2012 sur RealClearBooks.com, consacré à un livre de Brian Doherty, Ron Paul's REVOLution: The Man and the Movement He Inspired

«Doherty is a rare political journalist who understands that something special is going on here. As someone with an affinity for the ideas that animate Paul's campaign – Doherty is a senior editor for Reason magazine and wrote an exhaustive history of the libertarian movement entitled Radicals for Capitalism – his new book Ron Paul's REVOLution: The Man and the Movement He Inspired brilliantly captures the ideas, personalities, and politics of this unique politician.»

Ces quelques remarques, centrées sur l’attitude des journalistes-Système vis-à-vis de Ron Paul, par rapport à leurs propres habitudes, servent à mieux comprendre comment, en termes de communication et en termes de conformisme majoritaire, Ron Paul n’attire pas naturellement l’attention de ces journalistes, – au point même qu’il la décourage. Il n’est pas “spectaculaire” au sens conformiste du terme, c’est-à-dire remarquable par quelque artifice de communication tout en exprimant le sentiment conformiste général que recommande absolument et impérativement le Système. Un jugement d’un de ses amis résume aussi bien ce qui fait que Paul n’attire pas l’attention de la majorité du troupeau : Paul «[is] never happier than when the vote [is] 434 to 1. It [is] his way of making a point.» (La Chambre des Représentants du Congrès des États-Unis, dont il est un des élus, – et l’on devine lequel dans cette remarque, – compte 435 élus.)

«Brian Doherty aside, most reporters don’t know what to make of Ron Paul. This observation isn’t simply a cliché swipe at the “drive-by media” or the dinosaurs of the dreaded “MSM.” To the working press, from the Red Bull-addled gumshoes at Internet start-ups to grizzled veterans of the campaign trail, Paul’s two Republican presidential bids simply do not compute. […]

»[T]he biggest problem is that there is no easy media narrative for what Paul is doing. The success or failure of most presidential campaigns is determined by two simple metrics: winning the nomination and winning the White House. Whatever his principled disagreements with Mitt Romney, when Rick Santorum suspended his presidential campaign, that was all she wrote. There is no generation of Rick Santorum Republicans ready to run in his place. When John Kerry came up short in Ohio against George W. Bush in 2004, he became yesterday’s news… [...]

 

»But Paul […] is still attracting crowds that number in the thousands on the stump. His online money bombs raise millions of dollars even as this late stage of the campaign. Most importantly, his supporters are crowding Republican state conventions and district meetings. The result is that Paul is accumulating a surprising number of delegate at the very moment Romney is on the verge of capturing the nomination. […]

»The Ron Paul forces are still giving the Republican establishment fits months after their campaign was presumed dead. They took 16 out of 19 delegates allocated by congressional district caucuses in Romney’s home state of Massachusetts. Paulites even denied a delegate slot to Romney’s former lieutenant governor. Delegate-wise, Paul may turn out to be the winner in Iowa after all. The state GOP will be chaired by Paul supporters in both Iowa and Alaska.

»Paul’s legacy includes dozens of Ron Paul Republicans, the most successful being his son Rand Paul, the junior senator from Kentucky, and the up-and-coming young Michigan Congressman Justin Amash. This is what makes Paul so hard for the media to cover: he is clearly having a bigger long-term impact than the 1972 John Ashbrook presidential campaign, but movement-building doesn’t fit neatly into the horserace mentality of most political journalism.

»Doherty ends his book with an exchange between Paul and an ABC News reporter. What would Paul do to improve his poll numbers? “I don’t change my message,” Paul replied. He then followed up with what Doherty describes as “that slightly hesitant Ron Paul thoughtfulness”: “I change minds.”

»Ron Paul is changing the Republican Party right before our very eyes.»

 

Mis en ligne le 9 mai 2012 à 10H48

 

Qui est Ron Paul?

Wikipedia nous le présente

Ronald Ernest « Ron » Paul (né le 20 août 1935) est un homme politique américain, membre du Parti républicain, représentant du Texas à la Chambre des représentants (de 1976 à 1985, et de nouveau depuis 1997). Il a été candidat à l'élection présidentielle américaine de 1988 pour le Parti libertarien, à l'investiture du Parti républicain pour l'élection présidentielle de 2008 et pour l'élection présidentielle de 2012[1].

Partisan du libertarianisme (plus précisément du paléo-libertarianisme), doctrine politique qui prône la « non-agression » et qui place la liberté comme principe absolu de vie, il préconise un État fédéral au rôle limité, de faibles impôts, des marchés libres, une politique étrangère non interventionniste ainsi qu'un retour à des politiques monétaires basées sur des métaux (or, argent) pour étalon.

Il est parfois surnommé « Doctor No »[2] au Congrès parce qu’il vote contre toutes les lois qui selon lui violent la constitution américaine ou qui augmentent les impôts ou les revenus des membres de la Chambre des Représentants.

 

Biographie[modifier]

Ron Paul est né à Green Tree en Pennsylvanie durant la Grande dépression. Il est le troisième d'une famille modeste de cinq enfants. Durant son enfance, il travaille dans la petite exploitation agricole de ses parents, à la livraison de journaux, et dans un drugstore.

En 1957, âgé de 22 ans, il épouse Carol Wells, rencontrée au lycée de Dormont et avec qui il aura cinq enfants. Il fait des études supérieures et sort diplômé en 1961 de la Duke University School of Medicine. Il devient gynécologue obstétricien à Lake Jackson au Texas.

Il s'installe ensuite dans la région de Houston au Texas.

En 1974, Ron Paul devient délégué à la convention républicaine du Texas. Il se présente à l'élection au siège du 22e district du Texas à la Chambre des représentants. Il est largement battu par le représentant démocrate sortant Robert R. Casey.

En avril 1976, il est élu lors d'une élection partielle représentant républicain du 22e district du Texas à la chambre des représentants afin de terminer le mandat de Robert R. Casey nommé à la commission fédérale maritime par le président Gerald Ford. Cependant, en novembre 1976, il est battu de 300 voix (0,2 %) lors du renouvellement du mandat par le candidat démocrate Robert Gammage. Ron Paul prend sa revanche en 1978 et est réélu en 1980 et 1982. En 1984, Paul choisit de ne pas se représenter à la chambre et pose sa candidature pour le Sénat. Il est battu dès les primaires républicaines par Phil Gramm alors que son siège de représentant du 22e district est remporté par le républicain Tom DeLay. Paul retourne alors dans le secteur privé.

En 1988, Paul est candidat à la présidence des États-Unis pour le Parti libertarien (tout en restant membre du Parti Républicain[3]). Il est battu mais, en obtenant un peu plus de 400 000 voix (0,4 % des suffrages), il arrive en troisième place du vote populaire derrière George H. W. Bush (élu président) et Michael Dukakis.

En 1996, Paul se présente de nouveau aux élections primaires républicaines pour le poste de représentant du Modèle:14ème district du Texas à la chambre des représentants. Il bat l'ancien démocrate rallié aux républicains Greg Laughlin pourtant soutenu par l'état major du parti, par Newt Gingrich, par la National Rifle Association et par le gouverneur George W. Bush. Il est ensuite élu contre le candidat démocrate et réélu en 1998, 2000, 2002, 2004 et 2006.

Républicain libertarien, Ron Paul est indépendant et très isolé dans son propre camp. Sous les mandats de George W. Bush, il a ainsi voté contre les propositions de lois républicaines sur l'augmentation des dépenses militaires, a appelé à un retrait rapide des troupes américaines d'Irak et à une réduction des pouvoirs de la Réserve fédérale.

En 2007, il a annoncé son intention de briguer l'investiture républicaine pour l'élection présidentielle de 2008[4]. Bien que très populaire sur le réseau Internet américain[5] et ayant été élu comme le plus convaincant dans plusieurs débats pour l'investiture républicaine, il reste aux environs de 5 à 10 % d'intentions de vote[6]. Ses partisans accusent les « MSM » (mainstream medias) de volontairement occulter sa candidature.

Curiosité politique, Ron Paul a récolté pour le financement de sa campagne, en 24 heures, le 5 novembre 2007, plus de 4 millions de dollars, essentiellement par internet. Fait remarquable, l'initiative de cette money bomb a été prise par un Californien, sans le soutien direct de l'équipe de campagne du candidat. Ces dons ont attiré l'attention des grands médias américains sur le « phénomène » Ron Paul, d'autant plus que celui-ci disposait déjà d'environ 5 millions de dollars, amassés lors du troisième trimestre.

En adoptant la même démarche, Ron Paul a obtenu 6,2 millions de dollars lors du 16 décembre, jour de la commémoration de la Boston Tea Party[7], ce qui est un record absolu pour un candidat américain.

Lors des premières élections primaires et des premiers caucus du parti républicain pour la nomination au poste de candidat à l'élection présidentielle de 2008, il a obtenu entre 3 et 25 % des suffrages, se hissant notamment à la seconde place derrière Mitt Romney lors du caucus du Nevada le 19 janvier 2008. Ron Paul obtient son meilleur score (25 % des voix) lors du caucus du Montana le 5 février, se hissant alors à la seconde place des prétendants républicains derrière Mitt Romney (38 %) et devant John McCain (22 %). Bien que John McCain ait suffisamment remporté de délégués pour s'assurer de l’investiture du Parti républicain depuis le 4 mars 2008, Ron Paul n'a officiellement abandonné la course à l'investiture pour la présidentielle que le 12 juin 2008. Il poursuit cependant sa campagne pour diffuser ses idées, ignoré par les médias mais disposant de dons totalisant depuis le début de la campagne 35 millions de dollars[8].

En 2010 et 2011, Ron Paul remporte le vote clôturant la CPAC (Conservative Political Action Conference), événement annuel du parti républicain, avec 31 % des voix en 2010 et 30 % en 2011.

Le 26 avril 2011, Ron Paul a annoncé à Des Moines, dans l'Iowa, la mise sur pied d'un comité exploratoire, première étape vers une candidature pour la présidentielle de 2012. Le 13 mai, il annonce dans Good Morning America sur ABC se présenter pour la nomination du candidat républicain aux élections présidentielles[9]. Plusieurs consultations électorales consultatives le placent en tête des Républicains ou parmi les meilleures places.

Opinions[modifier]

Selon une étude du journal New American parue en 2006, Ron Paul est de tous les membres de la chambre des représentants et du Sénat[10] le plus « libéral », c'est-à-dire partisan d'une faible intervention de l'État dans la vie privée des différentes composantes de la société (citoyens, entreprises,...). Il est l'auteur d'une proposition de loi abolissant l’impôt sur le revenu, l'Internal Revenue Service. Pour lui, le gouvernement fédéral devrait s'en tenir aux devoirs spécifiés dans la Constitution. Par extension, il souhaite abolir la Réserve fédérale[11].

Ainsi, Ron Paul est contre certaines législations fédérales que soutiennent traditionnellement les représentants de districts ruraux ou côtiers, comme celui de Paul avec 675 miles de côtes. Ron Paul est, par exemple, opposé à l’assurance « inondations » financée par le gouvernement fédéral parce que celle-ci contraint ceux qui ne vivent pas dans les zones inondables de subventionner ceux qui choisissent d’y vivre. De surcroit, cela ne permet pas à ceux qui vivent dans ces zones inondables de choisir librement leur propre assureur.

Globalement, il propose de réduire les impôts fédéraux au minimum.

Hostile à l'attribution de trop de pouvoir à l'État central, il est partisan de la suppression de la CIA et du département de l'Éducation.

Concernant le mariage gay, Paul s'oppose à toute intervention fédérale sur le sujet. A une question concernant son soutien à ce type de mariage, il a répondu « Je suis favorable à toutes les unions (associations) volontaires, et les gens peuvent les appeler comme ils le veulent[12] ».

Croyant dans le caractère sacré de la vie dès la conception, il est contre l’euthanasie et s'il se déclare personnellement contre l’avortement, il déclare vouloir surtout retirer à la Cour suprême la prérogative d'autoriser l'IVG entre 0 et 12 semaines, et de la confier aux États fédérés (il a déposé ainsi une proposition de loi en ce sens en 2005). D'une manière générale, Ron Paul estime que toutes ces questions sociétales doivent être tranchées par les États et non par l'État fédéral qui doit être réduit à sa plus simple expression.

Concernant la peine de mort, il a une position caractéristique du paléo-libertarianisme : il a déclaré en 2007 que la peine de mort pouvait être méritée pour certains crimes, mais que le gouvernement fédéral ne devait pas y avoir recours[13].

En matière de recherches biologiques, Ron Paul a soutenu la recherche sur les cellules-souches, et s'est opposé au gouvernement Bush sur ce point, contestant en particulier le principe même d'une intervention gouvernementale sur ces questions.

En matière d'immigration, il est contre le droit du sol car il perçoit celui-ci comme une incitation à une immigration bénéficiant des subsides étatiques. Paul a voté pour le Secure Fence Act (loi sur la barrière de sécurité) de 2006, autorisant une barrière de plus de 700 milles (1 100 kilomètres) entre les États-Unis et le Mexique. Dans ce domaine, il est assez éloigné des positions libertariennes, traditionnellement favorables à la libre émigration au nom de la défense de la liberté individuelle.

Partisan de la liberté religieuse et de sa libre expression, il estime qu'il n’est pas du ressort du gouvernement fédéral d’intervenir dans les affaires religieuses des citoyens ou des États.

Il défend la liberté du port d'armes.

Suite aux attentats du 11 septembre, il a voté contre le Patriot Act et différentes mesures de régulation d'internet par l'État fédéral, qu'il dénonce comme autant d'atteintes aux libertés individuelles.

Il est favorable à l'utilisation de la marijuana à des fins médicales. Plus encore, Ron Paul prône la vente libre de tous les stupéfiants à la fois parce qu'il constate l'inefficacité des mesures de prohibition (la War on Drugs aux États-Unis) et parce qu'il promeut la responsabilité de chaque individu face à ses choix de vie.

Non-interventionniste, il s'oppose à la multiplication des interventions militaires des États-Unis. À ce titre, il a voté contre la guerre en Irak en 2003. Il souhaite l'arrêt du rôle américain de « policier du monde » ou de « créateur de nations », et estime que l'hostilité du Moyen-Orient envers les États-Unis est largement la conséquence d'une politique étrangère inspirée par une trop grande ingérence. Son avis sur le sujet est à la fois motivé par des considérations budgétaires (il rejette les énormes dépenses occasionnées en vain par les diverses guerres) et une conception élevée de la souveraineté des nations comme de l'intérêt américain. Il exige par ailleurs le retrait des États-Unis des institutions internationales comme l'ONU, l'OTAN, l'ALENA ou l'OMC[14]. Selon lui, il ne s'agit pas ici d'un réflexe protectionniste, (il est favorable à un libre-échange sans barrière douanière ou taxes d'importation) mais bien d'un refus de soumission à des autorités non élues, perçues comme menaçant les libertés individuelles.

Enfin, il conçoit le libre-échange comme un système favorisant le développement de relations harmonieuses entre les nations et le maintien de la paix.

Ron Paul semble finalement concevoir une vision plus libertarienne et se rapprochant plus de l'idée des Pères fondateurs des États-Unis que le reste du paysage politique américain. Il revendique le maintien de pouvoirs aux États fédérés, et la limitation du pouvoir de l'État fédéral. Il souhaite un retour fort aux valeurs de la Constitution américaine, la suppression ou une importante réduction de l'intervention de l'État fédéral dans les domaines qui ne sont pas prévus par le texte de la Constitution.

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