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15/05/2012

L'arme de destruction anti-Système aux USA, Ron Paul, est en période de confusion extrême. Il subirait des menaces pour stopper sa campagne. Il a rencontré récemment Ben Bernanke (Réserve Fédérale) que Ron Paul souhaite, justement, dissoudre.

Ron Paul : confusion ou capitulation ?

15/05/2012

La campagne Ron Paul est soudainement en pleine confusion, caractérisant un moment capital de la tentative présidentielle du parlementaire du Texas. L’événement survient au moment, également capital, où il apparaît que la stratégie de Ron Paul de “capture” des délégués à la convention du parti républicain de Tampa (en août) a (avait) de fortes chances de réussir… Mais, évidemment, ceci explique éventuellement cela.

Nous allons tenter d’exposer le plus clairement possible, – tâche extrêmement ardue, – la situation de la campagne de Ron Paul. Pour l’instant, il est impossible de tirer une conclusion quelconque entre les différentes explications et les divers évènements. On ne peut que tenter de faire le tri et, en même temps, exposer les hypothèses évidentes.

• Il y a l’annonce par Ron Paul, par un message personnel envoyé aux différents sites qui le soutiennent, qu’il abandonne une campagne active dans les primaires restant à faire tout en continuant sa stratégie de “capture” des délégués. La cause avancée est simplement financière, ce qui n’est pas absurde du seul point de vue comptable. Le message figure notamment sur DailyPaul.com (site indépendant de la campagne Ron Paul, mais soutenant bien entendu cette campagne), le 14 mai 2012.

«Our campaign will continue to work in the state convention process. We will continue to take leadership positions, win delegates, and carry a strong message to the Republican National Convention that Liberty is the way of the future.

»Moving forward, however, we will no longer spend resources campaigning in primaries in states that have not yet voted. Doing so with any hope of success would take many tens of millions of dollars we simply do not have. I encourage all supporters of Liberty to make sure you get to the polls and make your voices heard, particularly in the local, state, and Congressional elections, where so many defenders of Freedom are fighting and need your support.

»I hope all supporters of Liberty will remain deeply involved - become delegates, win office, and take leadership positions. I will be right there with you. In the coming days, my campaign leadership will lay out to you our delegate strategy and what you can do to help, so please stay tuned…»

• Cette nouvelle orientation a été confirmée par deux des conseillers du Ron Paul, notamment par le moyen d’interventions sur vidéos. Le 14 mai 2012, sur RonPaul2012, Jesse Benton affirme qu’il ne s’agit en aucune façon d’un abandon de la campagne. Le même 14 mai 2012, sur DailyPaulRadio.com, Doug Wead : «We are not out, We are Up! The fight has just begun!» Ces deux points résument la position “officielle” de la campagne Ron Paul, dont on peut également avoir un résumé général, notamment sur Russia Today le 14 mai 2012. A partir de là, d’autres nouvelles conduisent à des analyses divergentes…

• Il y a un important article dans Politoc.com (le 14 mai 2012), dans lequel les deux conseillers cités plus haut, Jesse Benton et Doug Wead interviennent d’une façon plus explicite. Cette fois, l’argument principal est très différent : il s’agit, d’une part, de l’affirmation que Ron Paul ne veut pas causer de désordre et entend rester dans les normes constitutionnelles et les normes du parti, d’autre part de l’affirmation qu’un regroupement peut se faire autour de Romney pour permettre au parti républicain d’éviter le chaos à la convention de Tampa, et à ce même parti républicain (et plus Ron Paul) de tenter de l’emporter contre Obama. Nous ne sommes plus très loin de la thèse d’une manipulation de la campagne Ron Paul, sans qu’on puisse déterminer si Ron Paul est paradoxalement partie prenante ou pas de cette manipulation, — dans ce cas, un Ron Paul effrayé par la montée d’une campagne de plus en plus dure, de plus en plus “révolutionnaire”, capable d’interférer gravement dans les structures et les processus du parti, – c’est-à-dire, du Système. Dans ce cas extrême, il s’agit du constat que Ron Paul est arrivé à ses limites d’activisme antiSystème, et que sa décision est effectivement une capitulation ; tout cela peut par ailleurs se justifier, de son point de vue, par son constitutionnalisme extrême, qui le pousse à respecter les institutions du système de l’américanisme, – qui entrent dans la structure du Système, – même s’il est un farouche opposant à la politique qui en est le produit. Il faut noter que cette thèse retrouve des soupçons développés clairement par Justin Raimondo (voir notamment le 2 février 2012, sur Antiwar.com), notamment à l’encontre des deux conseillers cités, Jesse Benton et Doug Wead (ce dernier, qui travailla pendant un temps avec GW Bush), soupçonnés par lui d’être plus ou moins des “sous-marins” du parti républicain ayant pour tâche de contrôler la campagne de Ron Paul. Ci-dessous, des extraits de l’article de Politico.com

«In the past few days alone, several incidents cast the campaign in an unfavorable light: Mitt Romney’s son Josh was booed off the stage by Paul backers in Arizona Saturday, and Romney surrogates Tim Pawlenty and Gov. Mary Fallin received similarly rude treatment in Oklahoma. They were the latest in a string of recent disruptions from Maine to Alaska that threatened to tarnish Paul’s legacy and marginalize the ideas he believes will one day dominate the Republican Party.

»“It concerns him,” campaign chairman Jesse Benton told POLITICO. “He wants to convey to everybody and our staff want to convey that we’ll lose more than we gain if we go and we’re disrespectful. Respect and decorum are very important to Dr. Paul.” “You need to give respect to get respect,” he added. “We are confident that there will be mutual respect at the convention. We want to make sure that we take every step we can to make sure that happens.” That long-term outlook is why Paul’s campaign manager took the unusual step last week of condemning “isolated instances of grassroots activists working toward an ostensible ‘hostile takeover’ of the GOP” in Idaho.

»GOP leaders welcomed Monday’s announcement as more evidence that the base is coalescing behind Romney as the right’s best hope to prevent Barack Obama from winning four more years in power. “The Paul folks have clearly shown a willingness to be part of the team that wins,” one national GOP source said. “They get it.” […]

»Doug Wead, a senior Paul advisor who worked for Bush 41, believes that if conventions were allowed to operate democratically and fairly, Paul could probably win the majority of delegates in 10 states and come to the floor with one-third of the delegates. But he said in an interview before Monday’s announcement that they understand the Romney campaign cannot allow that. “We understand they’re going to show a little bit of muscle,” he said. “They won. So we understand that. But from the last cycle we saw what happens if they get too cute and want to sew the whole thing up. It’ll just be a repeat of McCain.” “We’ll do everything we can to get our people to be cooperative,” Wead added.»

• Enfin, il y a un petit déjeuner mystérieux, il y a quelques jours, entre Ron Paul et Ben Bernanke, président de la Federal Reserve, un jour après que Ron Paul ait conduit, en tant que président de la commission spéciale de la Chambre chargée d’enquêter sur la Fed, une session de cette commission sur des propositions d’abolition de la Federal Reserve. Le Wall Street Journal, le 9 mai 2012, et IBTimes.com le 10 mai 2012, ont signalé l’entretien, dont le contenu reste confidentiel. A la lumière des autres évènements signalés ci-dessus, se pose la question de savoir si l’entretien a porté simplement sur la position de Ron Paul, que combat Bernanke bien entendu, ou si d’autres sujets plus politiques ont été abordés. Sur les sites pro-Ron Paul, les hypothèses ne manquent pas sur des pressions ou des menaces exercées sur Ron Paul pour qu’il stoppe sa campagne, alors que cette campagne commence à devenir extrêmement efficace et dangereuse pour le Système.

La prudence du commentaire est impérative… On ne tirera, pour l’instant, aucune conclusion parce que, des deux termes, – confusion et capitulation, – c’est le premier qui domine, même s’il apparaît évident que le second ne peut absolument plus être écarté. Déjà, à plusieurs reprises, on s’est interrogé sur le sort de la campagne Ron Paul, la dernière fois en date étant le 7 avril 2012, – à propos d’un article de Raimondo ; les commentaires de Raimondo sont effectivement une bonne indication de ce qu’il faut attendre et comprendre de l’évolution de la campagne Ron Paul ; par conséquent, son absence de commentaire à propos de cette affaire Ron Paul, hier et aujourd’hui sur Antiwar.com, est une bonne mesure de l’incertitude régnant éventuellement.

Il est trop tôt pour enterrer Ron Paul et son parcours politique personnel, il n’est plus trop tôt pour se demander si sa “révolution” peut se séparer d’un Ron Paul défaillant et se poursuivre d’une façon ou l’autre, sans lui ou malgré lui, ou s’il faudrait enterrer cette “révolution” à ses côtés, si l’on devait l’enterrer lui-même… Le désarroi mais aussi une certaine colère, et aussi un certain désir d’organisation autonome, sont palpables sur les sites pro-Ron Paul mais indépendants de la campagne. On peut par exemple imaginer que, suivant les consignes de Ron Paul de poursuivre la “chasse aux délégués”, les partisans de Ron Paul développent de leur propre chef une tactique délibérée d’agression, ce qui forcerait Ron Paul à prendre clairement position par rapport à l’orientation “révolutionnaire“ ou pas de sa campagne. Un tel développement dépendrait du sentiment causé par les développements actuels, – colère ou découragement…

 

Mis en ligne le 15 mai 2012 à 09H12

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