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29/05/2012

Le projet Nabucco mourra très probablement fin juin d'autant que la Turquie ait déjà donné son feu vert pour la construction dans ses eaux territoriales en mer Noire du projet South Stream (russe).

Le projet Nabucco pourrait être abandonné avant l’automne

 
28.05.2012, 20:55

Le projet Nabucco pourrait être abandonné avant l’automne

© Nabucco Gas Pipeline International GmbH, www.nabucco-pipeline.com
     

Le projet Nabucco, qui avait la vocation de concurrencer les livraisons du gaz naturel russe en Europe, est en passe d’échouer. Cette fois ce sont les spécialistes du consortium pétrolier et gazier BP qui ont jugé le projet sans perspective. BP est l’un des opérateurs du champ gazier Shah Deniz, considéré par de nombreux comme une source clé de gaz pour le projet Nabucco.

Les experts du City londonien sont allés encore plus loin dans leurs pronostics, en déclarant que le projet serait abandonné déjà vers fin de juin. Des responsables du consortium énergétique allemand RWE ont évoqué un possible retrait du projet. MOL hongroise, détenant 100 % de la compagnie de transport de gaz FGSZ, l’un des actionnaires de Nabucco, a tout simplement renoncé de financer la construction de ce gazoduc et s’est retiré du projet.

Le gazoduc Nabucco devait fournir du gaz de région Caspienne et d’Asie Centrale à la frontière orientale de l’UE et était conçu comme une route contournant la Russie afin de réduire la dépendance de l’Europe du gaz naturel russe. Voici comment la situation actuelle est vue par Guennadi Chmal, président de l’Union russe des industriels du pétrole et du gaz :

« Nabucco n’a pas de base de ressources. Le retard avec la mise en vigueur du champ Shah Deniz phase 2 ne permet pas de compter sur le gaz d’Azerbaïdjan. Vu les propres besoins de ce pays et les livraisons à la Turquie et à la Géorgie il en restera très peu pour Nabucco. Il en est de même pour la Turkménie ».

En novembre dernier on a recommencé à mettre en question l’utilité du projet Nabucco. Alors le premier fil du gazoduc « Nord Stream » a été lancé, livrant du gaz russe directement à l’Europe. Les experts y ont tout de suite ajouté les nouvelles livraisons de gaz naturel liquéfié de Qatar, d’Algérie et même des Etats-Unis. Les prévisions économiques, qui ne promettent pas de croissance à l’Europe d’ici à 10-15 ans, y ont joué également leur rôle. Le projet est bien coûteux, renchérit Grigori Birg, codirecteur de la section analytique de l’agence « Investcafé» :

« Le coût du projet Nabucco calculé sur kilomètre de conduite approche celui du gazoduc « South Stream », dont la capacité de transport dépasse de beaucoup celle du Nabucco et est en mesure de satisfaire déjà les besoins croissants de l’Europe en gaz naturel. De plus, la Turquie, l’un des principaux participants au projet Nabucco, a récemment donné son aval pour la construction du gazoduc « South Stream » dans ses eaux territoriales. Cela veut dire que le projet Nabucco voit fondre ses chances d’être réalisé ».

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