Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

07/06/2012

Les Anglo-saxons distillent le poison de la division en Europe via leur "idiot utile" de France. Mais ils jouent avec le feu car l'histoire ne se répétera pas cette fois sous le même schéma. Le conservatisme allemand a le soutien de Russie et de la Chine.

Euro-obligations et germanophobie

Pierre Dortiguier

mardi 5 juin 2012

L’opinion publique allemande est, depuis sa naissance, hostile à l’Euro qui lui fut imposée, au temps du Chancelier Kohl, par le socialiste feu Mitterrand pour prix de la réunification du pays en 1989, même si la politesse européenne l’oblige à l’accommoder au goût de ses partenaires et d’en être comme le gardien ou la garantie !

Le chantage à l’Euro a été ainsi remis sur la table des discussions inter- allemandes, puisque le pays est un ensemble d’Etats, comme jadis de principautés, et de royaumes, par le polémiste et financier Theo Sarrazin. Celui-ci manie le goût du paradoxe avec talent, comme une sorte de Rousseau local, dont on connaît la formule : « Je préfère être homme à paradoxes, plutôt qu’homme à préjugés ».

Des préjugés, M. Sarrazin, avec la franchise du caractère allemand, ne s’en embarrasse guère, et ses considérations démographiques ou culturelles ne visent pas, comme en France, à éradiquer par exemple l’islamité pour y substituer une laïcité des mœurs et des consciences, mais à rééquilibrer la sphère culturelle allemande, ce qui n’est point la même chose ! En fait l’Allemagne cherche depuis des siècles à échapper à l’encerclement et à la disparition de son essence propre. Rien de plus naturel !

Cet encerclement, qui était déjà l’anxiété du pays devant le pacte anglo-franco-russe de 1914, ce haut fonctionnaire socialiste de la Deutsche Bank, le voit dans le chantage exercé sur le pays par des compétiteurs ou des coopérateurs européens moins performants, moins disciplinés et qui abuseraient de la fortune du Grand Michel, comme on nomme familièrement le pays.

Dans un essai à paraître mardi, « L’Europe n’a pas besoin de l’euro », l’auteur, ancien membre du directoire de la banque centrale, estime qu’on force l’Allemagne à accepter les principes d’« euro-bonds », des emprunts communautaires européens, et de mutualisation des dettes pour prix de son choix du national-socialisme... « En acceptant de renflouer la Grèce », écrit-il ainsi, « l’Allemagne a révélé sa prédisposition au chantage ». « Cette politique fait de l’Allemagne l’otage de tous ceux qui, au sein de la zone euro, pourraient avoir, un jour ou l’autre et pour quelque raison que ce soit, besoin d’aide », ajoute Sarrazin dans cet essai dont le magazine « Focus » publie des extraits.

Quant aux partisans allemands des obligations européennes, "ils sont poussés par ce réflexe très allemand selon lequel nous ne pourrions finalement expier l’Holocauste et la Deuxième Guerre mondiale qu’une fois transférés en des mains européennes l’ensemble de nos intérêts et de notre argent".

La coalition conservatrice d’Angela Merkel, qui prône l’austérité budgétaire pour sortir l’Europe de la crise des dettes souveraines, est soumise à de fortes pressions pour accepter le principe d’emprunts communautaires européens et intégrer des éléments de croissance dans le Pacte budgétaire signé par 25 des 27 Etats-membres de l’Union européenne.

Ces pressions se sont accentuées depuis l’élection de François Hollande à la présidence française. On sait, du reste, que les « thèses » de François Hollande sur la croissance (« sainte Allemagne, travaillez pour nous » !) ont rencontré l’approbation de Barack Obama et de tous ceux qui voient dans le pays du centre de l’Europe, la « vache à lait » idéale pour continuer leur vie de divertissement, comme l’eut écrit un Pascal, dans la littérature classique religieuse française.

Existe-t-il un lien entre la pression morale exercée sur l’Allemagne, relativement au national-socialisme, par ses vainqueurs coalisés, et la pression exercée sur elle pour qu’elle autorise la planche à billets de l’Euro-bonds de fonctionner pour donner aux pays affaiblis la solution d’un poumon économique artificiel ?

Ce sont les questions que pose Théo Sarrazin, et une fois les injures échangées, il faudra bien se résoudre à une double constatation : Chacun se récrie de l’Euro, mais tous, les Grecs en tête, veulent le conserver, sous peine de découvrir la vérité de leur situation économique. La solidarité européenne vise à dicter au pays principal, au pays de ceux qui travaillent « le mieux » -selon la formule que nous avons déjà donnée de Romain Rolland- les lois de sa propre direction politique et sociale. Nous retournons ainsi à la situation pré-gaullienne d’un Etat qui sera un géant économique et un nain politique, à qui les ambassadeurs des puissances dicteront ce qu’il doit faire. Mais là est la différence : il n’y a plus de surveillance quadripartite du pays, mais tout au plus tripartite, et le quatrième membre d’autrefois, la Russie est sortie du jeu et a intérêt à avoir une Allemagne forte, ordonnée, disciplinée pour mieux se hisser au rang de grande puissance : la Chine est dans ce même cas.

Il est malheureux de constater que nous en sommes au même plan de recherche de commandement européen des économies nationales. Ce que l’Allemagne propose à la Grèce est le seul moyen de redonner au pays une dignité, qu’il perdra définitivement s’il se joint à la cohorte des parasites sous le drapeau de l’Europe.

Cela vaut pour tout autre membre de l’Union européenne, dont la France, mais la solution suivie par cette dernière semble être celle de la facilité, de la fuite en avant, et comme un vieux délire revient le propos du ministre Klotz, en 1919 : « l’Allemagne paiera ».Mais faudra-t-il alors chercher l’Allemagne, comme la vérité, dans un hadith prophétique, jusqu’en Chine ?

Il y a deux types d’Europe, celle des demi-vérités et l’Europe réelle.

Wolfgang Schäuble, ministre des finances fédéral, a jugé méprisable dans Bild am Sonntag, l’édition dominicale du quotidien populaire, cette relation de l’Holocauste à la politique de distribution des Euro-bonds, sur quoi et Hollande et Sarkozy sont d’accord ; les écologistes de même, tel Jürgen Trittin lundi dans le quotidien « Die Welt ». « Il est pathétique qu’il se serve de l’Holocauste pour assurer la plus grande attention possible à ses thèses sur les euro-obligations ».

Comme Français et Européen, il nous semble que loin de Paris, Londres, Berlin et d’Athènes, à Téhéran, il ne semble pas inutile de noter, après les sagaces observations du Président Ahmadinejad, cette fonction de « l’holocauste », qui fait partie désormais de la mécanique politique de l’Europe parasitante et otanisée ! Dans son entretien avec le Spiegel, le Président iranien signalait l’injustice de faire reporter sur les jeunes générations allemandes le poids d’un passé dont l’histoire est dictée par les vainqueurs qui s’absolvent de tout crime, depuis Dresde jusqu’à Hiroshima : c’est donc l’idéologie d’une féodalité européenne et mondiale qui est mise en place dont l’Allemagne, victime d’un chantage, -comme le montre son obligation de fournir en armes sous-marines l’entité sioniste- supporte le poids, à cause de sa capacité de travail unaniment reconnue, particulièrement en Iran.

Mais cela ne durera pas toujours.

Jean Tulard, historien parisien de Napoléon, dit que la formule prêtée au grand homme : « quand la Chine s’éveillera, le monde tremblera » n’est pas avérée. Soit, mais que se passerait-il si l’Allemagne, poussée par le dragon chinois et son voisin russe sortait du cauchemar qui lui est imposée et se réveillait ?

Cela se nomme, à l’opéra, - ce réveil de Siegfried -, « le crépuscule des dieux » !

L'OSDH (Observatoire Syrien des Droits de l'Homme) dont tiennent tellement compte les médias occidentaux pour incriminer les autorités de Syrie n'est qu'un leurre et n'est représenté que par un homme qui s'en prétend.

Le narratif syrien de l’occident se base sur “un mec dans un appartement au Royaume-Uni”

Un propagandiste de l’opposition syrienne dans un appartement en Angleterre, la seule source citée par la presse occidentale

Mondialisation.ca, Le 6 juin 2012

“L’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme” (OSDH) a été cité par les médias occidentaux depuis plus d’un an dans pratiquement tous leurs rapports, et ce indépendamment de l’agence de presse qui relaie l’information, que ce soit l’AFP, AP, CNN, MSNBC, CBS, BBC ou tout journal important occidental. On pourrait penser que ceci devrait constituer une organisation géante avec des centaines de membres travaillant dur sur le terrain, documentant sans relâche ce qu’il se passe en Syrie avec photos et vidéos à l’appui, tout en coordonnant la diffusion de l’information avec la presse étrangère pour “observer” de manière non biaisée et “transparente” les conditions des “droits de l’Homme” en Syrie, ainsi qu’en montrant sa méthodologie pour y parvenir. Cela est certainement l’impression que veulent laisser les médias occidentaux à ses lecteurs et suiveurs.

Mais de manière incroyable, l’OSDH n’est rien de tout cela. En fait, il n’est qu’un homme seul, assis devant un ordinateur dans un appartement au Royaume-Uni, quelqu’un qui prétend recevoir des “coups de téléphone” avec des informations qui vont toujours incriminer le gouvernement syrien et toujours glorifier l’Armée Libre Syrienne (ASL). En fait, Reuters a même admis ceci dans un article intitulé : “Coventry, an unlikely home to prominent Syria activist” et concède même que cet homme, “Rami Abdulrahman” fait ouvertement partie de l’opposition syrienne qui recherche la fin du gouvernement syrien. Abdulrahman admet qu’il a quitté la Syrie il y a plus de 10 ans, qu’il a vécu en Grande-Bretagne depuis et qu’il ne retournera pas en Syrie avant que “Assad ne soit parti”.

Bien sûr, au delà de cet article unique, Reuters et ses acolytes des autres agences de presse sont certaines de ne plus jamais rappeler ces faits à leurs lecteurs.

L’opportunité de l’impropriété semble presque inévitable pour un homme qui haït ouvertement un gouvernement ciblé depuis longtemps d’un changement forcé par le pays dans lequel il réside et dont les méthodes de reportage consistent en de douteux coups de téléphone reçus, impossibles pour quiconque de vérifier ; et quand Abdulrahman ne reçoit pas de mystérieux coups de téléphone des membres de l’opposition en Syrie (comme “Syrian Danny”) ou passant ses informations plus que douteuses à la presse occidentale, il est vu entrer et sortir du ministère britannique des affaires étrangères où il a rencontré le ministre des affaires étrangères britannique William Hague, qui cherche ouvertement à retirer du pouvoir syrien Bachar Al-Assad.



Photo
: De Reuters: “Rami Abdelrahman, chef de l’OSDH, quitte le bureau des affaires étrangères et du Commonwealth après avoir rencontré le ministre William Hague dans le centre de Londres le 21 Novembre 2011 REUTERS/Luke MacGregor” Abdelrahman n’est pas le “patron” de l’OSDH, il est l’OSDH à lui tout seul, bureau qu’il gère depuis son appartement en Grande-Bretagne comme dans un one man show.

Clairement, pour de vrais journalistes, Abdulrahman est un inutile, une source d’information hautement compromise qui a toutes les raisons du monde de bidouiller la réalité afin de l’adapter à son agenda politiquement motivé de renverser le gouvernement d’Al-Assad. Quoi qu’il en soit, pour un propagandiste, il est une mine d’or. C’est pourquoi, malgré les conflits d’intérêts flagrants, le manque de crédibilité, le désavantage évident d’être à 4000 km de l’action et des sujets de ses “observations”, ou le simple fait qu’un homme seul s’appelle lui-même “l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme”, les médias occidentaux continuent de nous abreuver de son torrent constant de désinformation.

Et quand les médias occidentaux se permettent de citer un personnage aussi douteux et compromis, cela veut dire que les preuves actuelles, qui fuitent immanquablement de Syrie, contredisent entièrement le narratif occidental de l’affaire, si profondément en fait, que l’occident doit construire ses “preuves” depuis le tissu du mensonge jusqu’au couturier “Abdulrahman” pour l’assembler. Tandis que le public devrait être outragé que l’establishment pense qu’il est si stupide, qu’il croira toute forme de preuve venant d’un activiste de l’opposition, qui se déguise de manière grotesque sous la forme d’une organisation réputée, qui nous dit ce qu’il se passe en Syrie par le biais de “coups de téléphone” reçus dans son très confortable appartement en Angleterre.

06/06/2012

L'Algérie se trouve dans la ligne de mire de l'Arabaie Saoudite et du Qatar, aidés par les USA et les Frères musulmans égyptiens. Elle sera le prochain domino à tomber. Ensuite viendra le tour du Maroc.

L'Iran et l'Algérie, cibles de Washington et Ryad - Manoeuvres presque ouvertes de l'impérialisme américain et wahhabite

L'Iran et l'Algérie, cibles de Washington et Ryad


Manoeuvres presque ouvertes de l'impérialisme américain et wahhabite



Michel Lhomme
le 05/06/2012
Les pays du Golfe avouent ouvertement souhaiter la création d’une alliance géopolitique autonome incluant au départ deux ou trois pays, dont l’Arabie Saoudite et le Bahreïn. Pourquoi cette soudaine précipitation? Les dirigeants du Conseil de coopération des États arabes du Golfe (CCG), qui comprend l’Arabie saoudite, le Koweït, Bahreïn, le Qatar, les Emirats arabes unis et le sultanat d’Oman, ne cachent pas leur inquiétude face aux ambitions régionales de l’Iran. Le Bahreïn, dirigé par la dynastie sunnite Al Khalifa, est, en particulier, le théâtre, depuis le début du « printemps arabe », d’une contestation de la majorité chiite, soutenue en sous-main par l’Iran, qui a des vues sur le territoire insulaire.
 
Un destin commun ?
 
Par ailleurs, le Qatar, l’Arabie saoudite mais aussi les Frères Musulmans d’Egypte, semblent déterminés à faire chuter l’Algérie. Anna Marie Lisa, présidente honoraire du Sénat belge, accuse ouvertement l'Arabie Saoudite «d’œuvrer à déstabiliser volontairement les frontières sud de l'Algérie », à travers notamment, le financement des salafistes et de groupes djihadistes. Pour l’Arabie saoudite, l'Algérie devra payer, tôt ou tard, pour avoir combattu le terrorisme durant les années 1990. Ceci se produit au moment où de l'argent, provenant de paiements de rançons d’otages européens et des spoliations en Libye arrivent, de la façon la plus illégale qui soit, aux terroristes sévissant dans la région, et plus particulièrement au Nord du Mali, devenu indépendant. En tout cas, cette déclaration confirme qu’il y a bien (ce que nous vous disons ici depuis plusieurs mois déjà: affaire libyenne etc) une déstabilisation en cours de l’Algérie, entretenue par des bailleurs de fonds saoudiens.
 
Eric Denussy, directeur du Centre français de recherches sur le terrorisme, et ancien officier des services secrets, a tiré récemment la sonnette d'alarme : «La situation est très grave. L'Algérie est considérée par le Qatar et l'Arabie Saoudite, et par l'alliance entre les USA et les Frères musulmans, comme le domino du « printemps arabe » qui n'est pas tombé et qui doit tomber, coûte que coûte». L'Otan et les Américains nul doute participent en secret à cette démarche de vouloir reconfigurer le Maghreb et le Machrek, ainsi que le Sahel, par terrorisme interposé et mercenaires richement payés. D’ailleurs, certains pays auraient largué des armes, profitant aux terroristes du GIA, devenu GSPC puis AQMI, après que les terroristes eurent été défaits en Algérie et qu’ils eussent fuient vers le Sud. Pour l’instant, après des législatives sans fraude véritable, l'Algérie, qui se sent menacée, tient bon et n'a pas chuté, malgré toutes ces tentatives de déstabilisation, y compris du côté marocain (le problème du Polisario évoqué au Conseil Européen).
 
Mais au Mali, la crise s’obscurcit et il est un peu difficile d’y voir vraiment clair. La moitié septentrionale de son territoire est toujours sous le contrôle de rebelles touareg, d’islamistes armés et de divers groupes criminels. Un nouveau groupe armé, dénommé Front de Libération Nationale de l’AZAWAD (FLNA), qui revendique 500 éléments, avait annoncé, le 8 avril, sa création dans le Nord-Est du pays. Il se proclame indépendant du groupe islamiste Ansar Dine, dirigé par Iyad Ag Ghali qui a participé aux accords d’Alger de 2006 entre Bamako, la rébellion touarègue et le Mouvement National de Libération de l’AZAWAD (MNLA).
 
 
Cette nouvelle formation se présente comme un mouvement laïc et explique sa création par l’abandon” de la région par l’Etat malien depuis des années. Il aurait pour objectif la libération de l’AZAWAD, l’instauration d’un climat de confiance entre ses communautés, la sécurisation des personnes et des biens et l’instauration d’un cadre de dialogue pour une paix durable” dans la région, dont le FLNA ne définit pas les limites géographiques et qui, par voie de conséquence, pourraient inclure des territoires algériens et nigériens !
 
Aux côtés de tous ces mouvements touaregs, religieux ou laïcs, du Nord Mali, on retrouve, bien entendu, des éléments du Polisario et ceux de l’AQMI, dont un des chefs, Mokhtar Belmokhtar, vient justement de refaire surface à Gao, avec ses partisans, à la faveur des enlèvements de sept diplomates algériens. Un autre groupe, et pas des moindres, a également signalé sa présence à Gao. Il s’agit du mouvement islamiste nigérian Boko Haram, mouvement violent et extrêmement puritain, très anti-chrétien et dont au moins une centaine d’éléments ont été signalés récemment au Nord du Mali. Par ailleurs, l’exécutif MNLA aurait proposé à l’Algérie son aide pour la libération des diplomates enlevés et son leader, Bilel Ag Cherif, aurait décidé d’enquêter sur les circonstances de ces enlèvements.
 
Face à cette nouvelle donne, les Algériens ont fermé leurs frontières avec le Mali. Mais une telle décision, aussi ferme soit-elle, reste toujours problématique dans cette région : parler de « fermeture des frontières » dans une zone de nomades, cela-t-il encore un sens ? Est-ce qu’elles ont jamais existé, d’ailleurs ? N’est-ce pas comme si on voulait arrêter le vent du sud de souffler ? C’est bien connu, les terroristes d’AQMI et les narcotrafiquants passent par les postes frontières et présentent leurs papiers aux douaniers, aux gardes frontières et aux militaires algériens qui grouillent dans le secteur sans pour cela être forcément inquiétés. Les dollars circulent.
 
L'Algérie prise au piège?
 
C’est pourquoi, à moins de construire un mur sur tout le parcours de cette frontière de plus de 1200 kms, il est réellement impossible de fermer cette passoire, où immigrants, terroristes et contrebandiers se faufilent comme bon leur semble. Le Sud algérien paraît donc bel et bien le ventre mou du pays dans lequel circulent des terroristes d’AQMI et des contrebandiers mais aussi des déstabilisateurs étrangers, payés par les Etats du Golfe.
 
Le ministère algérien de la Défense a annoncé avoir déployé des avions de transport militaires et des hélicoptères aux bases de l’extrême sud et a mis en état d’alerte maximum 3 000 hommes des forces spéciales de l’armée et des unités militaires de la sixième, troisième et quatrième région militaire, notamment dans les wilayas de Tamanrasset, Ghardaïa, Biskra, Bechar et Adrar. Certains se demandent, comme de faux naïfs : pourquoi l’Algérie n'avait pas, plus tôt, lutté contre AQMI et la criminalité transnationale ?
 
Pour l’AQMI, il était, sans doute pour elle plus judicieux de refiler le bébé au Mali (consolidation d’un glacis protecteur) et quant à la drogue venue de Guinée-Bissau, elle rapporte forcément beaucoup au passage. N’oublions pas que toutes les productions du pays (l’agriculture étant moribonde) se concentrent actuellement au Sud, au Sahara où se retrouvent toutes les richesses du pays (hydrocarbures, or, fer).
 
En conclusion, s’il est possible d’émettre l’hypothèse que l’enlèvement des diplomates algériens, la proclamation de l’indépendance de l’AZAWAD par un groupe proche d’Alger et la présence d’AQMI et autres groupes islamiques radicaux sont, directement ou indirectement, liés à l’Algérie, la grande puissance régionale du coin, il est indéniable que sur le terrain, l’opération malienne n’est pas seulement une opération montée de toutes pièces par les autorités militaro-civiles algériennes pour redorer leur blason à l’approche des élections législatives en Algérie.
 
Dans ce pullulement de groupes militarisés divers, la situation sur le terrain est bien trop confuse pour ne pas déceler aussi la rivalité de courants servant d’autres intérêts, comme ceux des monarchies du Golfe ou de l’OTAN, dans la perspective d’une déstabilisation cruciale de l’Algérie ou encore, discrètement, des intérêts chinois, dans la perspective d’un contrôle par Pékin du Niger tant convoité.
 
En tout cas, la seule chose assurée, c’est que, en dehors du coup d’Etat qui a ébranlé le pouvoir légitime au Mali, tous les événements qui secouent aujourd’hui le Nord de ce pays sahélien ne sont que la conséquence trouble d’un jeu de domino dangereux engagé par l’Otan, l’Occident et les pays du Golfe dans la région (Tunisie, Lybie, Egypte). En voulant déstabiliser demain l’Algérie, c’est le Maghreb, en tant que bloc institutionnel qui serait alors géopolitiquement menacé en tant que tel. La démarche algérienne pour contrer le terrorisme au Sahel aurait besoin, à la lumière du drame malien, d’une profonde mise à jour de ses tenants et aboutissants, voire même peut-être d’une petite aide de l'ex-mère patrie. Paris ne peut, sans conséquences directes, laisser tomber aujourd’hui Alger.