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05/04/2012

Lucien Jerphagnon, l'historien espiègle d'une profondeur à la portée de tous.

Ce que nous devons à la Rome antique

Categorie(s) : Textes, publié le 3 avril 2012
 
L'Empereur Julien

Que devons-nous à Rome et à la Grèce antique ? « Tout, bien sûr. Enfin presque… » Telle fut la réponse de Lucien Jerphagnon à la question que je lui avais posée dans le premier numéro de La Nouvelle Revue d’Histoire en 2002. Cette réponse fut suivie de beaucoup d’autres jusqu’à la disparition de ce grand historien, helléniste et latiniste, l’an passé.

Les autres savants qui nous ont livré leurs connaissances sur Rome l’ont toujours fait en séparant hermétiquement l’histoire (les hommes, les hauts faits, les batailles) et la philosophie (les chemins de la pensée). L’un des apports rares de Lucien Jerphagnon est d’entrelacer ces deux domaines arbitrairement séparés. D’où le regard total qu’il délivre sur l’histoire romaine. Il montre l’évolution des représentations d’une époque à une autre. Car tout changeait constamment dans ce vaste univers comme dans le nôtre.

De Romulus, fondateur mythique de la Ville en 753 avant notre ère, jusqu’à la déposition en 476 du dernier empereur d’Occident, l’évanescent Romulus Augustule, s’écoulent plus de mille deux cents ans. Plus d’un millénaire d’une histoire sans équivalent au monde, pas même en Egypte ancienne, ni en Perse, en Inde ou en Chine. C’est à la découverte de ce continent historique sans égal que nous convie avec un entrain irrésistible Lucien Jerphagnon.

Avant sa disparition (16 septembre 2011), il avait prévu de léguer à la postérité le gros et passionnant volume de la collection « Bouquins », qui vient de paraître et que l’on ne se lassera pas de relire. Sous le titre Les armes et les mots, ce volume réunit trois ouvrages en un : Histoire de la Rome antique ; Les Divins Césars : Idéologie et pouvoir dans la Rome impériale ; enfin, Histoire de la pensée : D’Homère à Jeanne d’Arc (autrement dit, de la Grèce antique au Moyen Age).

Dans une préface à ce volume, Jean d’Ormesson, ami de longue date de Lucien Jerphagnon, estime que s’il devait définir celui-ci en deux mots, il dirait « qu’il était amusant et profond ». C’est en effet bien résumer ce que fut Lucien Jerphagnon, universitaire à l’immense savoir, « toujours prêt à s’amuser et à amuser les autres ». Il apportait une rigueur extrême à ses travaux savants et à l’écriture de ses livres de haute vulgarisation, sans jamais se prendre au sérieux. Jerphagnon pensait que l’on écrit pour être compris et pas seulement des érudits. Sur les sujets les plus graves ou complexes, ses livres continuent de poser un regard qui n’était dupe de rien ni de personne. Une seule fois peut-être, l’émotion admirative l’emporte sur l’ironie souriante, quand il conclut les pages très denses qu’il consacre au jeune empereur Julien (360-363) auquel il refuse l’attribut d’ « apostat » (Le prince qui s’était trompé d’époque).

Qui furent vraiment les hommes rudes et entreprenants, fondateurs de Rome, puis contemporains des Scipion, d’Octave Auguste, Tibère, Trajan, Marc Aurèle ou plus tard Constantin et Julien ? Et que pensait-on à leur époque de ces grands personnages divinisés par nécessité politique ? Et que pensaient-ils eux-mêmes de Rome, de leur pouvoir et du monde dans lequel ils vivaient ? Dans les réponses à ces questions traitées comme par un contemporain lucide écrivant pour ses amis, et non un universitaire d’aujourd’hui, on discerne ce qu’il y a d’unique chez Lucien Jerphagnon, à la fois véritable historien, informé de tout, mais également connaisseur inégalé de la philosophie antique, puis de la curieuse religion instaurée non sans mal ni conflits cruels par les disciples et successeurs du divin Christos.

Simultanément, paraît aux éditions Albin Michel un ouvrage posthume de Lucien Jerphagnon, Connais-toi toi-même… et fais ce que tu aimes, ce qui a une autre allure et un autre sens que « fais ce qui te plais ». Il s’agit d’un florilège sur l’Antiquité grecque et romaine, « pour adoucir le cours du temps et réjouir ses amis ». On y retrouve les chroniques que le « vieux Jerph » avait données à La NRH, parmi un grand nombre d’autres textes et d’inédits, sources de connaissances et de réflexions inépuisables.

 

Dominique Venner

Notes

  1. Lucien Jerphagnon, Les armes et les mots, Robert Laffont, Bouquins, 1216 p., 32 €. Du même auteur, Connais-toi toi-même… et fais ce que tu aimes, Editions Albin Michel, 380 p., 20 €.
  2. En illustration, une effigie du jeune empereur Julien qui régna de 360 à 363. Une figure pathétique superbement restituée par Lucien Jerphagnon dans le volume de la collection Bouquins (p. 632-653).

01/04/2012

Avez-vous déjà entendu parler de Fritz Vahrenholt? Non? Dans cette note, vous découvrirez comment il arrive à persuader une frange de plus en plus importante de la population allemande des errements du GIEC sur le réchauffement climatique.

Paroles de grands chercheurs sur le réchauffement climatique

(mis à jour le 15/02/12)

 www.pensee-unique.fr

Fritz Vahrenholt

 

bonnetdane

inquisitionIl est coutumier de lire dans la presse ou d'entendre répéter dans les médias que les quelques "rares" chercheurs (NDLR : Ils sont quand même plusieurs milliers répertoriés (voir un exemple, ici, ( liste dans la colonne de gauche) ou encore ici, une pétition auprès du gouvernement canadien) qui contestent que l'effet de serre provoqué par l'homme serait le responsable du réchauffement climatique, sont de simples déviants, incompétents, mal informés voire financés par les lobbies pétroliers comme EXXON Mobil...ou encore des "flat-earthers" (comme disent les américains : ceux qui croient encore que la terre est plate !) et même, des négationnistes comme ceux qui nient l'existence de la Shoah. Mais où en sommes nous arrivés ?

J'ouvre cette rubrique pour équilibrer le débat et vous montrer qu'il n'en est rien et que de grands experts en climatologie ou dans les sciences fondamentales de l'espace ou de la terre, se donnent beaucoup de mal pour faire entendre un tout autre discours que celui qui est propagé par le GIEC, les écologistes, relayé par la grande presse et les politiques en mal de popularité. Jusqu'au Vice-Président du GIEC, lui-même, qui n'est pas d'accord avec la Pensée Unique ! Comme vous allez le voir, les quelques contestataires que je cite ne sont pas débutants. Au contraire, ce sont tous des spécialistes chevronnés. Et ils ne mâchent pas leurs mots pour dire ce qu'ils pensent du GIEC et de ses conclusions ...

En voici la liste qui s'allonge, jour après jour : Fritz Vahrenholt, Istvan Marko, Henri Masson, Chercheurs du GIEC, Judy Curry (III), Ivar Giaever (II), Richard Lindzen (II), Mike Hulme II, Judith Curry I et II, William Nierenberg, Ian Giaever, Robert Jastrow, Hal Lewis, Pierre Morel, James Lovelock, Pierre-Gilles de Gennes, IOP; Andrew Lacis, Petr Chylek, Mike Hulme, Vincent Courtillot, Mojib Latif, Jan Veizer, Rapport JSER, John Theon, Roger Pielke Sr, Frank Tipler, William Happer, Ian Plimer, William R. Cotton, Harrison Schmitt, Cliff Ollier, Roy Spencer, Yury Izrael, Khabibullo Abdoussamatov, Richard Lindzen, Marcel Leroux, Bill Gray, Paul Reiter, Frederick Seitz, Vincent Gray, Antonio Zichichi, Augie Auer, Michael Griffin, Robert Carter, Reid Bryson, Nils-Axel Mörner, Tom V. Segalstad, Madhav L. Khandekar, Al Pekarek, Tim Patterson, Freeman Dyson, Tim Ball, John Coleman, Daniel Botkin, David Douglass, John Christy, Fred Singer, Syun Akasofu, Rosa Compagnucci, Juan Minetti, Eduardo Toni, Oleg Sorokhtin, Jose Joaquim Delgado Domingos, Hendrik Tennekes, Art Douglas; Howard C. Hayden, Don J. Easterbrook, Kunihiko Takeda, Garth Paltrdige, Stan Goldenberg, Arun D. Ahluwalia, Roger W. Cohen... Tous des scientifiques tout à fait qualifiés pour parler du fameux "réchauffement climatique". Et ce ne sont pas les seuls. N'oubliez pas les quelques 9000 et quelques docteurs ès sciences qui ont signés la pétition ici. Et les plus de 400 spécialistes, dont on peut trouver la liste ici et qui se sont exprimés rien qu'en 2007...

Malheureusement et hormis les articles accessibles du regretté Marcel Leroux (voir sa dernière vidéo, tournée peu de temps avant son décès), la plupart de ces articles et de ces déclarations sont rédigés en anglais (comme d'ailleurs la plupart des livres publiés par Leroux). Je vous traduirai les autres aussi fidèlement que possible.

15 Février 2012 : Le Prof. Dr. Fritz Vahrenholt, l'un des tout premiers porte-drapeaux du mouvement vert en Allemagne est devenu climato-sceptique.

C'est ce que les anglophones appelleraient une "Breaking News", c'est à dire "une nouvelle fracassante" qui, sans aucun doute, ébranle sérieusement l'alarmisme climatique en allemagne et bien au delà de ses frontières.
Dans ce billet, nous nous intéressons plus spécifiquement aux causes : Pour quelles raisons et par quel cheminement de pensée, un personnage aussi éminent et convaincu que Fritz Vahrenholt dont la carrière a été entièrement consacrée au développement durable et autres préoccupations "vertes", a-t-il rejoint un nombre important des points de vue de beaucoup de personnalités qui sont citées dans cette longue page ?

Tout d'abord, il est important de se faire une idée précise du personnage.

1) Qui est Fritz Vahrenholt ?
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Comme vous allez le constater, Fritz Vahrenholt (ci-contre) possède un Curriculum Vitae exceptionnellement riche pour tout ce qui concerne les préoccupations environnementales, le développement durable et ses corollaires. Successivement Ministre de l'Environnement régional et conseiller pour l'environnement durable auprès des chanceliers Schröder et Merkel, il a cumulé, tout au long de sa carrière un nombre impressionnant de responsabilités importantes, toutes en relation avec l'environnement et la durabilité.

Voici le CV (en anglais, mais qui doit être transparent pour les francophones) de Fritz Vahrenholt, tel qu'il est présenté sur le site de la société dont il est le PDG (RWE Innogy).
RWE Innogy
est une industrie innovante multifacettes qui s'intéresse à tout ce qui est relatif au développement durable, à la protection de la biodiversité etc. RWE Innogy est un des principaux piliers industriels des préoccupations vertes que l'on sait particulièrement puissantes en Allemagne. Vahrenholt est l'auteur d'une dizaine de livres, tous dédiés à la protection de l'environnement et plus spécifiquement destinés à lancer l'alerte vis-à-vis des dégâts occasionnés par la chimie (notamment un best-seller : "Seveso est partout").

1976 - 1981 Head of the section “Chemical Industry” in the Federal Environmental Agency in Berlin
1981 - 1984 Head of Department of Environmental Policy, Waste Management and Air Pollution Control at the Hessian Ministry of Regional Development, Environment, Agriculture and Forestry
1984 - 1990 Deputy Minister in the City of Hamburg Environmental Ministry
1990 - 1991 Head of Chancellery of the City of Hamburg
1991 - 1997

Senator and Principal of the City of Hamburg Environmental Ministry (Ndt : l'équivalent du Ministre de l'Environnement local)
Supervisory Board Chairman of Hamburgische Elektrizitätswerke HEW AG, Hamburg utility

since 1991 Lecturer at the University of Hamburg (Chemistry Department), since April 1999 Professor of the chemistry department
1998 - 2001 Member of the Board of Directors of Deutsche Shell AG with responsibility for chemicals, renewable energy, public affairs, environment, electricity, 2001 member of the supervisory board
2001-2007

Chief executive of REpower Systems AG, Hamburg
Membre du "Bureau du Conseil sur le développement durable" auprès des chanceliers Schröder et Merkel. Berlin.

Depuis 01.02.2008 CEO c'est-à-dire Directeur Général de RWE Innogy GmbH, Essen

 

Mandats supplémentaires

Member of the supervisory board of Aurubis AG , Hamburg
Member of the supervisory board of Mateco AG, Stuttgart
Chairman of the supervisory board of Rheinkraftwerk Albbruck-Dogern AG, Laufenburg
Member of the board of New York Green Exchange
Member of the “Körber-Stiftung", Hamburg
Member of the Senate of "Frauenhofer-Gesellschaft zur Förderung der angewandten Forschung e.V."
Member of the advisory committee of the German "Wildtier Stiftung"
Member of the supervisory board of "Putz & Partner Unternehmensberatungs AG", Hamburg

Du point de vue universitaire, Fritz Vahrenholt est ce que les allemands appellent un Professeur-Docteur. Il est titulaire d'un doctorat en Chimie et actuellement Professeur au département de chimie de l'Université de Hamburg. Tout ceci implique que Vahrenholt est parfaitement en mesure de suivre la littérature scientifique qui concerne le changement climatique. C'est d'ailleurs ce qu'il a déclaré avoir fait depuis plusieurs années.
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2) Le livre :

Bien que le Prof. Dr. Vahrenholt ait déjà parfois manifesté quelques inquiétudes notamment sur les exagérations et survahre2 les orientations politiques de scientifiques allemands promoteurs du réchauffement climatique, comme nous le verrons ci-dessous, la publication, le 7 février, chez l'éditeur Hoffmann und Kampe de son ouvrage intitulé 'Die Kalte Sonne, Warum die Kimakatastrophe nicht stattfindet" (Le Soleil froid. Pourquoi la catastrophe climatique n'a pas lieu "), avec le Dr. Sebastian Lüning (un géologue/paléontologue, photo ci-contre), a littéralement fait l'effet d'une bombe.

En bref, si les auteurs acceptent l'idée que le CO2 réchauffe (faiblement) l'atmosphère et la planète ils pensent qu'il le fait beaucoup moins que ne l'affirment le GIEC et ses supporters. Pour être plus précis, si les auteurs conviennent du rôle direct du CO2 (c'est à dire une augmentation d'environ +1°C pour un doublement de sa concentration ce qui est pratiquement sans conséquences), ils sont très critiques sur les rétroactions avancés par le GIEC. Comme on le sait, ce sont ces effets rétroactifs (c'est à dire ceux qui résultent, au second ordre, du réchauffement de la planète induit au premier ordre par le CO2 anthropique) qui conduisent le GIEC et ses promoteurs à avancer des fourchettes aussi élevées que des variations de température globale de + 3 à + 6°C (ou plus) pour 2100.
Les points de vue de nos deux auteurs rejoignent donc assez sensiblement et parmi beaucoup autres, ceux de Richard Lindzen (et ici) et de Roy Spencer, très souvent mentionnés dans ce site.
D'autre part, les auteurs mettent en avant le fait (maintes fois signalé dans ce site) que les prévisions (scénarios, prédictions) du GIEC ont constamment négligé de prendre en compte la variabilité du soleil qui joue un rôle fondamental selon nombre d'auteurs ainsi que celui des diverses Oscillations océaniques naturelles, tout comme l'ont également fait remarquer nombres d'auteurs qui se basent sur de multiples observations publiées dans ce sens. En bref, selon les auteurs du "Soleil froid", la participation humaine au réchauffement climatique a été largement exagérée et dramatisée par l'establishment du GIEC et de ses supporters qui, en outre, n'ont pas tenu compte ou ont "oublié" plusieurs facteurs fondamentaux pour le climat, pourtant dûment mentionnés dans nombre de publications revues par les pairs (dont quelques-unes sont mentionnées dans ce site).
Ce livre de 455 pages cite plus de 800 références y compris les textes de la littérature la plus récente revue par les pairs. Il présente plus de 80 graphiques qui illustrent les défauts ou les échecs de la théorie en vigueur. Ce livre est pédagogique. Il est accessible à des lecteurs peu informés sur le sujet et il propose une revue complète de l'état actuel de la science climatique. A noter que "Die Kalte Sonne" est également disponible en format Kindle, pour l'instant en allemand. Ce livre fait l'objet d'un site qui lui est consacré.

3) La presse allemande en parle et Fritz Vahrenholt répond à des interviews :

Il est inutile de préciser que la sortie du livre " Die Kalte Sonne", signé par une personnalité aussi célèbre que Fritz Vahrenholt, a fait grand bruit dans la presse allemande. Des agences de presse et de nombreux organes de presse étrangers (Forbes, entre autres) en ont également informé leurs lecteurs.
A l'heure ou j'écris ces lignes, ce livre est classé 1er sur le classement Amazon.de des livres sur l'environnement et l'écologie et 32ème sur le classement général des livres. Pour l'instant, il est visiblement un grand succès de librairie. Il ne manquera pas d'impacter en profondeur l'opinion publique allemande, compte tenu de la célébrité de son auteur principal. vahre3

Assez bizarrement, je ne l'ai encore guère vu mentionné dans la grande presse francophone.
Sans doute attend-on une édition en français ?

En laissant de côté les nombreux organes de la presse allemande (y compris, une série de plusieurs articles du journal populaire (tirage 16 millions) Bild.de carrément intitulés "Le mensonge du CO2", (image ci-contre, c'est un article du Prof. Werner Weber (Université de Dortmund), des extraits ici) qui ont mentionné et commenté la sortie de "Die Kalte Sonne" de Fritz Vahrenholt et Sebastian Lüning, on peut se limiter aux principaux journaux dont ceux qui ont obtenu une interview avec le Prof. Dr. Vahrenholt. Ce dernier s'y exprime avec une grande liberté et ce qu'il nous dit répond à la question que nous nous sommes posée au début de ce billet.

Pourquoi ce changement d'opinion de la part d'un environnementaliste et activiste réputé, autrefois fermement convaincu de la théorie du GIEC ?

Note : les caractères engraissés dans le corps des textes le sont de mon fait.

focus

Le magazine hebdomadaire FOCUS (concurrent du Spiegel) titre (le 05/02/11):

"Le retour du soleil ébranle l'Allemagne" . L'article (En allemand, traduction en anglais) commence ainsi :

"Il était l'environnementaliste le plus connu du Parti Social Démocrate Allemand (SPD). Maintenant, même Fritz Vahrenholt ne croit plus dans les prédictions du réchauffement climatique.

Chaque année, des centaines de milliers de Chrétiens se séparent de l'église. Cela ne fait aucun bruit. Mais si un évêque abandonne sa foi, c'est un coup de tonnerre. C'est tout-à-fait semblable à ce qui concerne la croyance dans la catastrophe climatique. Seulement 31 pour cent des allemands ont encore peur du réchauffement climatique. En 2006, ils étaient exactement deux fois plus nombreux. Et maintenant un poids lourd est venu renforcer les rangs des incroyants. Vahrenholt, l'un des pères du mouvement environnementaliste allemand, ne croit plus aux prédictions du Groupe Intergouvernemental d'Experts sur le Changement Climatique (GIEC). Et il n'accepte pas non plus les scénarios avec lesquels l'Institut de Potsdam qui sert de conseiller à la Chancelière Angela Merkel et au Ministre de l'Environnement, a sonné l'alarme sur le changement climatique, depuis des années [...]"


Voici quelques extraits significatifs de deux interviews accordés par Fritz Vahrenholt à deux grands périodiques allemands, Die Welt (quotidien, traduction en anglais) et Der Spiegel (hebdomadaire, édition en anglais).
Je rappelle qu'en Allemagne, les tirages des journaux sont fréquemment de plusieurs millions, c'est à près de dix fois plus que les quotidiens francophones tels que le Monde, Libération ou le Figaro. L'impact de ces journaux sur l'opinion publique est donc tout-à-fait considérable.

welt

 

Extraits de l'interview de Fritz Vahrenholt :

Welt Online: "Vous avez défendu les affirmations du GIEC depuis de nombreuses années. A présent, vous publiez un livre dans lequel vous remettez en question la doctrine du changement climatique global. Comment ce changement de point de vue est-il survenu ?"

Vahrenholt:
"Oui, j'ai été un supporter actif de la théorie du CO2. Mais j'ai vécu deux épisodes décisifs qui m'ont inspiré et qui ont fait changer mon point de vue.

Pour ce qui est du premier, j'ai été invité en Février 2010 à Washington en tant que relecteur scientifique pour le rapport du GIEC sur les énergies renouvelables. C'est là que j'ai réalisé que le projet du rapport était fait d'une manière qui n'avait rien de scientifique. Ce rapport était constellé d'erreurs. A la fin, les représentants de Greenpeace ont édité la version finale. Le résultat était l'affirmation dénuée de sens que les besoins de 80% de l'énergie totale mondiale devaient être satisfaits à partir d'énergie renouvelable.


Ces événements m'ont choqué. J'ai pensé que si de telles choses pouvaient se produire dans ce rapport, elles pouvaient tout aussi bien se produire dans d'autres rapports du GIEC.
Parmi les 34 membres du secrétariat du GIEC, la majorité vient du sud - tels que Cuba, le Soudan, Madagascar, Iran ou la Chine. Ces pays ont un grand intérêt aux transferts d'argent. Jusqu'alors j'avais pensé que les chercheurs se rassemblaient et discutaient. Non. En fait, ce sont des délégués qui représentent les nations -et pas toujours des nations démocratiques. Ils représentent des intérêts et exercent leur influence."

Welt Online: "
Et la seconde expérience décisive ?"

Vahrenholt: "A RWE Innogy nous avons été confronté au fait que le vent et l'énergie éolienne résultante, chutaient de manière appréciable. J'ai analysé scientifiquement ce phénomène et j'ai trouvé que cela n'avait rien à voir avec le CO2 et le réchauffement climatique mais que des processus naturels en étaient responsables. L'activité solaire joue un rôle majeur. J'ai travaillé sur le sujet et ensuite pendant une année j'ai travaillé sur ce livre."

Welt Online:
"Vous avez mentionné les délégués qui se rencontrent lors des réunions de l'ONU mais les scientifiques allemands et ailleurs sont cependant largement convaincus que l'humanité est grandement responsable du changement climatique via les émissions de CO2."

Vahrenholt:
"Mais on ne demande pas à ces scientifiques leurs avis sur le contenu du texte final du rapport. Ils sont simplement cités. Et il y a une pression énorme sur les scientifiques pour qu'ils se conforment à l'opinion mainstream. Si vous ne le faites pas, alors vous ne recevrez plus aucune subvention et vous serez exclu des conférences et des réunions.
Ceci vient justement de m'arriver. L'Université d'Osnabrück vient d'annuler ma conférence invitée parce que j'avais écrit ce livre. Les opinions dissidentes ne sont plus autorisées."

 

...Ce qui rejoint très exactement les observations de Richard Lindzen et de beaucoup d'autres.

[...]

Vahrenholt: " Nous avons eu un réchauffement de 0,8°C depuis la fin du Petit Âge Glaciaire. Ceci est essentiellement dû au grand cycle millénaire durant lequel la Terre se réchauffe durant les deux cent premières années de chaque cycle. Entre 1970 et 2000 nous avons eu une augmentation rapide de la température moyenne, mais le même taux de croissance a aussi été observé entre 1910 et 1940 et aussi entre 1860 et 1880.
Ceci n'a rien d'extraordinaire. Si vous regardez attentivement, vous pouvez voir que ce changement est connecté avec le cycle de 60 ans des courants océaniques du globe. L'Oscillation décennale Pacifique (PDO) influe sur la température de la Terre. En 1977, la PDO est rentrée dans une phase positive. Nous sommes passés par un maximum au tournant du siècle et nous sommes actuellement dans la descente. L'Oscillation Décennale Atlantique est aussi en déclin, avec un peu de retard.

Une partie du réchauffement climatique est dû à des causes naturelles. L'erreur fondamentale du GIEC a été de considérer que le réchauffement de 1977 à 2000 était dû au CO2 et il a simplement extrapolé jusqu'en 2100 dans les modèles du climat. Un autre problème est que l'importance des suies a été sous-estimée. Les suies représentent environ 55% des effets climatiques du CO2 tels que prédits par le GIEC. De même, parvenu à ce point-là, le CO2 doit abandonner une partie de son rôle antérieur en tant qu'élément clef du réchauffement climatique.

Nous remarquons que la température du globe a stagné sur un plateau depuis les douze dernières années. Les Oscillations Pacifiques et Atlantiques ne sont toujours pas prises en compte dans leurs modèles. [...]"

Au sujet des enjeux énergétiques, le point de vue de Fritz Vahrenholt, PDG de TRW et grand promoteur des énergies renouvelables depuis de nombreuses années, mérite d'être connu :

Welt Online: En Allemagne, le gouvernement a décidé une "conversion énergétique". Avez-vous l'espoir que votre livre provoquera une correction de trajectoire ?

Vahrenholt:
La "conversion énergétique"
ressemble actuellement beaucoup à un énorme chantier de construction mais qui serait dépourvu de grues. Si nous voulions y parvenir cela nécessiterait une extension massive du réseau et une grande capacité de stockage de l'énergie électrique. Je ne vois comment cela pourrait être mis en place dans un futur proche, contre la résistance populaire. En Allemagne, de nos jours, nous avons une capacité de 25000 mégawatts en photovoltaïque et 29000 mégawatts en éolien. Mais ces sources d'énergie sont très volatiles
Il y a des jours où il est virtuellement impossible de générer de la puissance électrique à partir de l'éolien ou du photovoltaïque - et parfois aucun des deux ne produisent d'énergie. Pour compenser cela nous allons avoir besoin de générateurs conventionnels dans les 50 ans à venir. Mais pour l'instant nous fonçons à toute vitesse dans le mur. La révolution énergétique ne marchera pas
si nous croyons que nous pourrons faire sans les fluides fossiles, dans le futur proche.
Les nouveaux générateurs à fluide fossile sont les partenaires idéaux pour les sources d'énergie renouvelables parce qu'ils peuvent être rapidement mis en oeuvre et arrêtés. Nous ne devons pas nous précipiter dans les renouvelables [...]

Au sujet de la vague de froid récente qui a congelé l'Europe et de l'apport des énergies renouvelables, Vahrenholt ne mâche pas ses mots au sujet du Ministre de l'Environnement allemand. Toujours dans Die Welt :

[...] Quand Mr Röttgen [Ministre de l'Environnement] nous dit que l'énergie solaire réduit la probabilité de coupures, il ne fait que démontrer son ignorance. La pic de la demande se produit le soir et pendant l'hiver - précisément quand l'apport de l'énergie solaire est nul. [...]

Deux journalistes du Der Spiegel On line International ont réalisé un interview de Fritz Vahrenholt.

Leur article (4 pages) est intitulé :

"Transgression des tabous du réchauffement climatique".
Il est divisé en deux parties portant deux titres distincts. Cette fois-ci, Vahrenholt évoque le rôle du soleil.

spiegel

 

 

Partie I : Titre : "Je me sens floué sur le Changement Climatique"

[...]

SPIEGEL: Vous affirmez que la pause (NdT de la hausse de température) a quelque chose à voir avec le soleil. Qu'est ce qui vous en rend si sûr ?

Vahrenholt: En ce qui concerne le climat, nous avons assisté à des variations vers le haut et vers le bas depuis au moins 7000 ans, bien avant que l'homme n' émette du CO2 dans l'atmosphère. Il y a eu des phases de réchauffement tous les 1000 ans incluant les épisodes Romain et Médiéval ainsi que la période chaude actuelle. Toutes ces périodes chaudes ont correspondu de manière consistante avec une forte activité solaire. En plus de ces grandes fluctuations de l'activité solaire, il y aussi des cycles naturels du soleil de 210 ans et de 87 ans. Ignorer tout ceci constitue une grave erreur.

SPIEGEL:Mais les chercheurs spécialistes du soleil sont encore en désaccord sur le fait que les cycles que vous mentionnez existent en réalité. Que pensez vous que cela implique pour l'avenir ?

Vahrenholt: Durant la seconde moitié du XXe siècle, le soleil était le plus actif qu'il ne l'a été depuis plus de 2000 ans. Ce "grand maximum solaire" comme le nomment les astronomes a contribué au moins autant que le réchauffement global du gaz à effet de serre, le CO2. Mais le soleil s'est affaibli depuis 2005 et il continuera de le faire dans les prochaines décennies. C'est pourquoi nous devons nous attendre à un refroidissement de la part du soleil à partir de maintenant.

SPIEGEL: Il est indiscutable que les fluctuations de l'activité solaire peuvent influer sur le climat. La plupart des experts supposent qu'un minimum inhabituellement prolongé de l'activité solaire, que l'on pouvait observer en suivant les taches solaires à l'époque, a conduit au "Petit Âge Glaciaire" qui a commencé en 1645. Il y a de nombreux hivers rigoureux à cette époque avec des rivières gelées. Cependant les astrophysiciens ne savent pas encore dans quelle mesure les fluctuations du soleil affectent en réalité les températures.

Vahrenholt: Beaucoup de scientifiques supposent que les variations de température seraient de plus de 1°C pour les cycles de mille ans et jusqu'à 0,7°C pour les cycles plus courts. Les climatologues devraient consacrer plus d'efforts pour trouver des moyens pour prendre en compte de manière plus précise les effets du soleil sur le climat. Pour le GIEC et pour les politiciens sur lesquels il exerce son influence, le CO2 est, en pratique, le seul facteur. L'importance du soleil pour le climat est systématiquement sous-estimée et l'importance du CO2 est systématiquement sur-estimée. Il en résulte que toutes les prédictions climatiques sont basées sur des données sous-jacentes erronées.

Partie 2: titre : "Des douzaines de chercheurs spécialistes du soleil sont d'accord avec moi."

Vahrenholt: Je n'affirme pas que je sais avec précision si le soleil est responsable de 40, 50 ou 60% du réchauffement climatique. Mais il est absurde que le GIEC affirme que le soleil n'a rien à voir avec lui.

SPIEGEL: Tout bien considéré, vous prédisez un refroidissement global de 0,2 à 0,3°C en 2035. Pourquoi tenter une prédiction aussi risquée ?

Vahrenholt: Si vous voulez revitaliser un débat qui est resté bloqué dans une impasse, vous devez avoir le courage de donner un chiffre. Et ce chiffre, nous le tirons d'études scientifiques parues à ce jour, sur l'histoire du climat.

[...]

SPIEGEL: Ainsi votre assertion selon laquelle nous sommes dans l'erreur à propos du réchauffement global, c'est simplement de la provocation ?

Vahrenholt: Non. Je le dis très sérieusement et je sais que des douzaines de chercheurs spécialistes du soleil sont d'accord avec moi. Je suis parfaitement conscient des diffamations que je vais devoir subir dans un futur proche. Le débat sur le climat a aussi quelques relents d'une inquisition. Je suis curieux de voir quel ministre de la vérité va entreprendre mon procès. Peut-être sera-ce l'Institut de Potsdam pour la Recherche sur les Impacts du Climat (NdT : le PIK), lequel est dirigé par Hans Joachim Schellnhuber qui est conseiller de la Chancelière.

SPIEGEL: Vous affirmez que la pause du réchauffement climatique depuis 2000 résulte en grande partie d'un déclin simultané de l'activité solaire. Mais, en fait, le soleil s'est comporté de manière relativement normale jusqu'au milieu du siècle, devenant notablement moins actif ensuite. Comment réconcilier tout cela ?

Vahrenholt: Il y a deux effets. Le déclin de l'activité solaire et aussi les fluctuations des courants océaniques, telles que l'Oscillation Pacifique de 60 ans, laquelle était dans une phase positive chaude de 1977 à 2000 et qui , depuis 2000, a provoqué un refroidissement qui est le résultat de son déclin. Leurs contributions au changement de température a aussi été, de manière erronée, attribuée au CO2. Et par dessus tout, en outre, le dernier cycle solaire était plus faible que le précédent. C'est pour cela que le champ magnétique du soleil a continué à baisser depuis 2000. Il en résulte que ce champ magnétique ne nous protège plus des radiations cosmiques aussi bien qu'avant, ce qui, à son tour, provoque la formation d'une plus forte couverture nuageuse et donc un refroidissement.
Que faut-il qu'il se produise d'autre pour que le GIEC, au moins, mentionne ces relations dans ses rapports ?

Ndt : A propos de l'effet des rayons cosmiques ...

Vahrenholt: Vous trouverez de nombreuses corrélations entre la couverture nuageuse et les radiations cosmiques dans le livre. J'aimerais savoir pourquoi le GIEC n'examine pas en profondeur ce mécanisme. Je devine que la réponse à cette question saperait complètement les fondations des prédictions du GIEC.

[...]

SPIEGEL: Pour quelle raison endossez vous le rôle du rebelle climatique avec tant de passion ? D'où vous vient cette colère ?

Vahrenholt: Depuis des années, j'ai diffusé les hypothèses du GIEC et je sens que j'ai été dupé. Les énergies renouvelables me sont chères et proches de moi et je me suis battu pour leur développement pendant plus de trente ans. Mon inquiétude est que si le public découvre que ceux qui nous avertissent d'un désastre climatique ne disent que la moitié de la vérité, il ne sera plus disposé à payer des notes plus élevées pour l'électricité provenant de l'énergie éolienne et solaire. Dès lors, la conversion de notre approvisionnement énergétique manquera du support indispensable de la part du public.

[...]

SPIEGEL: Les enquêtes d'opinion montrent que la peur de la catastrophe climatique a décliné. Êtes vous en train de prêcher avec ceux qui disent que tout va bien ?

Vahrenholt: Les catastrophistes déterminent encore le débat politique. Selon le Conseiller (NdT, auprès de la Chancelière Merkel, Vahrenholt fait allusion à Schellnhuber, voir ci-dessous) sur le Changement Global, les pays favorables à l'environnement devraient être contraints, par la force, de réduire leur consommation pour protéger le climat. Ceci nous mène tout droit vers une éco-dictature environnementale. Et l'alarmisme commence à faire de l'effet. Lorsque j'étais dans un restaurant récemment, j'ai entendu une femme dire à ses enfants qu'il était mal de manger du steak argentin - à cause du climat. C'est alors que je me suis demandé. Comment avons nous pu en arriver là ?

4) Fritz Vahrenholt s'était inquiété, en Mai 2011, du contenu d'un rapport émanant du Conseil pour le climat auprès de la Chancelière Merkel.

Suite à la publication d'un document à consonance fortement politique particulièrement coercitif "pour sauver la planète", signé par Hans J. Schellnhuber (photo ci-contre) qui est le Directeur du Potsdam Institut (PIK) et le conseiller sur les questions climatiques de la Chancelière Merkel, Fritzschell Vahrenholt, comme une grande partie de la presse allemande, s'était alarmé.
Il avait publié un article retentissant dans le Die Welt du 26 mai 2011. Il existe une version en anglais de cet article.

Titre : "Allemagne : Glissage incontrôlé vers l'écolo-dictature"

L'article qui suit est de Fritz Vahrenholt. Il constitue une réponse au document signé par H. J. Schellnhuber et quelques membres du conseil auprès de la Chancelière (dont Stefan Rhamstorf) intitulé " Le Monde en transition : Contrat social pour une grande transformation".

En voici un extrait significatif :

Sous titre : "Les conseillers verts du Gouvernement allemand admettent carrément que la décarbonisation ne peut être réalisée que par une limitation de la démocratie - aussi bien sur le plan national qu'international."

"Pour ce qui concerne la politique environnementale, et relative au climat, le WGBU (Le comité pour le conseil scientifique pour le changement environnemental) est un organe de conseil influent auprès de la Chancelière Angela Merkel. Le président de ce conseil est le Professeur Hans Joachim Schellnhuber, directeur de l'Institut de Potsdam pour la recherche sur l'impact climatique.

En Avril 2011, le WGBU a publié un rapport intitulé " Le Monde en transition : Contrat social pour une grande transformation".

Les principales thèses du WGBU sont les suivantes :

Le modèle économique actuel (le métabolisme de l'industrie des fossiles) est non soutenable dans l'état actuel.
"La transformation vers une économie favorable à l'environnement...est moralement aussi nécessaire que l'abolition de l'esclavage et la mise hors-la-loi du travail des enfants."
La réorganisation de l'économie mondiale doit intervenir rapidement, les énergies nucléaires et à base de charbon doivent être abandonnées en même temps et dans un futur très proche.

Une nouveauté historique

La décarbonisation de l'économie globale est, selon ces experts, comparable avec la Révolution Néolithique et la Révolution Industrielle. Cependant ces dernières étaient des processus naturels et non planifiés. Par contre, la "Grande Transformation" doit être attentivement planifiée et contrôlée. Ce serait une nouveauté historique.

Toutes les nations devraient délaisser leurs intérêts nationaux et trouver une nouvelle forme de responsabilité collective pour le bien du climat. "Les citoyens du monde sont d'accord pour une politique innovante qui est attachée au postulat normatif de la durabilité et, en retour, abandonnent leurs désirs spontanés et de persistance. Le garant de cet accord virtuel est un état formatif [...]."

Dès lors, cet état fort prend en charge la question de la "problématique sociale" et des modes de vie non durables. Il surmonte les "détenteurs d'actions de bourse" et les "habitués du veto" qui "empêchent une transition vers une société soutenable". En Allemagne, la protection du climat devrait, en conséquence, devenir un objectif fondamental de l'état sur lesquelles les actions légales des branches du législatif, de l'exécutif, et du judiciaire, seraient alignées.

[...]

Sur le plan international, le WGBU en appelle à un "Conseil de Sécurité Mondial" pour le développement durable. Les membres de la "future chambre", de manière explicite, ne doivent pas être choisis démocratiquement et ils limiteraient les pouvoirs du parlement.

[...]

Cet éco-état fort se ferait selon un nouveau contrat social que le WGBU tire de la loi naturelle de l'éducation qui constitue aussi la base de la démocratie parlementaire. Cette attribution est incorrecte parce que le WGBU suppose un agrément général pour la protection du climat et la décarbonisation.

Le Conseil justifie tout cela du fait de sa haute autorité morale qui dérive de son expertise. Le WGBU est par conséquent plus dans la tradition de la philosophie politique de Jean-Jacques Rousseau. Son concept de "volonté générale" (NdT: en français dans le texte) a été le point de départ du Jacobinisme autoritaire et utopique de l'histoire de l'Etat qui se trouve à l'Ouest (NdT : la France).

Le WGBU compare la décarbonisation de l'économie globale avec les révolutions Néolithiques et Industrielles. Il est faux d'affirmer qu'une telle transformation radicale et délibérée des systèmes économiques et sociaux est sans précédent.

Au moins des modèles partiels de telles transformations sont l'industrialisation de l'Union Soviétique dans les années 1920 et 1930 ou, encore, le Grand Bond en Avant" et la "Révolution Culturelle" dans la Chine de Mao.

[...]

Si l'Allemagne veut faire sans l'énergie nucléaire, alors le développement de l'énergie renouvelable doit être accompagné aussi bien par le charbon que par le gaz naturel, pour le long terme. Dans le cas contraire, la décarbonisation ne signifie rien d'autre que la dèsindustrialisation. Parfois, on a l'impression que c'est exactement cet objectif que de nombreux acteurs politiques cherchent à atteindre.

Fritz Vahrenholt est membre du Parti Social Démocrate et Directeur Général de RWE Innogy depuis Février 2008."

5) Conclusions :

Les textes précédents, extraits de journaux, d'interviews et de déclarations ou d'article de Fritz Vahrenholt permettent de se faire une idée assez précise des raisons qui ont poussé au changement radical du point de vue de cet éminent activiste écologiste au sujet de l'alarmisme au réchauffement climatique et à ses corollaires.

D'une part, et comme beaucoup (pour ne pas dire tous les décideurs et une fraction importante du public), Fritz Vahrenholt n'avait, au début et en l'absence d'informations détaillées et d'une bonne connaissance du sujet, aucune raison de remettre en question les démarches et les affirmations du GIEC et de ses supporters, largement soutenus par les médias allemands et étrangers.
Vahrenholt a été alerté par un certain nombre d'anomalies qu'il a lui-même observé au cours des années passées. Il a donc décidé d'enquêter sur le sujet, de consulter la littérature scientifique qui lui était accessible du fait de sa profession académique et, ainsi, de se faire sa propre idée.
La conclusion est évidente : Il a constaté que de nombreuses avancées relatives au climat (soleil et oscillations océaniques) étaient délibérément négligées par le GIEC et que les conclusions en étaient gravement affectées.

Il est très loin d'être le premier à avoir suivi ce cheminement. A vrai dire, très nombreux sont ceux qui ont enseigné ou fait la promotion des affirmations du GIEC, avant de se plonger sérieusement dans la question...et devenir sceptiques.

Le dernier texte de Vahrenholt qui figure ci-dessus dans ce billet, est clairement le reflet d'une grande inquiétude (d'un glissement vers une éco-dicature qu'il mentionne aussi lors d'une interview). Le texte du WGBU et de H. J. Schellnhuber lui a visiblement ouvert les yeux sur les objectifs politiques qui accompagnent, dans certains cercles et notamment à l'Institut de Potsdam, l'alarmisme du réchauffement climatique.
Il est probable que cet épisode ne soit pas étranger à son revirement. Comme plusieurs auteurs allemands qui se sont exprimés dans la presse suite à la publication du projet du WGBU, Vahrenholt a sans doute pris peur.

Et comme il le dit lui-même : "Comment en sommes-nous arrivés là ?"

Bonne question. Quoiqu'il en soit, "Bienvenue au Club, Prof. Dr. Vahrenholt !"

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Un bon article de Vincent Bénard sur le même sujet ". Repris par Contrepoints.
"L'effet Vahrenholt refroidit une Allemagne de plus en plus sceptique".

A suivre (sans aucun doute)... Je compléterai bientôt en fonction des réactions qui ne tarderont pas.

29/03/2012

Jundallah, groupe terroriste redoutablement djihadiste, contre lequel lutte l'Iran. Ce groupe hyper dangereux est utilisé par certains occidentaux, notamment israéliens pour l'assassinat des savants iraniens. Son danger est réel et direct alors que...

La guerre iranienne contre le terrorisme. Le cas du Jundallah

Par Didier CHAUDET*, le 28 mars 2012

 

Enseignant à Sciences Po

Géopolitique de l’Iran. Enseignant à Sciences Po, Didier Chaudet démontre que les Iraniens mènent en ce moment leur propre guerre contre le terrorisme. Plus précisément contre un groupe utilisant des moyens terroristes, et appelé « Jundallah », « les Soldats d’Allah ». L’auteur en présente les racines et s’interroge sur les influences extérieures.

LA « guerre contre le terrorisme » a été, dès le départ, assez mal nommée. On épargnera aux lecteurs la critique la plus facile, répétée ad nauseam, qui dit qu’on ne fait pas la guerre à un moyen d’action. On rappellera plutôt qu’il s’agit d’une guerre américaine contre ce que les Américains considèrent comme du terrorisme. Ou même, parfois, comme une simple menace terroriste. De ce point de vue, en fait, tout ce qui semble s’opposer, de près ou de loin, à l’influence américaine, notamment de la part d’Etats moyens ou faibles, devient terrorisme. C’est ce qui explique pourquoi l’Iran a été inclus dans l’ « Axe du Mal », alors que le pays avait abandonné l’emploi du terrorisme comme moyen d’action, et surtout ne pouvait pas être associé ni au 11 septembre 2001, ni au djihadisme sunnite. L’inclusion de ce pays dans la liste aura été d’autant plus choquante que la République islamique a été d’une aide non négligeable dans la lutte contre les Taliban. L’insulte a été d’autant plus mal ressentie par les Iraniens qu’ils mènent en ce moment leur propre guerre contre le terrorisme. Plus précisément contre un groupe utilisant des moyens terroristes, et appelé « Jundallah », « les Soldats d’Allah ».

Les racines du Jundallah

Quelles sont les racines de ce mouvement terroriste ? Elles se confondent avec les tensions entre le centre, persan et chiite, et la périphérie à l’est, sunnite et baloutche. Plus exactement dans la province du Sud-Est appelée Sistan-Baloutchistan. C’est dans cette province artificielle, créée par Rezah Shah [1] dans les années 1930, que vivent les Baloutches iraniens (1,5 millions de personnes) [2]. Ces derniers représentent un peuple qui comme les Kurdes, est divisé entre plusieurs Etats. Ici une séparation entre l’Afghanistan, l’Iran, et le Pakistan. Encore une fois comme les Kurdes, les Baloutches ont gardé le sentiment d’une identité forte, et sont considérés par les centres qu’ils dominent comme farouchement attachés à leur indépendance. Rien d’étonnant à cela : tout comme les Pachtounes, ils ont à l’origine une structure tribale qui leur a permis historiquement de mieux résister au centre persan. Et depuis le Grand Jeu, les Baloutches, en tant que peuple transfrontalier, ont été au cœur d’un réseau de contrebande particulièrement important. Et cela est tout particulièrement vrai au niveau du trafic d’armes, qui aura été conséquent tout au long du 20ème siècle. Là aussi, on peut faire une comparaison avec les Pachtounes. Dans les deux cas, cela donne aux peuples évoqués les moyens de s’opposer physiquement au centre quand le besoin s’en fait sentir, et une grande familiarité à l’emploi des armes. De fait, l’Iran n’a réussi à contrôler ses Baloutches qu’à partir des années 1930. D’abord indirectement, en utilisant les chefs tribaux, ou « Sardars ». Puis plus directement, par la force, par une politique visant à liquider les chefs traditionnels. Et si la Révolution khomeyniste a suscité des espoirs chez les nationalistes baloutches, ils ont vite été dissipés. Au début de ladite révolution, ce sont les Gardiens de la Révolution qui ont pris en main le territoire. Téhéran s’est alors imposé particulièrement durement [3]. Malgré la chute du Chah, c’est donc la continuité qui l’a emporté : la population baloutche en périphérie se ressent, de par sa situation, comme un groupe de citoyens de seconde zone, vivant dans un environnement économique trop peu développé.

Nationaliste et djihadiste anti-chiite

Ce dangereux cocktail de tensions historiques, de manque d’influence politique, et de misère économique, est bien sûr le terrain rêvé pour un groupe violent. Cela a expliqué la naissance du PKK chez les Kurdes turcs. Et le groupe Jundallah en tant que tel a émergé à cause de cette situation locale. Mais il serait simpliste d’en rester là : le Jundallah ne se définit pas uniquement comme nationaliste. Le groupe s’est formé à partir d’une idéologie djihadiste anti-chiite proche de celle d’Al Qaïda et des Taliban. De fait, les combattants du Jundallah sont les héritiers de deux décennies d’influence extrémiste venant du voisinage de l’Iran : on pense notamment aux écoles religieuses basées au Pakistan, qui ont été financées par des activistes de la péninsule arabique, mais aussi par Saddam Hussein. Pendant la guerre Iran-Irak, en effet, l’excitation des tensions à l’intérieur de l’Iran semblait de bonne guerre [4]. Il y a eu également une influence des Taliban sur les Baloutches, surtout en territoire pakistanais. Une telle situation a eu une influence sur le nationalisme baloutche en terre iranienne. Se battant en terre chiite, certains Baloutches iraniens trouvaient dans l’extrémisme sunnite une idéologie qui pouvait être attrayante. Et surtout, une idéologie qui leur donnait des alliés naturels, parmi les groupes actifs en Afghanistan et au Pakistan. Ces liens sont très clairs dès la création du mouvement, en 2003 : « les Soldats d’Allah » auraient été créés sur un territoire contrôlé par le Taliban pakistanais le plus important du moment, Nek Mohammed Nazir (mort en 2004). Le jeune fondateur et leader du Jundallah, Abdel Malik Rigi, a d’ailleurs été formé à la mosquée Binori. C’est dans cette même mosquée que nombre de Taliban et de djihdistes pakistanais ont été endoctrinés [5]. Si on ne peut pas associer directement Al Qaïda et le Jundallah avec les sources accessibles, on sait malgré tout que le groupe a des liens avec les Taliban pakistanais combattant Islamabad. Ils ont également des relations avec le Lashkar-e-Jhangvi, un mouvement terroriste anti-chiite frappant au Pakistan [6]. Les liens avec les Taliban afghans semblent clairs également : la naissance du mouvement se fait post-2001, une fois que les combattants baloutches du mollah Omar sont revenus au pays après la chute du régime tenu par les Taliban. Ces liens avec les forces les plus extrémistes d’Asie du Sud expliquent leurs tactiques de terreur, au sens propre. Il s’agit ainsi du premier groupe ayant usé de la décapitation contre des représentants des forces de l’ordre iranien, pour mieux marquer les esprits. A partir de 2008, ils ont introduit l’utilisation de l’attentat suicide en territoire iranien. En mai 2009, le Jundallah s’est directement impliqué dans une logique de guerre sectaire : un attentat a frappé une importante mosquée chiite de Zahedan, la capitale du Sistan-O-Baloutchistan, pendant la prière du soir. 19 personnes sont mortes, et 60 ont été blessées [7]. Certes, par la suite, le leader du groupe, Rigi, a été capturé. Mais si le groupe a été décapité, il n’a pas disparu, loin de là. En fait, en décembre 2010, on a encore eu la preuve de la force de frappe sanglante du groupe, même sans Rigi à sa tête. Deux attentats suicide ont visé une procession religieuse chiite dans le port de Chabahar, et ont fait au moins 40 morts [8]. De fait, le groupe bénéficie encore d’une situation locale et régionale assez « favorable » pour continuer à exister.

Quelles influences extérieures ?

Cette analyse ne serait pas complète sans réfléchir aux possibles influences extérieures face au phénomène Jundallah. Certes, très clairement, le groupe terroriste est d’abord né de tensions locales et régionales. On ne peut pas considérer le groupe comme une créature inventée par des forces hostiles à Téhéran. Malgré tout, on connaît les tensions, parfois sanglantes, entre l’Iran d’une part, et les Etats-Unis, Israël, ou d’autres acteurs. On ne peut pas nier que l’idée d’une utilisation par des forces extérieures des ennemis intérieurs de l’Iran puisse être considéré « de bonne guerre ». Nous allons donc passer en revue les différents « suspects », et mettre en avant ce que la littérature ouverte nous dit de leur implication.

A la question : « Les Occidentaux soutiennent-ils le Jundallah ? », on peut répondre « Probablement non ». Ici, quand on parle d’Occidentaux, on pense en fait, en premier lieu, aux Américains. Il est très probable que ces derniers mènent des actions clandestines en Iran. Des ordres exécutifs, signés fin 2004 et en 2005 par le président G. W. Bush, ont donné au Pentagone la possibilité de mener des actions clandestines sans passer par la CIA. Et donc sans possibilité de contrôle de la part du Congrès. Les opérations secrètes menées par des services américains sont généreusement dotées à cette période, et on sait qu’elles ont eu lieu [9]. De même, selon certains analystes, il y aurait eu prise de contact avec le Jundallah, mais uniquement dans le cadre d’une collecte de renseignements. Selon Robert Baer par exemple, cela n’est pas allé plus loin, le groupe se montrant vite incontrôlable, et surtout, dangereusement proche d’Al Qaïda [10]. A partir de là les informations ouvertes nous amènent à penser que Washington a fait en sorte d’éviter à tout prix tout contact avec les djihadistes baloutches. Quoi qu’on pense des Américains, ils sont, tous comme les Iraniens d’ailleurs, des acteurs relativement rationnels sur ce dossier : soutenir le terrorisme en Iran amènerait le régime à revenir à ses vieux démons, et à soutenir le tourisme transnational contre les Etats-Unis et ses alliés. Mais tout le monde n’est pas aussi prudent : il semblerait que les Israéliens aient utilisé le Jundallah dans leur lutte contre le régime iranien [11]. Des « memos » de la CIA tendent à prouver que des membres du Mossad, les services secrets israéliens, se sont fait passer pour des agents de la CIA. Ils ont utilisé cette couverture pour recruter des membres du Jundallah. Plusieurs officiels liés aux services de renseignements américains, encore actifs ou à la retraite, ont confirmé les informations livrées par ces documents. On a déjà vu les services israéliens travailler avec une autre force considérée comme terroriste, le MEK, ou « Moudjahidine du Peuple ». Ces derniers auraient travaillé ensemble, notamment pour assassiner les scientifiques nucléaires iraniens [12]. Les informations de la CIA dévoilées par le journal Foreign Policy, n’ont donc, en soi, rien d’étonnant. Israël joue une partition à court terme, pour obtenir des gains rapides dans sa lutte indirecte contre Téhéran. Le problème de cette approche est qu’elle finance un groupe djihadiste potentiellement dangereux au delà de l’Iran. Et cette façon de procéder ne peut qu’avoir des répercussions régionales, et nourrir le complotisme et l’anti-américanisme autant en Iran qu’au Pakistan, et dans les pays alentours. Car même si les Américains sont responsables, des questions restent sans réponse, comme : pourquoi les Américains n’ont-ils pas stoppés leurs alliés israéliens ? Il s’agissait d’abord d’inertie politique. Mais pour les Pakistanais, les Iraniens, les Moyen-Orientaux, hélas, cela ressemble à une division des tâches entre Occidentaux, qui a un impact diplomatique désastreux.

L’influence extrémiste sunnite venant notamment de la péninsule arabique

On sait également que le groupe extrémiste est proche des Taliban, notamment de la variation pakistanaise de cette mouvance. Indirectement, l’influence extrémiste sunnite venant notamment de la péninsule arabique est donc également responsable : ici on ne fait que retrouver une énième conséquence de la « guerre froide » opposant Arabie Saoudite et Iran. Et malgré les fantasmes que ce pays suscite, si le Pakistan est indirectement impliqué aujourd’hui, c’est d’abord en tant que base de repli, et de victime des tensions entre chiites et sunnites. Il serait difficile pour Islamabad de soutenir un groupe qui s’oppose avec fermeté au pipeline Iran-Pakistan-Inde (IPI), essentiel pour la sécurité énergétique du pays [13]. Et depuis le second semestre 2011 au moins, nombreux sont ceux à Islamabad qui applaudissent au début de rapprochement entre Iran et Pakistan. Dans un tel contexte la coopération anti-terroriste existe bien entre les deux pays. Et on peut dire que Rigi a été capturé en partie grâce aux services pakistanais [14]. Mais il n’est pas impossible que pendant ses premières années, les services pakistanais aient laissé le Jundallah se développer sans objection de leur part. Après tout, l’Iran a de très bonnes relations avec l’Inde, et un tel groupe peut toujours servir comme moyen de pression. Mais quel que soit le niveau de tolérance pakistanais, voire de connivence de la part de certains individus, dans un passé proche, il faut éviter le fantasme d’un ISI tout puissant ici. Mais même en excluant Islamabad, un à deux alliés des Américains peuvent donc être considérés comme jouant, au moins indirectement, un jeu dangereux avec le Jundallah et d’autres forces utilisant le terrorisme comme moyen d’action. Une telle attitude ne fait que renforcer les faucons iraniens, mais aussi des esprits plus modérés. Pour un pays déjà frappé par des sanctions non négligeables depuis plus de deux décennies, cela ne peut être que la preuve d’une opposition radicale à l’Iran en tant que puissance moyenne. Cette politique qui ne fait que nourrir les extrêmes est bien entendu, potentiellement dangereuse pour les intérêts des Américains et de leurs alliés européens, au Proche-Orient et en Afghanistan.

Le Jundallah est d’abord le produit de tensions intérieures et régionales

En bref, à bien des égards, le Jundallah semble être le produit de tensions d’abord intérieures et régionales. Pour l’Iran aussi, tant que l’Afghanistan ne sera pas stabilisé, le terrorisme ne sera pas éradiqué sur son territoire à l’est. Et tant que le problème terroriste au Pakistan continuera à frapper ce pays, il soutiendra l’extrémisme sunnite en territoire chiite. En cela, en fait, on voit que l’Iran et les Etats-Unis ont, à bien des égards, des objectifs communs en AfPak, allant dans le sens d’une stabilisation de la région. La guerre iranienne contre le terrorisme peut offrir des points d’entente entre Téhéran et l’Occident. Un tel sujet devrait être plus au cœur des discussions avec la République islamique aujourd’hui. Toute possibilité de dialogue est impossible tant que tout est considéré comme secondaire hors le dossier nucléaire. Une victoire du djihadisme anti-chiite et anti-occidental en AfPak est sans doute un danger sécuritaire autrement plus réel qu’une arme nucléaire non encore obtenue, qui sera sans doute bien rudimentaire, et bien limité face à l’arsenal russe ou américain. Si on est sérieux dans la lutte contre les réseaux terroristes, on devrait savoir se concentrer sur les véritables menaces, et non en rester à une logique de Guerre froide en relations internationales.

Copyright Mars 2012-Chaudet/Diploweb.com

[1] Qui fut Chah d’Iran jusqu’en 1941.

[2] Cette province a spécifiquement été créée pour contrôler les Baloutches. Le Sistan se trouve au nord du Baloutchistan et sa population est persane et chiite. C’est de cette partie de la province qui nourrit l’administration pour l’ensemble du territoire. Voir Stéphane Dudoignon, Voyage au pays des Baloutches (Iran, début du XXIème siècle), Paris : éditions Cartouche, 2009, p.86.

[3] Adun Koolstadt Wiig, « Islamist Opposition in the Islamic Republic : Jundullah and the spread of extremist Deobandism in Iran », FFI Report, juillet 2009, p.11.

[4] Idem, p.19.

[5] Pepe Escobar, « Jundallah versus the mullahtariat », Asia Times, 21 octobre 2009, atimes.com

[6] Amir Rana, « Enemy of the State : Lashkar-e-Jhangvi and Militancy in Pakistan », Jane’s Information Group, 5 aout 2009, janes.com

[7] BBC News, « Iran : Many die in Zahedan mosque bombing », 28 mai 2009, news.bbc.co.uk.

[8] Al Arabiya, « Undallah remains a danger and a thorn in Iran’s side », 19 janvier 2011, alarabiya.net.

[9] Seymour Hersh, « Preparing the Battlefield », The New Yorker, 7 juillet 2008, newyorker.com.

[10] Robert Baer, « Iran’s Biggest Worry : Growing Ethnic Conflict », Time, 21 octobre 2009, time.com.

[11] Les informations ici viennent d’un article qui a particulièrement fait du bruit il y a deux mois à Washington : Mark Perry, « False Flag », Foreign Policy, 13 janvier 2012, foreignpolicy.com

[12] Muhammad Sahimi et Richard Silverstein, « Israel Iran attack ? What goes around comes around », The Christian Science Monitor, 21 février 2012, csmonitor.com.

[13] Pepe Escobar, op.cit.

[14] Conclusions sur le sujet d’entretiens menés entre Islamabad et Karachi en novembre et décembre 2011.