Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

19/05/2012

Le G8 débute sur une approche qui sent le soufre. Le refus de Poutine d'y assister laisse un goût amer. Medvedev n'est pas en reste: "la déstabilisation qui touche la souveraineté de la Russie débouchera sur une guerre nucléaire régionale". Ambiance...

Avertissement “nucléaire” de la Russie au G8

18/05/2012

18 mai 2012 – Il y a eu une intervention remarquable de l’ex président, et nouveau Premier ministre de la Russie, Dmitri Medvedev, lors du second International Legal Forum de Saint-Pétersbourg, hier 17 mai. Le secrétaire US à la justice assistait, comme invité d’honneur, à ce Forum, et cette présence n’était certainement pas indifférente. Les deux faits indiquent que l’avertissement solennel de Medvedev se place dans le cadre des lois et principes régissant les relations internationales (International Legal Forum) et s’adresse notamment et principalement aux USA (présence du ministre).

…Car il s’agit bien d’un “avertissement”, et si nous le qualifions de “nucléaire“ c’est en raison du thème traité lui-même, comme en raison de la force sans précédent de cet avertissement. Reuters, notamment, fait le rapport de cette intervention, le 17 mai 2012, qui doit être notamment considérée, du point de vue russe, comme un prélude au sommet du G8 de Camp David (aujourd'hui et demain), – par conséquent, “avertissement” pour le G8 également.

«Russian Prime Minister Dmitry Medvedev warned on Thursday that military action against sovereign states could lead to a regional nuclear war, starkly voicing Moscow's opposition to Western intervention ahead of a G8 summit at which Syria and Iran will be discussed.

»“Hasty military operations in foreign states usually bring radicals to power,” Medvedev […] told a conference in St. Petersburg… […] “At some point such actions which undermine state sovereignty may lead to a full-scale regional war, even, although I do not want to frighten anyone, with the use of nuclear weapons,” Medvedev said. “Everyone should bear this in mind.”

»Medvedev gave no further explanation. Nuclear-armed Russia has said publicly that it is under no obligation to protect Syria if it is attacked, and analysts and diplomats say Russia would not get involved in military action if Iran were attacked. […] Putin said previously that threats will only encourage Iran to develop nuclear weapons. Analysts have said that Medvedev also meant that regional nuclear powers such as Israel, Pakistan and India could get involved into a conflict.»

Cette intervention de Medvedev est complétée, dans le rapport de Reuters, par des déclarations d’Arkady Dvorkovich, qui est le contact de la direction russe avec le G8 ; et lorsque nous disons “complétée”, il s’agit bien d’un complément exprimant la traduction opérationnelle, pour le G8, des propos de Medvedev. Dvorkovich insiste sur la volonté des Russes de peser sur l’orientation du G8 par rapport aux crises syrienne et iranienne. Le but des Russes est d’obtenir, comme en 2011, que le communiqué ne donne pas une position type-bloc BAO, notamment sur l’affaire syrienne. Il est loin d’être acquis qu’ils y réussiront, comme il est loin d’être assuré qu’il n’y aura pas des incidents visibles à ce propos (la possibilité que les Russes refusent de signer le communiqué, ou refusent d’endosser telle ou telle partie du communiqué).

«Russia's G8 liaison Arkady Dvorkovich said Russia will try to influence the final version of the G8 statement at a summit in Camp David this weekend to avoid a “one-sided” approach that would favor the Syrian opposition. “In the G8 final statement we would like to avoid the recommendations similar to those which were forced upon during the preparations of the U.N. Security Council resolutions,“ Dvorkovich said. “A one-sided signal is not acceptable for us.” […] “We believe that the United Nations is the main venue to discussing such issues,” Dvorkovich said.»

Une autre partie du rapport de Reuters est intéressante, qui examine la position respective de Medvedev et de Poutine par rapport à ces divers problèmes. Y sont rappelés et appréciés les rapports des deux hommes l’année dernière, lors de l’affaire libyenne.

«As president, Medvedev instructed Russia to abstain in a U.N. Security Council vote on a resolution that authorized NATO intervention in Libya, a decision Putin implicitly criticized when he likened the resolution to “medieval calls for crusades”. Medvedev rebuked Putin for the remark, and some Kremlin insiders have said the confrontation over Libya was a factor in Putin's decision to return to the presidency this year instead of letting his junior partner seek a second term.

»Russia has since accused NATO of overstepping its mandate under the resolution to help rebels oust long-time leader Muammar Gaddafi, and has warned it will not let anything similar happen in Syria. Since Putin announced plans last September to seek a third presidential term and make Medvedev prime minister, Russia has vetoed two Security Council resolutions condemning Assad's government, one of which would have called on him to cede power.»

Il est vrai qu’il y a eu un accrochage sévère entre Poutine et Medvedev, en mars 2011, après l’intervention en Libye de l’OTAN, suivant le vote de l’ONU au cours duquel la Russie s’était abstenue. Cet affrontement entre les deux dirigeants, plus qu’un affrontement fondamental de personnes, marquait surtout le désarroi et l’incertitude de la politique extérieure de la Russie au terme d’une incurvation majeure qui avait accompagné l’arrivée de Barack Obama et l’espoir que la politique US, et du bloc BAO en général, se modifierait d’une façon acceptable et permettrait une certaine intégration de la Russie. La crise libyenne a montré l’erreur de cette analyse, qui était commune à l’origine à Medvedev et à Poutine ; elle constitua le facteur déclenchant d’une révision déchirante à cet égard, et l’affrontement entre Medvedev et Poutine, qui portait surtout sur un le décalage d’une même réalisation de l’erreur, en fut le signe public le plus évident.

Le rétablissement de la politique extérieure russe dans sa ligne habituelle, mais dramatiquement renforcée, avec la confirmation que la politique du bloc BAO s’avérait finalement de plus en plus déstabilisante et déstructurante, était effective en août 2011. L’intervention de Medvedev à Saint-Petesbourg montre que l’ancien président devenu Premier ministre est lui-même désormais complètement intégré dans cette ligne et que la politique russe est désormais extrêmement cohérente et intégrée dans sa ligne propre, qui se marque par une hostilité de principe, résolue et intangible, sinon offensive, à la politique générale de déstabilisation et de déstructuration en cours, qui se trouve être celle du bloc BAO

Le paradoxe est qu’au même moment où apparaissent ces signes confirmant l’unification et le renforcement de la politique russe, un message venu de Washington montre que le président US, lui, espère plus que jamais retrouver un niveau acceptable de coopération avec la Russie, et plus précisément avec son nouveau président. Il s’agit d’une déclaration très explicite, très appuyée, du porte-parole de la Maison-Blanche Jay Carney, faite hier et répercutée ce 18 mai 2012 par Novosti. On remarque la formulation de cette déclaration, et l’“impatience” du président Obama à l’idée de tout de même rencontrer Poutine, non pas à l’occasion de ce G8, mais à l’occasion du G20 de Mexico :

«“Le président Poutine est actuellement occupé à former le gouvernement. Il envoie au sommet du G8 son premier ministre Dmitri Medvedev. Mais le président Obama rencontrera le président Poutine très prochainement, ils en ont convenu par téléphone. Le président Obama attend avec impatience de rencontrer le président Poutine d'ici un mois, au Mexique”, a indiqué le porte-parole lors d'un point de presse à Washington. […] “Notre approche reste inchangée : nous coopérons avec la Russie, travaillons avec le gouvernement russe sur les problèmes d'intérêt réciproque et déclarons ouvertement notre désaccord sur tel ou tel problème. Nous œuvrons à la résolution des litiges, dont, par exemple celui du bouclier antimissile, mais continuons parallèlement à coopérer dans d'autres domaines”…»

Le message d’Obama est particulièrement clair : malgré les désaccords, il juge essentiel de “poursuivre” la coopération avec la Russie, – ce qui revient à dire, en réalité, en tenant compte des évènements de ces derniers mois, qu’il juge essentiel de “relancer” cette coopération. L’état d’esprit ainsi manifesté est particulièrement ouvert, et particulièrement “demandeur”, si l’on tient compte du fait que le désistement de Poutine pour le G8 a réellement été une manifestation d’une réelle insatisfaction du président russe. L’affirmation d’Obama est impressionnante si on place ce message en parallèle avec l’intervention de Medvedev à Saint-Pétersbourg, qui peut difficilement être prise pour une manifestation d’approbation de la politique du bloc BAO, et des USA par conséquent, de la part de la Russie. Elle est encore plus impressionnante si l’on a à l’esprit qu’Obama est en campagne électorale et qu’il doit songer à ne pas prêter le flanc à des accusations républicaines de “mollesse” vis-à-vis des Russes. Elle marque par conséquent un état d’esprit très particulier, très spécifique de la part du président des USA.

Une cure de désintoxication est-elle possible ?

Il ne faut pas négliger le fait que Medvedev parlait à une réunion sur la “légalité internationale”, et à cette lumière apprécier son discours qui ne menace personne en particulier, ni ne désigne une culpabilité précise, mais avertit d’une conséquence possible des conflits en cours ou en préparation. Bien entendu, on comprend qu’à partir de là la responsabilité de certains est mise en cause, celles des pays particulièrement activistes dans ces conflits, pour les alimenter et les aggraver, – celle des pays du bloc BAO par conséquent, et leurs alliés arabes déchaînés dans leur irresponsabilité paniquées (Arabie et Qatar, pour faire vite). Mais la mise en cause n’est pas véritablement directe, et elle porte moins sur les buts et sur les intentions que sur la méthode et les effets, ceci et cela souvent involontaires, comme s’il y avait l’affirmation implicite qu’il s’agit d’une politique qui vit de sa propre vie, qui dépasse ceux qui la suscitent, lesquels en sont plus les prisonniers que les bénéficiaires.

Cette approche est d’ailleurs celle de Poutine. Même lorsqu’il met en cause la politique US (du bloc BAO), Poutine l’accuse moins d’être hégémonique et offensive, donc parfaitement contrôlée et porteuse d’une intention prédatrice, que d’être erratique, incontrôlable et dispensatrice de désordre, et pire encore… (voir le 5 mars 2012 : «The Russian PM pointed out that US foreign policy, including that in the Middle East, was expensive, inefficient and largely unpredictable. Putin also added that, among other things, it may eventually disserve Israel. “They changed regimes in North Africa. What will they do next? In the end, Israel may find itself between the devil and the deep blue sea” he said.») De ce point de vue absolument fondamental de l’identification de la politique, les deux hommes, Poutine et Medvedev, sont complètement d’accord, et d’ailleurs ils expriment un sentiment absolument unanime de la direction russe. La Russie a aujourd’hui une conscience aigue de ce que nous nommons également l’“eschatologisation” de la politique extérieure et des relations internationales, cette “eschatologisation” qui fut d’ailleurs l’une des réalisations centrales faites par les Russes à l’occasion du conflit libyen, et qui provoqua la crise à l’intérieur de leur direction évoquée plus haut. Lorsque l’on sait, au reste, la façon dont est élaborée (ou plutôt “non-élaborée”) une politique aussi folle et dangereuse que la politique iranienne du bloc BAO (de l’Europe), on comprend combien la direction russe est dans le vrai avec un tel jugement.

En d’autres termes, lorsque Medvedev dit qu’on se trouve dans une situation extrêmement dangereuse, qui peut aboutir à un conflit nucléaire à partir d’une crise ou d’un conflit régional, il fait moins le procès de ceux qui sont impliqués, même s’il le fait accessoirement et évidemment à partir de ce qu’on sait des actes et des situations des uns et des autres, qu’il ne met en évidence une dynamique extérieure à tous les acteurs, et supérieure à eux, qui pourrait conduire à de telles catastrophes. Enfin, il met aisément en évidence la marque même de cette dynamique (plutôt qu’une “politique”, certes) de déstructuration et de dissolution pouvant conduire à une catastrophe, qui est purement et simplement l’ignorance du Principe en général, dans ce cas le principe de la souveraineté nationale, qui est la structure essentielle dans ces mêmes relations internationales, comme “le principe d’un Principe” est le fondement de tout ordre général. L’attaque de déstructuration et de dissolution passe par l’attaque contre le Principe, c’est-à-dire la violation de la souveraineté nationale, et le résultat pourrait être un affrontement nucléaire compte tenu des enjeux, de la disparité et de l’irresponsabilité des acteurs réagissant à cette déstabilisation dont ils sont les jouets inconscients alors qu’ils croient en être les instigateurs. Si le Premier ministre ne décrit pas, là aussi accessoirement et évidemment, une démence en fait de politique, et plus précisément un épisode hypomaniaque poussé à son extrême, cela y ressemble tant on se croirait analogiquement dans le cours d’un exposé psychiatrique. Que Medvedev tienne un tel discours est particulièrement impressionnant, selon ce qu’il nous dit, selon ce qu’il fait apparaître chez lui de la force de son ralliement à la ligne centrale de la politique russe, et selon la force de cohésion et d’inspiration de cette ligne centrale qui transparaît ainsi.

Que, là-dessus, comme une coïncidence chronologique dont on a du mal à croire qu’elle en soit une fondamentalement du point de vue métahistorique, vienne le message d’Obama par l’intermédiaire de son porte-parole, cela constitue une circonstance qui dramatise encore le discours de Medvedev et nous en dit long sur la position du président US, à cet instant de son destin et quelles que soient toutes les réserves qu’on peut émettre à son encontre. Il faut considérer qu’Obama intervient dans le sens que l’on voit après avoir essuyé ce que tout le monde a considéré finalement comme une rebuffade sévère de la part de Poutine, et qui le fut effectivement… Mais n’était-ce pas, tout aussi effectivement, une rebuffade adressée à une politique dont Obama serait plus le prisonnier que l’instigateur et le machinateur ? Dans ce cas, l’intervention d’Obama, renouvelant son “impatience” de voir Poutine, pourrait aussi bien s’interpréter comme une sorte d’appel à l’aide du président à son collègue russe, et un appel à l’aide qui serait d’autant plus urgent qu’il en arrive à faire oublier au président US les prudences tactiques que nécessite une campagne électorale… Cela signifie-t-il qu’Obama se trouve de plus en plus “encerclé”, contraint, pressé, par les différentes forces qui s’exercent en faveur, par exemple, d’une attaque de l’Iran ? (Et là aussi et encore, et avec d’autant plus de force, nous parlons plus d’une dynamique supérieure, dont la source est difficilement identifiable justement parce qu’elle dépasse le cadre humain, bien plus que de l’habituelle et sempiternelle maximalisme diversifié continuellement en action, notamment israélien avec ses diverses courroies de transmission, qui se trouve lui aussi emporté par son aveuglement, son étroitesse d’esprit et sa psychologie emprisonné dans l’hystérie.)

Le discours de Medvedev situe bien la hauteur catastrophique des enjeux. La catastrophe nucléaire est effectivement, dans tous les cas dans la théorie de cette trajectoire de chute, comme une sorte d’aboutissement tragiquement logique d’une telle transmutation de la politique internationale en une dynamique incontrôlable et incompréhensible. Les pays du bloc BAO, vertueux et principaux représentants d’une contre-civilisation aux abois dans sa logique de surpuissance devenue autodestruction ultime, sont évidemment les premiers concernés. Ils sont addicted, comme l’on dit d’un drogué, à une dynamique de la destruction, – désormais bien plus “de la destruction” que “du désordre” ou “du chaos”, parce qu’au bout du désordre et du chaos se trouve la destruction catastrophique, – selon le message de Medvedev. Il reste bien peu de temps pour une cure de désintoxication, si seulement il en est question.

17/05/2012

Les Grecs vont revoter le 17 juin prochain. S'ils maintiennent par leur votes, au dessus du pavé, le leader de la gauche radicale, une résurrection de la "Dictature des Colonels" menacera à nouveau le Sud du continent par les actions secrètes de "Gladio".

La Grèce et l’hypothèse (l’hypothèque) Gladio

17/05/2012

Faut-il “sauver” la Grèce ? En d’autres mots, l’empêcher de prouver qu’il y a une vie hors du Système, – en d’autres mots, et du point de vue du Système, “se sauver” soi-même, le Système, de la possibilité d’une démonstration mortelle pour lui-même ? Question posée, qui suggère des hypothèses, dont l’une des moindres n’est pas celle de Gladio ; c’est à ce point que, d’hypothèse on en ferait une hypothèque… C’est ce que fait Richard Cottrell, spécialiste de la problématique Gladio puisqu’il publie présentement un livre sur cette affaire (Gladio) aux ramifications infinies portant sur plus de deux tiers de siècle d’histoire secrète de l’évolution de ce que nous nommons aujourd’hui “le bloc BAO” (bloc américaniste-occidentaliste).

Le 16 mai 2012, sur EndtheLie.com, Cottrell développe l’hypothèse Gladio/“colonels de 1967” remise à la sauce 2012. Pour lui, le thème central de son hypothèse est bien celui-ci : comment empêcher l’arrivée au pouvoir d’un Tsipras (“Gorba le Grec”), qui pourrait démontrer qu’un pouvoir peut s’opposer à la politique-Système de l’austérité, voire qui démontrerait d’une façon constructive et positive l’infamie de cette politique et mettrait en cause le Système lui-même ? (On observera qu’avec cette question, c’est le problème politique et, au-delà mais très vite, le problème métahistorique du Système que nous évoquons, et nullement un problème simplement économique, de type réductionniste qui permet d’échapper à la mise en cause du Système. Là est tout l’intérêt du cas grec, comme nous en faisions hier l’argument.)

Après avoir longuement rappelé le précédent des “colonels” de 1967, qui est sans la moindre discussion possible un épisode de la guerre secrète de Gladio dans sa version dégénérée (subversive), Cottrell en vient à la situation présente…

«Yet it seems the wheel of history has turned full circle. Young Mr. Alexis Tsipras, whose radical left Syriza coalition is odds on to win the repeat general election next month, assuming that it actually happens, was born in 1975, just a year after the junta collapsed. So we can be sure that the events of those years are etched in his mind. It means that he must anticipate the risks that he is now facing.

»The stakes are high. Will the globalists really allow Greeks, flying in the face of all historical experience, a free ride to vote in a government that promises to tear up the hated austerity pact with the EU, the IMF and the European Central Bank?

»The problem is that the junta-installed Greek quisling, Lukas Papademos, is a victim of his own over-heated hyperbole. Likewise the troika spokesman, that pompous and ridiculous Luxembourg mini-state premier Jean-Claude Junker who has uttered remarks such as,

“The Greek public, the Greek citizens, have to know that we agreed on a program and this program has to be implemented.”

 

»The final solution then?»

Cottrell développe alors son hypothèse, envisageant ce qui pourrait être un “coup” type-Gladio (c’est-à-dire selon la “philosophie” Gladio, beaucoup plus que selon des plans avérés et établis). Cela implique une mise en condition, un montage sous forme d’une offensive de communication contre le “spectre de l’extrême-gauche” représentée comme quasi-bolchévique (Tsipras), aboutissant à des mesures de type état d’urgence…

«I suspect that the cabal around the cornered (President) Papademos is thinking along the following lines.

»1) Install a caretaker government ostensibly to prepare for the election, headed up by some seemingly innocent figure such as another faceless technocrat. 2) Allow a certain haziness to surround the election date. 3) Fomenting a mood of increasing national crisis, winding up the decibels that the irresponsible Tsipras and his friends are playing dice with the future of the sacred homeland. 4) Finally, declare a state of national emergency – capital flight, synthetic strife in the streets, bomb attacks on prominent government targets and so forth – which serve to dye Syriza as a pro-terrorist stalking horse. 5) Postpone the scheduled election until a ‘state of calm’ sets in. 6) To make sure, station the Greek army in the streets…»

Nous avons déjà très récemment cité Cottrell et ses développements concernant son sujet favori (Gladio), mais à un autre propos (voir le 10 mai 2012). Nous n’avons jamais caché le très grand intérêt que nous portons à Gladio, qui n’est pas une hypothèse “complotistes” mais un fait avéré et fondamental de l’histoire secrète du bloc BAO depuis 1945. Nous en avons souvent parlé, en disant notre intérêt pour la chose (voir à nouveau le 27 décembre 2005). Nous avons souscrit à cette occasion à l’hypothèse du Dr. Daniele Ganser, selon laquelle Gladio n’avait été nullement désactivé après sa mise à jour publique, en 1989, qui avait entraîné un scandale majeur à partir de l’Italie, de la Belgique, etc. Nous avons notamment évoqué in illo tempore l’hypothèse que l’assassinat de leader populiste hollandais Pym Fortuyn, en mai 2002, pouvait être lié à une action de type Gladio, et justifié par le fait que Fortuyn allait voter avec son groupe, au Parlement, contre l’achat du JSF par la Hollande ; que Fortuyn avait rencontré l’ambassadeur US la veille de sa mort pour lui signifier cette opposition ; qu’il fut remplacé à la tête de son parti, après son assassinat, par un “‘sous-marin” des services de sécurité de l’armée hollandaise infiltré dans le parti de Fortuyn, qui disparut dans la nature après avoir fait voter le parti de Fortuyn en faveur de l’achat du JSF (voir le 30 juin 2002 et, d’une façon plus générale, sur l’action de type-Gladio dans des affaires du type achat d’armement, le 18 novembre 2009). Il faut noter que, dans son livre Gladio, NATO’s Dagger at the Heart of Europe: The Pentagon-Nazi-Mafia Terror Axis, Cottrell développe lui-même cette thèse sur l’élimination de Fortuyn comme résultant d’une action de type Gladio.

Pour ce qui concerne la Grèce, nous avons nous-mêmes évoqué l’hypothèse d’une intervention de l’armée, ou une nouvelle action type “colonels-1967”/Gladio, il y a trois jours, le 14 mai 2012, à propos d’une interview du vice-Premier ministre grec…

«On ajoutera un appendice avant de risquer quelques réflexions, en revenant sur un mot, dans une phrase, – une curieuse parole du Vice-Premier ministre, Mr. Theodoros Pangalos (voir plus haut, l’interview au Telegraph) ; comparant Tsipras, le “Gorba grec” (de Gorbatchev), à Chavez, et précisant que c’est très joli de vouloir être un Chavez grec, “[e]xcept that Chavez has oil, andan army”. La remarque implique que, contrairement à Chavez, Tsipras devenu Premier ministre n’aurait ni l’un ni l’autre, n’est-ce pas ? Pour le pétrole, on comprend, mais pour l’armée ? Que veut dire Mr. Theodoros Pangalos ?

»D’abord, veut-il dire quelque chose et n’a-t-il dit cela que par hasard ? Curieux hasard, d’autant que l’association d’idée n’est pas évidente : lorsqu’on parle de Chavez, les idées d’activisme politique, de radicalisme, de populisme, de pétrole certes, viennent à l’esprit ; mais l’idée de son armée, beaucoup moins, parce que l’armée vénézuélienne, si elle existe, et si Chavez en est issu, n’a pas joué un grand rôle dans l’aventure Chavez ni figuré dans la controverse qui l’entoure. (Sauf, pour certaines unités, dans la tentative de coup d’État de 2002 contre Chavez, ce qui ouvre d’autres horizons.)

»Si, par contre, il veut dire quelque chose, Mr. Theodoros Pangalos, veut-il dire que l’armée grecque aurait un rôle particulier (on en avait déjà parlé, il y a un an, quelques rumeurs…), et qu’elle ne soutiendrait pas le “Chavez grec” (Tsipras) s’il vient au pouvoir ? Qu’elle aurait, au contraire, une mission du type “colonels grecs” de 1967, veillant à empêcher un pouvoir un peu trop radical de type “Gorba le grec” (Tsipras) de s’installer ? Hypothèse, hypothèse, et peut-être l’idée en est-elle venue à certains…»

…Bien entendu, on placera le texte du 15 mai 2012 sur les Pieds Nickelés-Bilderberg s’affolant des perspectives de la crise grecque dans le cadre de ces diverses spéculations. D’une façon générale, l’on observera que “ces diverses spéculations” ne font nullement partie de la tendance en général désignée comme “complotisme”, mais plutôt d’un travail spéculatif à propos de ce que nous nommons, en référence à Gladio, la “guerre secrète”. La distinction est absolument capitale et nous nous promettons d’y revenir très rapidement, parce que le sujet est d’un particulier intérêt, tant du point de vue opérationnel de la compréhension des évènements que du point de vue théorique des comportements de la psychologie et des inclinations du jugement. Le “complotisme” tel qu’on l’entend aujourd’hui s’exprime en général dans le penchant de tout expliquer des évènements dont certains sont difficilement compréhensibles par des facteurs politiques identifiés, par des “complots”, et essentiellement, cela, à propos d’évènements qui se sont déjà déroulés ou qui sont déjà déclenchés ; c’est un réflexe passéiste de rationalisation abusive. Le “travail spéculatif” sur la “guerre secrète”, pour garder les termes utilisés ici, consiste à spéculer sur des évènements à venir, essentiellement à la lumière d’évènements passés qui sont le plus souvent avérés et qui sont plutôt de l’“action secrète“ que des “complots” proprement dit. (Le cas de Gladio est ici évident.) Ce deuxième point a un intérêt tactique évident dans la résistance au Système, un aspect éventuellement dissuasif ou préventif par la communication, qui n’a rien à voir avec le divination et tout avec l’action de la communication et l’effet sur les psychologies.

 

Mis en ligne le 17 mai 2012 à 09H14

USAF. "Le F-22, l'avion le plus puissant du monde, capable de projeter la puissance US très loin de sa base, est assigné à résidence dans un espace proche de sa base, pour permettre aux pilotes de se poser rapidement et de respirer un bon coup."

Le F-22 assigné à résidence volante

16/05/2012

Le F-22 et son oxygène ne cessent pas de nous tracasser, et le secrétaire à la défense lui-même s’en avise. Panetta vient d’ordonner une série de mesures de restriction de vol et d’accès facilité aux systèmes annexes d’alimentation d’urgence en oxygène pour les pilotes. Le principal dans ces mesures est que le F-22, l’avion le plus puissant du monde, capable de “projeter” la puissance US très loin de sa base, est “assigné à résidence” dans un espace proche de sa base, pour permettre aux pilotes, en cas de nécessité, de se poser rapidement et de respirer un bon coup.

AOL.Defense a publié la nouvelle, sur son site, le 15 mai 2012 : «Unhappy with the Air Force's handling of the long-simmering problems with the oxygen system on the most expensive fighter plane in history, Defense Secretary Leon Panetta ordered restrictions on F-22 flights and told the Air Force to speed up its efforts to prevent Raptor pilots from experiencing life-threatening hypoxia in flight. It certainly looks as if the two fighter jocks who risked their careers by airing their concerns about the safety of the Air Force's prized F-22 super fighter on 60 Minutes got Panetta's attention.

»At a briefing here today, spokesman George Little said Panetta has ordered the Air Force to “accelerate” installation of a backup system that automatically supplies oxygen to a pilot if there is a problem with the primary system. The F-22 has a backup system but pilot's must turn it on. When they are suffering from hypoxia, pilots find it very difficult to think and act, meaning a manual backup system may not be of much use.

»The secretary also restricted Raptor flights to stay close to their airfields so pilots can land quickly should they experience problems with their oxygen system. Little and Navy Capt. John Kirby said Panetta did not set a specific limit on how far from their home field the Raptors could fly, leaving that decision to the judgment of the pilots. But they said the restriction will prevent F-22s from continuing to fly the national air defense missions from their base in Alaska. Other aircraft will have to assume those missions, they said.

»Panetta also told the Air Force to report to him regularly on progress in correcting the problem with the F-22's oxygen system, which has caused at least one fatal accident…»

Le texte de AOL.Defense introduit également une intervention de Winslow Wheeler, extrêmement critique. Wheeler, qui fait partie du conseil de direction d’AOL.Defense, est, de longue date, l'inspirateur et le porte-paroler principal du groupe des “réformateurs du Pentagone”. Selon lui, les mesures ordonnées par Panetta sont insuffisantes, d’autant, précise-t-il selon une appréciation qu’on a peu l’habitude d’entendre, que le problème du F-22 ne concernerait pas seulement l’alimentation en oxygène. Selon Wheeler, la seule solution, pour l’instant, est d’interdire de vol le F-22 jusqu’à ce que le problème ait été identifié, compris et résolu.

«A longtime critic of the F-22's costs and development problems, Winslow Wheeler, was not impressed with Panetta's actions. “The restrictions do not terminate the flights and continue to expose pilots to the possibility that the ‘hypoxia’ problem is not just oxygen deprivation; unknown toxins may be affecting them and ground crew. The ‘60 Minute’ interview of the pilots and other information subsequently made available make it clear it may not be just an oxygen problem. Until the actual nature of the problem is uncovered, the pilots and ground crew remain at risk. The rationale for a fleet wide grounding remains clear,” Wheeler, a member of the AOL Board of Contributors and a defense expert at the Project on Government Oversight (POGO), said in an email. “Also, what is to become of the F-22s deployed to the Persian Gulf? Those pilots would appear to also be at risk and the flight restrictions do not address their situation.”»

… Qu’est-ce qui pourrait mieux illustrer la puissance du système de la communication par rapport au pouvoir politique que cette aventure ? On sait depuis le début du mois (voir le 2 mai 2012) que des pilotes de l’USAF refusent de piloter le F-22 à cause de son problème d’oxygène, mais c’est le 6 mai, au cours de l’émission 60 Minutes de la CBS (voir le 8 mai 2012), que l’on a pu voir deux de ces pilotes répondre aux questions de la chaine de TV, dans cette émission d’audience nationale. Comme dit AOL.Defense, les deux hommes ont risqué leur carrière mais il semble qu’ils aient finalement gagné. Désormais, le secrétaire à la défense est devenu quasiment leur interlocuteur, comme il est devenu par le fait celui de tous les pilotes de F-22 inquiets du fonctionnement de la machine, de leurs familles, etc. De surcroît, et pour ajouter du poids à l’intervention de Panetta et à la durabilité de sa préoccupation à propos du F-22, il semblerait également que le président Obama, dont le service de communication avait été alerté après l’émission de la CBS, soit intervenu directement auprès du secrétaire à la défense pour qu’il prenne des mesures ; en période électorale, n’est-ce pas, l’argument est impératif.

Désormais, l’emploi, le déploiement, les missions même du F-22 vont devoir être décidés selon des critères où ce facteur de relations publiques affectant directement la position du secrétaire à la défense devra être pris en compte avec la plus extrême attention. C’est une extraordinaire interférence d’un domaine complètement trivial, du point de vue militaire, dans la stratégie la plus importante, dans laquelle le F-22 figure à la première place. (Effectivement, comme dit Wheeler, reste le cas des F-22 déployés dans le Golfe pour faire peur à l’Iran, et dont on se demande s’ils ne vont pas faire peur d’abord au commandement de l’USAF, plongé dans la hantise d’un incident… On imagine les capacités de combat de l’avion dans de telles conditions.)

On ne pouvait effectivement, et pareillement, faire une meilleure démonstration de la puissance du pouvoir du système de la communication, dans l’équation du pouvoir, et de sa supériorité désormais évidente sur le système du technologisme. En effet, dans ce cas, le système de la communication renvoie au F-22 en tant qu’artefact de mauvaise réputation et d’emploi hautement risqué pour la vie des pilotes, tandis que le système du technologisme renvoie au F-22 en tant qu’avion de combat. On voit où se trouve l’argument péremptoire.

 

Mis en ligne le 16 mai 2012 à 12H06

10:07 Publié dans Armement | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dedefensa.org