09/05/2012

Les Etats-Unis n'en ont pas fini avec le choix du candidat républicain. Mitt Romney pourrait bien être battu par Ron Paul à la Convention républicaine de Tampa en août. Ron Paul, c'est l'homme de la révolution, anti-système, qui fera imploser les USA.

La “Révolution Ron Paul” sort des catacombes, en mode turbo

09/05/2012

Devant l’évidence des résultats, il semble bien que Ron Paul dispose d'une puissante organisation, pour la convention républicaine de Tampa (désignation du candidat à la présidence), en août prochain. Il semble bien, par conséquent, que rien n’est dit ni acquis pour ce qui concerne cette convention et la désignation du candidat républicain aux élections présidentielles, et pour le programme du parti également.

Ce week-end, Ron Paul a, pour la première fois, officiellement emporté deux États à l’issue du processus de sélection des délégués, qui commence seulement à arriver à son terme dans le processus des primaires des États : le Maine et le Nevada. Selon deux chaînes de télévision d’origine et de tendances différentes, Ron Paul serait pour l’instant assuré de l’emporter dans respectivement huit et onze États (toujours en nombre de délégués).

• Selon le show politique de Rachel Maddox, le 8 mai 2012, Paul domine le processus de sélection des délégués dans six autres États, en plus du Maine et du Nevada. (Le show Rachel Maddox, de MSNBC, extrêmement influent, est un cas très spécifique qui illustre le caractère inhabituel de la situation. Maddox est située très largement à gauche, et à la gauche du parti démocrate. Elle est très hostile au parti républicain officiel et, depuis le début de la campagne, elle a soutenu de plus en plus Ron Paul, – pourtant classé à l’extrême droite libertarienne, – notamment contre le silence de la presse-Système concernant sa campagne.)

• Selon Russia Today–America, interviewant l’analyste Shelly Roche le 8 mai 2012, Ron Paul, qui l’a effectivement emporté dans le Maine et le Nevada, est pour l’instant en position pour l’emporter dans neuf autres États, toujours en nombre de délégués.

• Un quotidien à audience nationale, le Christian Science Monitor (CSM), notable pour n’avoir pas systématiquement ignoré Ron Paul ces derniers mois, a publié (le 7 mai 2012) un article reconnaissant l’importance des victoires de Ron Paul dans le Maine et dans le Nevada. Son commentaire, modéré et qui reste dans les limites du Système (quasi-impossibilité d’une désignation républicaine de Paul), met tout de même en évidence la vérité incontestable du phénomène politique.

«Ron Paul scored big victories at the Maine and Nevada Republican Party conventions on Sunday. In both states his forces won the majority of delegates to this summer's national GOP convention in Tampa, Fla. As we noted Sunday, this means Mr. Paul’s strategy of organizing the grass roots and working arcane delegate selection rules is paying off. And that could mean big trouble for Mitt Romney and his plans to smoothly pivot to a campaign aimed solely at incumbent President Obama.

»Yes, Mr. Romney is still the presumptive nominee. It’s highly unlikely Paul will be able to deny the former Massachusetts governor the prize he’s sought for so long. But Paul’s forces aren’t lining up and saluting a Romney victory. When they show up in Tampa in August they may be strong enough, and prepared enough, to throw the convention floor into embarrassing disarray. “All of this means the GOP can no longer ignore its libertarian ‘fringe.’ On the contrary, it will have to reach out to a new generation of activists who don’t regard religious piety or continual warfare as sacred tenets of conservatism,” wrote Oxford University historian Timothy Stanley in a CNN opinion column last week.»

• Le CSM a interrogé un spécialiste des sciences politiques de Davidson College, et spécialiste de la technique du processus de sélection, Josh Putnam, sur les objectifs de Ron Paul : «Is Paul after the nomination? I don’t know. But his supporters sure are…» C’est effectivement à la lumière de ces constats que la campagne de Ron Paul, telle qu’elle apparaît désormais, est d’une importance fondamentale. Cette campagne est effectivement révolutionnaire, au sens originel du terme politique. Elle est plus menée par les partisans de Paul, organisés en une véritable insurrection à l’intérieur du parti républicain (GOP), que par Ron Paul lui-même, qui continue à entretenir la mobilisation par des meetings triomphaux (si l’on se réfère à l'affluence et à l’enthousiasme des assistances) et complètement ignorés par la presse-Système. Un long article de Michael Synder, du site The American Dream, ce 7 mai 2012 (repris le même 7 mai 2012 sur Infowars.com) explique la technique employée, qu’on a déjà qualifiée de “guérilla”, – et dont les effets se résument par ce constat : «Despite what you may have heard from the mainstream media, Mitt Romney does not have the Republican nomination locked up. In fact, he is rapidly losing delegates that almost everyone assumed that he already had in the bag…» La conclusion de Snyder après sa très complexe analyse d’un processus qui ne l’est pas moins, est par contre d’une clarté évidente quant à l’importance de la chose, – signifiant que tout est possible si l’organisation Ron Paul parvient à empêcher dans le premier vote de la convention une victoire de Romney (1.144 délégués nécessaires). (Après ce premier vote où l’abstention est possible, tous les délégués sont libres de leur choix.)

«…It would be a challenge, but if his supporters get energized enough, it certainly is possible that Ron Paul could still win enough delegates to deny Mitt Romney the Republican nomination on the first ballot in Tampa. And if that happens, anything is possible.»

• L’article de Snyder renvoie à un certain nombre de références d’articles de la presse-Système. Cette presse après avoir totalement ignoré Ron Paul jusqu’au début des primaires, pour s’y intéresser pendant deux ou trois semaines, l’a complètement ignoré à nouveau après les deux ou trois premiers résultats où il n’obtint pas de victoire. Jusqu’à la fin avril, à mesure des désistements de Santorum et de Gingrich, il ne s’agissait donc plus que de discourir de la façon dont allait avoir lieu l’affrontement Obama-Romney ; depuis le début mai, depuis sa victoire officielle dans le Maine et le Nevada, force est à cette presse-Système de re-connaître à nouveau l’existence de Ron Paul, – sorte de second “born-again”, si l’on veut. (Thomas Mullen, l’un des très rares chroniqueurs de la presse-Système à n’avoir jamais perdu de vue Ron Paul, examine à nouveau, rageusement, la raison de ce surréaliste aveuglement de la presse-Système à l’encontre de Ron Paul, ce 8 mai 2012 dans le Washington Times, ce même quotidien qui a montré longtemps ce même aveuglément dénoncé par Mullen, à l’encontre de Ron Paul.)

• Pourquoi cette presse-Système ignore-t-elle Paul ? Une fois de plus revient la question qui, pour être sempiternelle, n’est pas si simple. L’argument de la censure, ni même de l’autocensure, s’il vaut en petite partie, ne suffit plus du tout, tant il contient d’une façon évidente un effet absolument contre-productif. (L’ignorance de Ron Paul entre fin janvier et fin avril a permis à l’activisme souterrain du camp Ron Paul de se développer en toute impunité. C’est cette circonstance qui, soudain, permet à Ron Paul d’émerger, le 6 mai, avec deux victoires assurées dans le Maine et le Nevada, au moins six à neuf en voie de l’être, donc dans une position de force qui n’est pas loin d’être inexpugnable… Brillante tactique (de la presse-Système) ! Ce qui fait penser qu’il n’y a pas vraiment tactique.) Jack Hunter, qui dirige un site pro-Paul (Paulitical Ticker) signale, le 7 mai 2012, un long article sur un livre qui vient de paraître, qui explique, à la fois techniquement et psychologiquement, cette mise à l’index de Ron Paul, découlant pour la plus grande partie d’un puissant réflexe de communication à partir d’une antipathie évidente pour un candidat qui est systématiquement apprécié comme hors-Système, et qui le serait plus justement encore, comme antiSystème. (Il semble que la censure, ou l’autocensure, s’exerce essentiellement lors d’évènements très visibles, comme les rassemblements triomphants de Paul dans sa campagne à travers le pays, qui ne sont jamais, ou très rarement, couverts.) Hunter cite donc un article de W. James Antle III, le 3 mai 2012 sur RealClearBooks.com, consacré à un livre de Brian Doherty, Ron Paul's REVOLution: The Man and the Movement He Inspired

«Doherty is a rare political journalist who understands that something special is going on here. As someone with an affinity for the ideas that animate Paul's campaign – Doherty is a senior editor for Reason magazine and wrote an exhaustive history of the libertarian movement entitled Radicals for Capitalism – his new book Ron Paul's REVOLution: The Man and the Movement He Inspired brilliantly captures the ideas, personalities, and politics of this unique politician.»

Ces quelques remarques, centrées sur l’attitude des journalistes-Système vis-à-vis de Ron Paul, par rapport à leurs propres habitudes, servent à mieux comprendre comment, en termes de communication et en termes de conformisme majoritaire, Ron Paul n’attire pas naturellement l’attention de ces journalistes, – au point même qu’il la décourage. Il n’est pas “spectaculaire” au sens conformiste du terme, c’est-à-dire remarquable par quelque artifice de communication tout en exprimant le sentiment conformiste général que recommande absolument et impérativement le Système. Un jugement d’un de ses amis résume aussi bien ce qui fait que Paul n’attire pas l’attention de la majorité du troupeau : Paul «[is] never happier than when the vote [is] 434 to 1. It [is] his way of making a point.» (La Chambre des Représentants du Congrès des États-Unis, dont il est un des élus, – et l’on devine lequel dans cette remarque, – compte 435 élus.)

«Brian Doherty aside, most reporters don’t know what to make of Ron Paul. This observation isn’t simply a cliché swipe at the “drive-by media” or the dinosaurs of the dreaded “MSM.” To the working press, from the Red Bull-addled gumshoes at Internet start-ups to grizzled veterans of the campaign trail, Paul’s two Republican presidential bids simply do not compute. […]

»[T]he biggest problem is that there is no easy media narrative for what Paul is doing. The success or failure of most presidential campaigns is determined by two simple metrics: winning the nomination and winning the White House. Whatever his principled disagreements with Mitt Romney, when Rick Santorum suspended his presidential campaign, that was all she wrote. There is no generation of Rick Santorum Republicans ready to run in his place. When John Kerry came up short in Ohio against George W. Bush in 2004, he became yesterday’s news… [...]

 

»But Paul […] is still attracting crowds that number in the thousands on the stump. His online money bombs raise millions of dollars even as this late stage of the campaign. Most importantly, his supporters are crowding Republican state conventions and district meetings. The result is that Paul is accumulating a surprising number of delegate at the very moment Romney is on the verge of capturing the nomination. […]

»The Ron Paul forces are still giving the Republican establishment fits months after their campaign was presumed dead. They took 16 out of 19 delegates allocated by congressional district caucuses in Romney’s home state of Massachusetts. Paulites even denied a delegate slot to Romney’s former lieutenant governor. Delegate-wise, Paul may turn out to be the winner in Iowa after all. The state GOP will be chaired by Paul supporters in both Iowa and Alaska.

»Paul’s legacy includes dozens of Ron Paul Republicans, the most successful being his son Rand Paul, the junior senator from Kentucky, and the up-and-coming young Michigan Congressman Justin Amash. This is what makes Paul so hard for the media to cover: he is clearly having a bigger long-term impact than the 1972 John Ashbrook presidential campaign, but movement-building doesn’t fit neatly into the horserace mentality of most political journalism.

»Doherty ends his book with an exchange between Paul and an ABC News reporter. What would Paul do to improve his poll numbers? “I don’t change my message,” Paul replied. He then followed up with what Doherty describes as “that slightly hesitant Ron Paul thoughtfulness”: “I change minds.”

»Ron Paul is changing the Republican Party right before our very eyes.»

 

Mis en ligne le 9 mai 2012 à 10H48

 

Qui est Ron Paul?

Wikipedia nous le présente

Ronald Ernest « Ron » Paul (né le 20 août 1935) est un homme politique américain, membre du Parti républicain, représentant du Texas à la Chambre des représentants (de 1976 à 1985, et de nouveau depuis 1997). Il a été candidat à l'élection présidentielle américaine de 1988 pour le Parti libertarien, à l'investiture du Parti républicain pour l'élection présidentielle de 2008 et pour l'élection présidentielle de 2012[1].

Partisan du libertarianisme (plus précisément du paléo-libertarianisme), doctrine politique qui prône la « non-agression » et qui place la liberté comme principe absolu de vie, il préconise un État fédéral au rôle limité, de faibles impôts, des marchés libres, une politique étrangère non interventionniste ainsi qu'un retour à des politiques monétaires basées sur des métaux (or, argent) pour étalon.

Il est parfois surnommé « Doctor No »[2] au Congrès parce qu’il vote contre toutes les lois qui selon lui violent la constitution américaine ou qui augmentent les impôts ou les revenus des membres de la Chambre des Représentants.

 

Biographie[modifier]

Ron Paul est né à Green Tree en Pennsylvanie durant la Grande dépression. Il est le troisième d'une famille modeste de cinq enfants. Durant son enfance, il travaille dans la petite exploitation agricole de ses parents, à la livraison de journaux, et dans un drugstore.

En 1957, âgé de 22 ans, il épouse Carol Wells, rencontrée au lycée de Dormont et avec qui il aura cinq enfants. Il fait des études supérieures et sort diplômé en 1961 de la Duke University School of Medicine. Il devient gynécologue obstétricien à Lake Jackson au Texas.

Il s'installe ensuite dans la région de Houston au Texas.

En 1974, Ron Paul devient délégué à la convention républicaine du Texas. Il se présente à l'élection au siège du 22e district du Texas à la Chambre des représentants. Il est largement battu par le représentant démocrate sortant Robert R. Casey.

En avril 1976, il est élu lors d'une élection partielle représentant républicain du 22e district du Texas à la chambre des représentants afin de terminer le mandat de Robert R. Casey nommé à la commission fédérale maritime par le président Gerald Ford. Cependant, en novembre 1976, il est battu de 300 voix (0,2 %) lors du renouvellement du mandat par le candidat démocrate Robert Gammage. Ron Paul prend sa revanche en 1978 et est réélu en 1980 et 1982. En 1984, Paul choisit de ne pas se représenter à la chambre et pose sa candidature pour le Sénat. Il est battu dès les primaires républicaines par Phil Gramm alors que son siège de représentant du 22e district est remporté par le républicain Tom DeLay. Paul retourne alors dans le secteur privé.

En 1988, Paul est candidat à la présidence des États-Unis pour le Parti libertarien (tout en restant membre du Parti Républicain[3]). Il est battu mais, en obtenant un peu plus de 400 000 voix (0,4 % des suffrages), il arrive en troisième place du vote populaire derrière George H. W. Bush (élu président) et Michael Dukakis.

En 1996, Paul se présente de nouveau aux élections primaires républicaines pour le poste de représentant du Modèle:14ème district du Texas à la chambre des représentants. Il bat l'ancien démocrate rallié aux républicains Greg Laughlin pourtant soutenu par l'état major du parti, par Newt Gingrich, par la National Rifle Association et par le gouverneur George W. Bush. Il est ensuite élu contre le candidat démocrate et réélu en 1998, 2000, 2002, 2004 et 2006.

Républicain libertarien, Ron Paul est indépendant et très isolé dans son propre camp. Sous les mandats de George W. Bush, il a ainsi voté contre les propositions de lois républicaines sur l'augmentation des dépenses militaires, a appelé à un retrait rapide des troupes américaines d'Irak et à une réduction des pouvoirs de la Réserve fédérale.

En 2007, il a annoncé son intention de briguer l'investiture républicaine pour l'élection présidentielle de 2008[4]. Bien que très populaire sur le réseau Internet américain[5] et ayant été élu comme le plus convaincant dans plusieurs débats pour l'investiture républicaine, il reste aux environs de 5 à 10 % d'intentions de vote[6]. Ses partisans accusent les « MSM » (mainstream medias) de volontairement occulter sa candidature.

Curiosité politique, Ron Paul a récolté pour le financement de sa campagne, en 24 heures, le 5 novembre 2007, plus de 4 millions de dollars, essentiellement par internet. Fait remarquable, l'initiative de cette money bomb a été prise par un Californien, sans le soutien direct de l'équipe de campagne du candidat. Ces dons ont attiré l'attention des grands médias américains sur le « phénomène » Ron Paul, d'autant plus que celui-ci disposait déjà d'environ 5 millions de dollars, amassés lors du troisième trimestre.

En adoptant la même démarche, Ron Paul a obtenu 6,2 millions de dollars lors du 16 décembre, jour de la commémoration de la Boston Tea Party[7], ce qui est un record absolu pour un candidat américain.

Lors des premières élections primaires et des premiers caucus du parti républicain pour la nomination au poste de candidat à l'élection présidentielle de 2008, il a obtenu entre 3 et 25 % des suffrages, se hissant notamment à la seconde place derrière Mitt Romney lors du caucus du Nevada le 19 janvier 2008. Ron Paul obtient son meilleur score (25 % des voix) lors du caucus du Montana le 5 février, se hissant alors à la seconde place des prétendants républicains derrière Mitt Romney (38 %) et devant John McCain (22 %). Bien que John McCain ait suffisamment remporté de délégués pour s'assurer de l’investiture du Parti républicain depuis le 4 mars 2008, Ron Paul n'a officiellement abandonné la course à l'investiture pour la présidentielle que le 12 juin 2008. Il poursuit cependant sa campagne pour diffuser ses idées, ignoré par les médias mais disposant de dons totalisant depuis le début de la campagne 35 millions de dollars[8].

En 2010 et 2011, Ron Paul remporte le vote clôturant la CPAC (Conservative Political Action Conference), événement annuel du parti républicain, avec 31 % des voix en 2010 et 30 % en 2011.

Le 26 avril 2011, Ron Paul a annoncé à Des Moines, dans l'Iowa, la mise sur pied d'un comité exploratoire, première étape vers une candidature pour la présidentielle de 2012. Le 13 mai, il annonce dans Good Morning America sur ABC se présenter pour la nomination du candidat républicain aux élections présidentielles[9]. Plusieurs consultations électorales consultatives le placent en tête des Républicains ou parmi les meilleures places.

Opinions[modifier]

Selon une étude du journal New American parue en 2006, Ron Paul est de tous les membres de la chambre des représentants et du Sénat[10] le plus « libéral », c'est-à-dire partisan d'une faible intervention de l'État dans la vie privée des différentes composantes de la société (citoyens, entreprises,...). Il est l'auteur d'une proposition de loi abolissant l’impôt sur le revenu, l'Internal Revenue Service. Pour lui, le gouvernement fédéral devrait s'en tenir aux devoirs spécifiés dans la Constitution. Par extension, il souhaite abolir la Réserve fédérale[11].

Ainsi, Ron Paul est contre certaines législations fédérales que soutiennent traditionnellement les représentants de districts ruraux ou côtiers, comme celui de Paul avec 675 miles de côtes. Ron Paul est, par exemple, opposé à l’assurance « inondations » financée par le gouvernement fédéral parce que celle-ci contraint ceux qui ne vivent pas dans les zones inondables de subventionner ceux qui choisissent d’y vivre. De surcroit, cela ne permet pas à ceux qui vivent dans ces zones inondables de choisir librement leur propre assureur.

Globalement, il propose de réduire les impôts fédéraux au minimum.

Hostile à l'attribution de trop de pouvoir à l'État central, il est partisan de la suppression de la CIA et du département de l'Éducation.

Concernant le mariage gay, Paul s'oppose à toute intervention fédérale sur le sujet. A une question concernant son soutien à ce type de mariage, il a répondu « Je suis favorable à toutes les unions (associations) volontaires, et les gens peuvent les appeler comme ils le veulent[12] ».

Croyant dans le caractère sacré de la vie dès la conception, il est contre l’euthanasie et s'il se déclare personnellement contre l’avortement, il déclare vouloir surtout retirer à la Cour suprême la prérogative d'autoriser l'IVG entre 0 et 12 semaines, et de la confier aux États fédérés (il a déposé ainsi une proposition de loi en ce sens en 2005). D'une manière générale, Ron Paul estime que toutes ces questions sociétales doivent être tranchées par les États et non par l'État fédéral qui doit être réduit à sa plus simple expression.

Concernant la peine de mort, il a une position caractéristique du paléo-libertarianisme : il a déclaré en 2007 que la peine de mort pouvait être méritée pour certains crimes, mais que le gouvernement fédéral ne devait pas y avoir recours[13].

En matière de recherches biologiques, Ron Paul a soutenu la recherche sur les cellules-souches, et s'est opposé au gouvernement Bush sur ce point, contestant en particulier le principe même d'une intervention gouvernementale sur ces questions.

En matière d'immigration, il est contre le droit du sol car il perçoit celui-ci comme une incitation à une immigration bénéficiant des subsides étatiques. Paul a voté pour le Secure Fence Act (loi sur la barrière de sécurité) de 2006, autorisant une barrière de plus de 700 milles (1 100 kilomètres) entre les États-Unis et le Mexique. Dans ce domaine, il est assez éloigné des positions libertariennes, traditionnellement favorables à la libre émigration au nom de la défense de la liberté individuelle.

Partisan de la liberté religieuse et de sa libre expression, il estime qu'il n’est pas du ressort du gouvernement fédéral d’intervenir dans les affaires religieuses des citoyens ou des États.

Il défend la liberté du port d'armes.

Suite aux attentats du 11 septembre, il a voté contre le Patriot Act et différentes mesures de régulation d'internet par l'État fédéral, qu'il dénonce comme autant d'atteintes aux libertés individuelles.

Il est favorable à l'utilisation de la marijuana à des fins médicales. Plus encore, Ron Paul prône la vente libre de tous les stupéfiants à la fois parce qu'il constate l'inefficacité des mesures de prohibition (la War on Drugs aux États-Unis) et parce qu'il promeut la responsabilité de chaque individu face à ses choix de vie.

Non-interventionniste, il s'oppose à la multiplication des interventions militaires des États-Unis. À ce titre, il a voté contre la guerre en Irak en 2003. Il souhaite l'arrêt du rôle américain de « policier du monde » ou de « créateur de nations », et estime que l'hostilité du Moyen-Orient envers les États-Unis est largement la conséquence d'une politique étrangère inspirée par une trop grande ingérence. Son avis sur le sujet est à la fois motivé par des considérations budgétaires (il rejette les énormes dépenses occasionnées en vain par les diverses guerres) et une conception élevée de la souveraineté des nations comme de l'intérêt américain. Il exige par ailleurs le retrait des États-Unis des institutions internationales comme l'ONU, l'OTAN, l'ALENA ou l'OMC[14]. Selon lui, il ne s'agit pas ici d'un réflexe protectionniste, (il est favorable à un libre-échange sans barrière douanière ou taxes d'importation) mais bien d'un refus de soumission à des autorités non élues, perçues comme menaçant les libertés individuelles.

Enfin, il conçoit le libre-échange comme un système favorisant le développement de relations harmonieuses entre les nations et le maintien de la paix.

Ron Paul semble finalement concevoir une vision plus libertarienne et se rapprochant plus de l'idée des Pères fondateurs des États-Unis que le reste du paysage politique américain. Il revendique le maintien de pouvoirs aux États fédérés, et la limitation du pouvoir de l'État fédéral. Il souhaite un retour fort aux valeurs de la Constitution américaine, la suppression ou une importante réduction de l'intervention de l'État fédéral dans les domaines qui ne sont pas prévus par le texte de la Constitution.

05/05/2012

Le "Système" est prêt à installer un régime totalitaire voire une dictature sur le sol des Etats-Unis. La FEMA se transformera en pendant, version US, des goulags soviétiques.

L’U.S. Army prête à “rééduquer” le dissident US en citoyen-Système

05/05/2012

Le site Infowars.com a publié depuis trois jours plusieurs textes concernant un manuel de l’U.S. Army dont il vient d’obtenir une copie. Il s’agit d’un très copieux document de 300 pages, intitulé FM 3-39.40 Internment and Resettlement Operations datant du 12 février 2010 et dont il donne le lien d’accès.

Plusieurs textes sur ce document ont été publiés par Infowars.com, le 3 mai 2012, le 4 mai 2012 (vers une émission de Alex Jones, éditeur du site) et enfin, celui que nous citons ci-dessous, le 4 mai 2012.

Il s’agit d’un manuel décrivant la façon dont doivent être organisés des camps d’internement de personnes arrêtées pour activités politiques suspectes, pour soi-disant terrorisme, opposition à la “légalité”, résistance, etc. Le fait important est que ce programme implique essentiellement une “rééducation” des prisonniers, notamment à l’image de ce qui se faisait dans les camps soviétiques, chinois, nord-coréens, nord-vietnamiens puis vietnamiens, etc., c’est-à-dire tout l’appareil de concentration et d’endoctrinement forcé du système pénitentiaire idéologique communiste. Pour les Américains, la référence la plus fameuse concerne les camps nord-coréens pendant la guerre de Corée, pour les Français ce sont les camps vietminh ; dans les deux cas, des militaires US et français furent soumis à ces procédures de rééducation et d’endoctrinement.

Voici un long extrait du texte du 4 mai 2012, qui insiste surtout sur l’aspect de la détention de citoyens US sur le territoire national, aspect qui avait fait l’objet de polémique chez les lecteurs du premier texte. (Les soulignés en gras sont dans le texte publié par Infowars.com.)

«A shocking U.S. Army manual that describes how political activists in prison camps will be indoctrinated by specially assigned psychological operations officers contains numerous clear references to the fact that the policies do apply domestically to U.S. citizens. Despite the fact that the manual is well over 300 pages long and would take hours to read properly, within minutes of posting our story yesterday a minority of commenters were claiming that the policies outlined in the document only pertained to foreign combat operations and did not apply domestically to U.S. citizens.

»This is similar to the denial witnessed prior to the passage of the NDAA when some argued that the indefinite detention provisions did not apply to American citizens despite numerous legal analysts asserting they did and President Barack Obama himself acknowledging they did when he signed the bill. […] The most alarming portion of the document appears on page 56 and makes it clear that detention camps will have PSYOP teams whose responsibility will be to use “indoctrination programs to reduce or remove antagonistic attitudes,” as well as targeting “political activists” with such indoctrination programs to provide “understanding and appreciation of U.S. policies and actions.”

»Let’s make one thing clear – the manual primarily deals with enemy combatants captured and detained in foreign prison camps run by the U.S. Military. However, another thing that is just as clear from reading the manual in full is the fact that it also applies to citizens detained within the United States, whether they be DCs (displaced citizens) or “civilian internees,” in other words citizens who are detained for, “security reasons, for protection, or because he or she committed an offense against the detaining power.”

»Firstly, throughout the manual there are scores of references to how the U.S. Army would work together with the DHS, ICE and FEMA (page 24) to implement the policies “within U.S. territory” as part of “civil support opérations” in the aftermath of “man-made disasters, accidents, terrorist attacks and incidents in the U.S. and its territories.” (page 38).

»“The handling of DCs (displaced citizens) is also a mission that may be performed in support of disaster relief or other emergencies within the United States or U.S. territories during civil support opérations,” states page 33. Page 56 also states that it is the responsibility of the PSYOP officer to “control detainee and DC populations during emergencies.” Resettlement conducted as a part of civil support opérations will always be conducted in support of another lead agency (Federal Emergency Management Agency, Department of Homeland Security)” states page 37.

»All these passages make it clear that the policies outlined on page 56 are also applicable within U.S. territory as part of “civil support operations” conducted in partnership with domestic federal agencies like the DHS and ICE. The U.S. Immigration authorities have no role in detaining prisoners in Afghanistan and Iraq and neither do other U.S. agencies also listed in the document such as the Public Health Service (page 224). The document also contains numerous references to U.S. citizens (notably pages 13, 41). Page 13 notes how “U.S. citizens will be confined separately from detainees,” meaning they will be separated from foreign prisoners in the camps

»On page 146 of the manual, we learn how prisoners in the camps are to be identified. “The prisoner’s last name, first name, and middle initial are placed on the first line of a name board, and the prisoner’s social security number is placed on the second line.” Last time I checked, the United States Social Security Administration was not responsible for handing out social security numbers to people in Afghanistan or Iraq.

»On page 193 of the document, we learn that the policies outlined in the manual can be applied domestically. The language makes it clear that so long as the President passes an executive order to nullify Posse Comitatus, the law that forbids the military from engaging in domestic law enforcement, the policies “may be performed as domestic civil support opérations.”

The manual states, “These operations may be performed as domestic civil support operations,” and adds that “The authority to approve resettlement such opérationswithin U.S. territories,” would require a “special exception” to The Posse Comitatus Act, which can be obtained via “the President invoking his executive authority.”

»These examples are just a handful of a plethora contained in the 326 page ‘Internment and Resettlement’ document which prove that the policies in the manual apply not only to foreign prisoners abroad, but also to American citizens within the United States.»

Comme nous l’avons dit, la publication de ce document a amené un nombre considérable de réactions de lecteurs du site, et des contestations, notamment sur l’antériorité du document et sur le fait de savoir si les mesures envisagées concernent des citoyens US ou seulement (!) des étrangers. Une première version du document été publiée en 2007 (ce qui a conduit certains lecteurs à vouloir exonérer l’administration Obama de toute responsabilité), mais sa republication et sa mise à jour datée du 12 février 2010 le fait incontestablement entrer dans l’époque de l’administration Obama. D’autre part, les détails donnés ci-dessus montrent bien que les citoyens US, sur le sol US, sont complètement concernés, comme le montre également la coopération de l’U.S. Army avec la FEMA. (La FEMA est cette organisation fédérale intérieure de gestion des “évènements d’urgence” à la destination assez mystérieuse ou dans tous les cas contestée, créée en 1979. Certains auteurs, dont Peter Dale Scott, dans La route vers le nouveau désordre mondial, estiment qu’elle pourrait avoir une fonction de répression et d’internement, que nous jugerions assez proche dans son esprit et dans ses buts de ce qu’était l’administration du GOULAG [acronyme administratif russe] des camps d’internement dans la structure soviétique.)

L’aspect le plus remarquable du document se trouve dans l’organisation systématique de l’endoctrinement et de la rééducation psychologique, méthodes absolument consubstantielle aux régimes totalitaires du XXème siècle, et faisant partie encore plus d’une sorte de contrainte de “rééducation permanente” forcée du citoyen que de la “guerre psychologique” elle-même. A cet égard, on verra ce document et l’esprit qu’il implique comme une production bureaucratique, à l’instar des grands régimes totalitaires du XXième siècle, issue directement d’une processus organique systémique, – pour nous et en notre temps, issue du Système en tant qu’achèvement de la mise en place d’une structure globale de contrainte et de transformation des psychologies. Nous précisons cela pour prendre nos distances de la querelle des responsabilités (administration Bush ou administration Obama) parce que nous estimons qu’il s’agit effectivement, non d’une production politique mais d’une production automatique du Système dans sa logique entropique et nihiliste. Il apparaît qu’il n’est absolument pas nécessaire d’instaurer un régime strictement et ouvertement policier ou fasciste, ou ce qu’on veut dans cette orientation, pour arriver aux méthodes totalitaires de cette sorte de régime dans ce domaine de la contrainte psychologique. A cet égard, les USA apparaissent complètement phagocytés par le Système, conduits par lui à tous égards, et cela est une confirmation et nullement une surprise. Cela impliquer que la situation aux USA peut, selon les évènements, basculer du jour au lendemain dans l’orientation qu’on décrit. (Mais aussi, parallèlement, un tel basculement pourrait déclencher ou alimenter une réaction populaire très violente, avec les moyens de s’exprimer à cause de la forme du régime dont les nécessités économiques imposent le maintien d’une structure libérale (notamment, pour les USA, accès aux armes, aux structures d’organisation civile, maintien d'une circulation de l'information). C’est un autre aspect de ce qu’on décrit, qui est, lui, complètement différent des régimes totalitaires et rend compte d’une situation différente à cet égard. Le paradoxe est donc qu’à côté de mesures policières et psychologiques de contrainte, les USA ne peuvent évoluer vers un centralisme autoritaire type fasciste ou soviétique parce que leur dépendance idéologique de leur système économique et de corruption rejette absolument l’étatisme et l’autoritarisme centralisé de l’État puisque la puissance privée domine tout ; le résultat, comme on le constate chaque jour, est plutôt un centralisme déstructuré et en cours de dissolution, entraînant une situation de désordre impuissant du pouvoir du point de vue politique.)

Bien entendu, la chronologie de la mise à disposition publique du document de l’U.S. Army est intéressante. Qu’elle ait lieu aujourd’hui, dans le climat incertain actuel qu’on connaît, constitue un point très important. Elle implique que des individus, au sein du Système, ont conscience de la gravité potentielle de la situation et jugent que certaines productions du Système confirmant l’existence potentielle d’instruments massifs de coercition et de (re)mise en condition psychologique de la population sont prêts à être utilisés et doivent être portés à la connaissance du public. Il est évident que les dispositions de ce document font beaucoup plus penser à des actions massives de rééducation possibles contre des dissidents de mouvements du type Occupy, ou du type Ron Paul, que contre des “étrangers” classés dans la rubrique “terroriste”. (Pour ce dernier cas, les actions et programmes de répression existent déjà, depuis le début de la période 9/11, avec les camps de torture et d’action psychologique, notamment de la CIA, comme on le sait.) La publication de ce document ajoute donc une pièce à l’évaluation de la situation intérieure des USA et aux potentialités de troubles qu’on signale actuellement. Il renforce l’idée que la bataille en cours entre le Système et la résistance antiSystème a comme terrain d’élection la psychologie et la conformation des esprits humains, c’est-à-dire le système de la communication, désormais allant jusqu’à un mode de violence et de contrainte massive s’exprimant à visage découvert. C’est un signe, aussi bien de l’ampleur terrible du vrai affrontement en cours, et des inquiétudes profondes du Système devant la résistance dissidente, puisque ses automatismes le conduisent à des programmes qui se rapprochent, sinon l’identifient au systématisme répressif totalitaire des grandes dictatures du XXème siècle.

 

Mis en ligne le 5 mai 2012 à 08H51

11:49 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dedefensa.org

03/05/2012

Le gouvernement des Etats-Unis se prépare à ce qu'il croit être une insurrection massive, suite au programme d'austérité sans précédent qu'il devra appliquer à la suite des formidables contraintes budgétaires. Le "rendez-vous de décembre 2012". Crucial?

Le rendez-vous de décembre

03/05/2012

3 mai 2012 – Le “rendez-vous de décembre” ou le “rendez-vous du destin” ? Tout se passe en effet comme si les éléments constitutifs d’une crise insurrectionnelle massive convergeaient pour être rassemblés sous la forme d’un détonateur de cette crise, en décembre 2012, aux USA. Il s’agit en effet des USA, qui sont le centre et le moteur du Système, qui semblent se préparer à une crise du gouvernement, une crise budgétaire et une crise d'austérité, sans aucun doute par conséquent une crise sociale, – et d’ores et déjà, assurée, précédant tout le reste, une crise psychologique massive, reflétant la “psychologie terrorisée” commune à tous les dirigeants. Plus encore, dans ce cas, – tout se passe comme si une sorte de planification assumée, répondant autant à des échéances assurées qu’à des pressions supérieures, se mettait en place pour terminer cette années 2012 conformément aux prévisions. (On admettra que les Mayas, du haut de leur séjour parmi leurs divinités, doivent montrer une certaine satisfaction de voir leur calendrier si bien respecté, au moins dans l’esprit de la chose.)

Voyons quelques éléments qui substantivent cet horizon fort assombri. (On notera, sans surprise, qu’il n’y a pas que l’horizon d’assombri. Le 1er mai, aux USA, a été marqué par diverses actions de protestation, d’une façon très inhabituelle pour ce pays qui sait cultiver l’harmonie entre les classes au profit des plus méritantes.) D’abord, le 24 avril 2012, devant le Council of Foreign Relations, à New York, une intervention de Erksine Bowles, co-directeur de la Commission sur le déficit budgétaire du président Obama. Il est venu prendre date, et le rendez-vous est effectivement à la fin de 2012, en décembre. Il s’agit d’un rendez-vous de type catastrophique puisqu’on y observera, dans le meilleur des cas, celui où les autorités politiques prennent leurs responsabilités, des réductions budgétaires forcées ou automatiques de l’ordre de $7.000 milliards, – selon les calculs de Bowles, – qu’il faudra commencer à installer dans les activités du gouvernement. Comme suggéré plus haut avec la date de décembre 2012, il faut noter que tout cela se passe après l’élection présidentielle du début novembre.

Bowles est catastrophique mais rassurant, car il n’est certainement pas un de ces prophètes de l’Apocalypse qui pullulent chez les “dissidents” ; mais bon, Apocalypse tout de même… «I think today we face the most predictable economic crisis in history. Fortunately, I think it’s also the most avoidable. I think it’s clear, if you do simple arithmetic, that the fiscal path that the nation is on is simply not sustainable…»

Bowles explique qu’en 2011, tous les dollars qui sont entrés dans le trésor fédéral ont été intégralement absorbés par les dépenses fixes (Medicare, Medicaid, sécurité sociale, – et le service de la monstrueuse dette, $250 milliards par an parce que les intérêts sont au plus bas, en fait qui devrait atteindre $600 milliards l’an, – et, «We’ll be spending over $1 trillion on interest alone before you know it».). Tout le reste, les dépenses de fonctionnement, notamment la défense nationale et les deux guerres qui vont avec, a été financé par des emprunts, – «And half of it was borrowed from foreign countries. And that is a formula for failure in anybody’s book.» Exemple amusant, si l’on a le cœur à rire, que celui de Taïwan, que les USA se sont engagés à défendre contre une hypothétique invasion de la Chine ; eh bien, si l’hypothèse se réalise, les USA devraient remplir leurs obligations ; eh bien, comment feraient-il ? «There’s only one problem with that. We’ll have to borrow the money from China to do it.» “Rires nerveux dans la salle”, observe William D. Cohan, auteur du texte de Bloomberg.News publié ce 29 avril 2012.

Petite description sympathique du système de santé de l’hyperpuissance, de notre-Empire-à-tous, de l’American Dream : «We have a health-care system that’s absolutely crazy. We spend twice as much as any other developed country in the world on health care, whether you talk about it as a percent of GDP or on a per-capita basis. And that might be OK if we could afford it, and it might be OK if the outcomes were any good. But if you look at most outcome measures, we rank somewhere between 25th and 50th in such important measures as infant mortality and preventable deaths and life expectancy. And anybody who thinks those 50 million people who don’t have health-care insurance don’t get health care, you’re just wrong. They get health care, they just get it at the emergency room at five to seven times the cost it would be in a doctor’s office. And that cost doesn’t go away, it gets cost-shifted.»

…Et tout cela pour mener à quoi ? Au rendez-vous de décembre 2012. «But wait, it gets worse. [Bowles] reminded the audience of the numerous “cliffs” the country faces at the end of 2012 when the George W. Bush tax cuts expire: More than $1.1 trillion will be cut from the budget, about half of which will come from defense because of the infamous “sequester” of last year; the payroll tax cut will expire, as will the “patch” in the alternate minimum tax. “If you add all those up,” he said, “it’s probably $7 trillion worth of economic events that are going to occur in December. And there’s been little to no planning for that.” It is every bit as criminally irresponsible for Congress to fail to address this looming crisis as it was for Jimmy Cayne at Bear Stearns, Dick Fuld at Lehman Brothers and Martin Sullivan at AIG to ignore the financial problems at their firms in 2008.

»Interestingly, Bowles remains optimistic that the circumstances are so dire that Congress will have to act, although it probably won’t happen until the seven weeks between Election Day and the end of the year. “We have to,” he said. “We’ve simply made promises that we can’t keep.”» (Tout de même, cette dernière phrase, comme conclusion : «“Deficits are truly like a cancer,” Bowles said, “and over time they are going to destroy our country from within.”»)

En résumé, Bowles annonce implicitement la nécessité d’un programme massif d’“austérité” après l’élection présidentielle, – ce qui permettra aux candidats de ne pas trop en débattre. On notera tout de même que l’optimisme de Bowles concerne un accord qui se ferait au Congrès, plus ou moins avec le président (ré)élu, sur la répartition des réductions budgétaires qui découleraient nécessairement de toutes ces mesures automatiques. Cela impliquerait que le Congrès serait parvenu à une certaine harmonie, mais nullement que les USA échapperaient à un très, très rude programme d’austérité. La perception pessimiste, – qui n’est nullement sollicitée, quand on a à l’esprit les trois dernières années de guerre ouverte entre le Congrès et le président et à l’intérieur du Congrès, – concernerait l’absence d’accord, c’est-à-dire le désordre apocalyptique dans la planification de l’inévitable “austérité”. Quoi qu’il en soit, dans les deux cas il s’agit bien d’austérité, et l’optimisme ne porte que sur la bonne organisation de la chose.

Trois jours plus tôt, le 26 avril 2012, sur le site The Liberty Bell, Ron Holland, économiste, auteur, consultant, etc., annonçait un séminaire important, le Freedom Festival, les 11-14 juillet à Las Vegas, où l’on trouvera, parmi 150 intervenants, le sénateur Rand Pauil et le juge Andrew Napolitano, célèbre pour avoir été le seul chroniqueur de Fox.News à soutenir Ron Paul (on l’a remercié pour cela et il ne travaille plus à la station). Le thème du grand rassemblement est «Crisis in America: A Call to Action», – ce que Holland traduit comme ceci : «The Feds Prepare for Social Unrest… Shouldn't You?», – et présente comme ceci : «These are scary times, and that is why we are having a special “emergency” session at FreedomFest entitled “Crisis in America: A Call to Action.”» (Le FreedomFest» est organisé par le Freedom Movement, représentatif du mouvement libertarien en général, dont se réclament aussi bien The Liberty Bell que Ron Paul.)

Holland se réfère à l’arsenal que se constituent les autorités fédérales US, – arsenal au propre et dans le sens législatif. Il s’agit de quantités considérables de munitions acquises ou en cours d’acquisition par le DHS (Department of Homeland Security) ces dernières semaines, notamment 450 millions de balles à charge creuse très puissantes de calibre .40 (10mm), qui est le calibre utilisé en général par la police US, et un marché de 175 millions de balles de calibre .223 (5.56mm), qui est la calibre standard des fusils d’assaut de l’OTAN. Il s’agit également de l’arsenal juridique de mesures coercitives qui relèvent de l’état de siège, qui s’est constitué ces dernières années et apparentent les USA à un “État policier”… Holland donne ces quelques précisions, qui renvoient à l’aspect le plus spectaculaire de l’arsenal législatif. (Il renvoie par ailleurs aux pratiques juridiques et policières de plus en plus tatillonnes, discrétionnaires et contraignantes, dont nous donnions nous-mêmes certains exemples dans notre texte du 16 avril 2012.)

«The new National Defense Authorization Act (NDAA) takes away basic rights of American citizens who are considered “terrorists” or “enemy combatants,” who can now be held indefinitely without trial and without legal representation. (After signing the bill, President Obama later said he would “never” impose this Act on Americans. Don't bet on it.) The Obama administration is getting desperate. As part of the federal-aid highway bill, Senator Barbara Boxer (D-California) has added a provision that allows for anyone who owes the IRS more than $50,000 to be denied a passport. (Senate Bill 1813 is now in the House.)»

Pourquoi toutes ces dispositions ? La réponse est sans ambiguïté. Le gouvernement des États-Unis se prépare à ce qu’il croit être une insurrection massive, suite au programme d’austérité sans précédent qu’il devra appliquer à la suite des formidables contraintes budgétaires dont nous parlait plus haut Erskine Bowles… Le “rendez-vous de décembre” 2012, où des dispositions législatives imposent effectivement ces énormes réductions budgétaires, dont les répercussions sur les dépenses publiques seront massives. Logiquement, les esprits enfiévrés par leurs “psychologies terrorisées” des dirigeants au service du Système prévoient le pire, en fait de réactions populaires. Ainsi Ron Holland écrit-il :

«Why? The answer is clear: The Federal government is gearing up for the unprecedented social unrest (worse than Greece or Spain) when Washington is forced to impose “austerity” plans next year, after this November's élections. Either that or face runaway inflation to pay for the costly welfare programs like Social Security, Medicare, Medicaid, Food Stamps and massive unfunded liabilities.»

La chose, – l’affrontement, l’insurrection, – se fera-t-elle ?

Un climat et une symbolique exacerbés

Nous l’écrivons et le récrivons : ces directions politiques entièrement inféodées au Système sont totalement sous l’empire de la terreur qui habite leur psychologie, et elles-mêmes fascinés par la terreur d’une insurrection populaire. (Ainsi leur propre terreur en serait-elle à la fois confortée et justifiée, voire légitimée si l’on aime les gros mots…) C’est particulièrement le cas de la direction politique et de l’establishment US, qui a maintenu de tous temps, dès l’origine de ce pays, une main de fer sur sa population, notamment par le biais du système de la communication ; la situation atteignant le degré de désordre et de paranoïa qu’on voit, la communication ne suffit plus, et l’on mobilise les moyens “durs” du système du technologisme, sous la forme de l’établissement d’une contrainte et d’une pression policière et sécuritaire extrême... L’exemple grotesque du sommet de l’OTAN à Chicago nous décrit parfaitement cet état des psychologies, et la paranoïa sécuritaire et policière qui en découle.

Enfermées dans la démence d’une politique unilatérale qui ne veut (qui ne peut) rien sacrifier au dogme imposé par le même Système, ces directions vont devoir affronter, aux USA même, au cœur du Système, ce qu’elles imaginent être comme une sorte d’épreuve suprême d’affrontement, lequel se fera nécessairement avec “le peuple” américain qui a toujours été perçu comme une constante menace insurrectionnelle. (C’est une vieille idée, qui a été souvent associée, dans l’esprit de certains commentateurs inspirés, accidentellement ou pas, momentanément ou non, à la perception de l’hostilité française au pouvoir américaniste ; ainsi Joshua Muravchik, néoconservateur notoire, écrit-il dans la préface de son livre The Imperative of the American Leadership [1996], sans s’expliquer de sa remarque nulle part dans le corps du texte, mais comme une simple évidence : «Aside perhaps for the French, the only people averse to American leadership are the Americans.» Voir, dans la deuxième livraison de la La grâce de l’Histoire, notre interprétation de ces rapports ambigus des Français avec les USA, hostiles à l’américanisme et proches du peuple américain dans ses attitudes de résistance au Système.)

Inutile de demander ce que ces directions politiques espèrent d’un tel affrontement, même dans l’hypothèse de ce qu’on pourrait apprécier comme une “victoire” (?) si cet affrontement avait lieu. Leurs capacités de prévision dans l’emprisonnement où elles se trouvent sont réduites à un terme grotesque de proximité, à une sorte d’immédiateté nihiliste, à une vision entropique crépusculaire. Nous sommes plutôt au niveau d’une magie de bazar, correspondant à leur psychologie terrorisée, que d’un jugement politique rationne. Ces directions politiques semblent considérer cette “épreuve suprême” d’un affrontement, si la chose s’avérait inévitable, comme s’il s’agissait d’une sorte de rite initiatique rendu au Système ; elles raisonnent comme des tamtams, selon l’emploi courant du mot, selon des rites tribaux rendus au totem magique qu’est le Système, – mais, certes, sans les références à la tradition qu’on trouve dans cette geste ancienne. Il n’y a rien d’autre à attendre d’elles (de ces directions) que ces caricatures d’action de répression pure, organisées par une bureaucratie proliférante et incontrôlée ; nous sommes à des années-lumière d’un quelconque projet, même d’établissement d’une sorte de dictature mi-policière, mi-fasciste, mi-n’importe quoi, qui impliquerait au moins une pensée structurée. Le paradoxe est que ce durcissement sécuritaire et policier va de pair avec une dissolution accélérée du Système et de ces directions elles-mêmes, et de leurs jugements et pensées par conséquent.

S’il est extrêmement difficile, voire extrêmement déraisonnable, de tenter de prévoir à cet instant ce que pourrait être un mouvement de résistance et de contestation de cette ampleur per se, on peut par contre conjecturer à propos des démarches que vont suivre les directions politiques dans le cas désormais inévitable de mesures d’“austérité” draconiennes aux USA. Poussées par ce qu’elles jugeront être de la prudence et une capacité louable d’anticipation, elles vont mettre en place un tel appareil répressif qu’il se pourrait bien que ces dispositions elles-mêmes appellent, comme fait un appel d’air, la contestation et la rébellion.

Jusqu’ici, les mouvements de contestation (Tea Party, Occupy) n’ont été ni anticipés, ni appréhendés, ni évalués justement et d’une quelconque façon lors de leur développement, par les forces du Système. Les évènements ont fait que ces forces du Système se sont adaptées comme elles ont pu, mais d’une façon qui a impliqué, par le temps d’adaptation, les ajustements, etc., une certaine modération involontaire qui a empêché des effets de contre-réaction violents du côté de la contestation ; la brutalité policière elle-même ne s’est développée que d’une façon progressive, avec comme effet de ne pas susciter de ripostes organisées. On en est donc resté à des situations incertaines, sans qu’il y ait pourtant complète démobilisation (le mouvement Occupy reste en capacité latente latence d’action, et cherche une voie de réactivation). Le cas envisagé ici est complètement inédit pour cette crise, et même pour l’histoire des USA depuis certains épisodes d’affrontement durant la Grande Dépression : un cas où le pouvoir prend des mesures préventives visibles et connues, sur une échelle nationale, parce qu’il s’est persuadé que des actions violentes, insurrectionnelles, vont avoir lieu, et qu’il importe absolument de les contenir par tous les moyens et même de les réprimer, également par tous les moyens possibles. Avec l’accumulation considérable de tensions, de manipulations, de crises où les puissances d’argent responsables furent outrageusement favorisées, d’affaiblissement dramatique, de paralysie et de corruption éhontée du pouvoir, avec des psychologies exacerbées et, pour certaines plongées dans l’obsession terrorisée, – ce qui fixe un passif qui n’existait pas avant la Grande Dépression, – les risques deviennent élevés d’une confrontation grave. C’est vers cette conclusion que sont poussées et conduites (inconsciemment, à notre sens) les directions politiques, développant sans en saisir toutes les implications une sorte d’effet de provocation et d’exacerbation des tensions.

L’arrière-plan de la situation concourt à rendre les conditions encore plus risquées La campagne électorale vers l’élection présidentielle se déroule dans une atmosphère irréelle, avec un processus considéré comme bouclé avec deux candidats qui attirent plutôt des votes par défaut, d’hostilité à leurs adversaires, que des votes d’adhésion ; avec l’énigme d’une campagne Ron Paul qui est elle-même une guérilla sinon une insurrection, et à propos de laquelle des signes se multiplient pour montrer que, même hors du camp “pauliste”, on commence à s’interroger pour savoir si elle ne réserve pas des surprises de taille. (Voir, par exemple, les articles de sites aussi influents et peu suspects de “‘paulisme” que Politico.com du 29 avril 2012 et American Spectator du 30 avril 2012 ; voir aussi le show de Rachel Maddox, de MSNBC, le 1er mai 2012, ou le Washington Times du 1er mai 2012.) Ce développement si incertain se place dans le cadre désormais fragilisé par l’affaiblissement dramatique du centre, cadre qui n’est rien de moins que la structure même des USA.

Aujourd’hui, la conscience est de plus en plus forte de la perspective d’une bataille majeure, contre un Système qui est résolument devenu de type policier et arbitraire. C’est sur ce sentiment essentiellement politique que doivent venir se greffer le désespoir et la colère suscitées par des mesures d’“austérité” draconiennes, avec une population qui subit depuis quatre ans une crise majeure et dévastatrice. Cette situation nouvelle exacerbée par une campagne présidentielle aux caractères étranges s’inscrit dans un domaine symbolique d’une importance qu’il ne faut certainement pas négliger, malgré les grognements et persiflages des esprits forts. La chose participe puissamment d’un climat général qui pèse sur les psychologies, toutes les psychologies, celles qui sont terrorisées et les autres, dépressives mais éventuellement ouvertes à des réactions agressives. Le symbolisme latent de 2012, l’année pivot par excellence, l’année des grands changements politiques et l’année des diverses supputations et signes de l’épuisement, voire de l’effondrement du cycle actuel, jusqu’au calendrier maya pour les adeptes, se prête assez bien à des perspectives inattendues et inédites.

On verra. Le Système joue gros, et sans filet, ce qu’il n’apprécie pas particulièrement ; adepte de la surpuissance, il a toujours préféré les barrages d’artillerie et le carpet bombing ; mais l’on sait bien qu’à la surpuissance succède toujours l’autodestruction…

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