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12/06/2012

La diplomatie stratégique des USA n'a toujours pas rangé ses sabots dans la remise de Camp David. Ainsi, l'éléphant de Washington, sous les traits de Panetta, a une nouvelle fois renversé et brisé quelques porcelaines en Inde. Pour rien... ridiculisé.

Notes sur le sommet de l’OCS, de Pékin à Delhi

11/06/2012

dedefensa.org

Nos “cousins d’Amérique” ont le sens du timing, en général en rangers de forces spéciales plutôt qu’avec leurs gros sabots, pour situer l’esprit. Pour le tintamarre, c’est au moins la même chose.

Ainsi n’est-ce pas un hasard si la visite de Leon Panetta, le secrétaire à la défense US, à La Nouvelle Delhi, les 5-7 juin, a bruyamment coïncidé, 1) avec le sommet Hu-Poutine à Pékin, les 5-6 juin, et 2) avec le sommet de l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS, ou SCO), les 7-8 juin à Pékin.

Dans tous les cas, ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd, dans le chef de notre ami M K Bhadrakumar, le diplomate indien devenu chroniqueur. Il consacre un article à la visite de Panetta, le 7 juin 2012 dans Russia & India Report. Ce pourrait aussi bien être un article sur le sommet de l’OCS à Pékin.

Washington fait du shopping

M K Bhadrakumar n’aime pas les USA et leur politique. Il a une vision résolument multipolaire du monde, il croit au poids stratégique de son pays, à la persistance des liens fermes et résolus entre l’Inde et la Russie, à l’amélioration des liens stratégiques entre l’Inde et la Chine. Il abhorre l’“industry of regime change”, comme les spécialistes des relations publiques idéologisées de Washington nomme cette bouillie pour les chats semeuse de désordre qui va de la fomentation des “révolutions de couleur” aux assauts aveugles contre la Libye et la Syrie.

D’habitude, quand quelque chose se passe entre Washington et Delhi, M K Bhadrakumar fulmine parce qu’il voit la direction politique indienne s’incliner devant les pressions US. Cette fois, avec la visite de Panetta, il contient difficilement son exultation, au travers d’une ironie permanente aux dépens de la partie US, tout au long de son texte. M K Bhadrakumar est content du travail de la direction indienne.

Des questions de sécurité

Mais d’abord, que s’est-il passé à Pékin ? On a resserré les rangs et ouvert les perspectives de l’OCS, en parlant notablement des questions de sécurité même si l’on nie en parler beaucoup.

• L’OCS s’est regroupé dans des dispositions politiques et de sécurité qui vont dans une ligne connue, antiaméricaniste et, par conséquent, antiSystème : préoccupation du développement du système antimissile US ; opposition à toute idée d’intervention militaire étrangère en Syrie; condamnation de toute tentative d’attaque de l’Iran.

• Un statut d’observateur a été donné à l’Afghanistan, et un statut de “partenaire de dialogue” a été donné à la Turquie. Ces statuts sont plus que des formules de décorum sans conséquence. Ils constituent éventuellement les pas préliminaires vers une participation complète, et le statut d’observateur (qui est d’ores et déjà accordé notamment à l’Inde, au Pakistan et à l’Iran) implique des interventions (discours) des représentants des pays observateurs au Sommet annuel. Les textes du sommet ne manquent pas de préciser que la Turquie est membre de l’OTAN, et le premier membre de l’OTAN à avoir des liens formels avec l’OCS. D’autre part, l’Afghanistan et la Turquie dans le cadre de l’OCS, cela signifie un élargissement de l’organisation vers le Sud-Ouest, vers le Moyen-Orient, aux périphéries instables du Système (bloc BAO) et en établissant un lien avec l’Iran, qui n’apparaît plus comme un partenaire de dehors, hors de l’orbite naturel de l’OCS.

La “forteresse de sécurité”

Le président chinois Hu a affirmé que l’OCS était devenue «une forteresse de sécurité régionale et et de stabilité, et une force de développement économique régional». Le mot “forteresse” va bien avec “sécurité”, et, sans doute, cette convergence illustre bien ce qui pourrait être la principale décision du Sommet de Pékin. Il s’agit d’une décision donnant plus de souplesse et de disponibilité à l’OCS en prévoyant des réunions d’urgence selon les situations de l’un ou l’autre de ses membres, autant que selon la situation générale. Il s’agit d’une adaptation à la structure crisique des relations internationales, montrant que l’OCS est conduit par les circonstances à chercher à mieux s’adapter aux grands évènements déstabilisateurs du monde.

…Pour autant, l’OCS, dans tous les cas ses principaux membres, prennent garde à ne pas laisser penser que cette organisation devient pour autant une alliance politico-militaire. On sens là la réticence, surtout chinoise, à trop s’engager dans un processus pouvant entacher en quoi que ce soit la souveraineté nationale. D’où la déclaration de l’ambassadeur permanent de Russie à l’OCS, le 9 juin 2012 (Tass) : «The Shanghai Cooperation Organization (SCO) has no plans to become a military-political alliance.»

Pour autant, l’on détaille les circonstances et les dispositions des nouvelles décisions de fonctionnement qui ont été prises…

«The envoy marked that at the SCO summit in Beijing corrections were made in the provision on political-diplomatic measures of reaction in connection with the changing situation in the world. Focusing on possible kinds of reaction he mentioned, in particular, the convocation of special sessions, the dispatch of missions to look into the reason behind the developments, humanitarian and economic aid to the injured state, evacuation of people. So, a new version of the provision was drawn up “so that these measures could be used within a very short period of time,” the diplomat explained. “But these measures can be applied only with the consent of the injured state,” Barsky summed up…»

Critiques iraniennes

Parmi les amis, tout le monde n’est pourtant pas satisfait du rythme d’évolution de l’OCS. Il se pourrait bien que ce soit le cas de l’Iran, si l’on considère, comme nous nous y risquons, que la longue analyse de l’expert iranien Hassan Beheshtipour (sur PressTV.com, le 9 juin 2012) représente une appréciation correspondante effectivement au sentiment iranien. La critique porte sur le fait que l’OCS ne va pas assez vite, ne s’affirme pas dans une “identité forte”, en tant que telle (sous-entendu, comme contrepoids de l’OTAN).

Cette critique n’est pas vraiment justifiée, ne serait-ce que parce que l’exemple a contrario donné n’est pas convaincant. L’OTAN n’a pas d’identité propre, c’est un instrument des USA, forgée durant plus de soixante années d’influence, de corruption, de pénétration, etc. L’OTAN manque de souplesse, n’a aucune capacité d’adaptation, n’est capable d’aucune initiative. Ce qui est en jeu, en réalité, c’est la domination des USA sur les autres, de la part d’une puissance qui est maîtresse dans l’influence et dans la corruption. Rien de semblable dans l’OCS, où les plus puissants sont de statut égaux, où les souverainetés sont respectées… Ce dont a besoin l’OCS, c’est effectivement d’une plus grande capacité de réaction, et d’affirmation hors de l’axes Est-Ouest/Chine-Russie, trop régional. Les mesures décidées ci-dessus vont dans ce sens.

Adhésion iranienne

Mais l’on comprend la logique de l’analyse de Hassan Beheshtipour. Il s’agit d’abord de plaider pour une dynamique qui impliquerait nécessairement l’acceptation d’une adhésion complète de l’Iran dans l’OCS. C’est évidemment ce que Hassan Beheshtipour nomme “une nouvelle identité” de l’OCS, – ce qui est d’ailleurs expressément écrit dans les dernières lignes de conclusion… «It seems though that the SCO can assume a new identity by agreeing to the membership of countries like India, Iran, Pakistan, Afghanistan and Mongolia.»

Voici la conclusion de Hassan Beheshtipour : «Iran expressed readiness to become a member state of the SCO a few years ago but the organization is yet to agree to the request… […] …Iran's membership in the SCO has opponents and proponents within the organization as well. For instance, Russia announced in its latest reaction that Iran cannot join the SCO as long as its nuclear issue has not been resolved. In other words, resolutions against Iran bar its membership. It seems, however, that such policy is only an excuse since there is no article in the resolutions that would bar Iran's membership in the SCO.

»Furthermore, both China and Uzbekistan had earlier opposed Iran's membership in the SCO, a fact which indicates that there are two views with respect to the issue. The first view belongs to those countries that support Iran's membership like Tajikistan, Kyrgyzstan and Kazakhstan and, on the other side, there are those like Uzbekistan, Russia and China that under different pretexts oppose Iran's membership. It seems though that the SCO can assume a new identity by agreeing to the membership of countries like India, Iran, Pakistan, Afghanistan and Mongolia.»

Les exigeantes “propositions” US

Ainsi revenons-nous au cas indien, tel que le présente M K Bhadrakumar à la lumière de la visite du secrétaire à la défense US. Panetta est venu présenter aux Indiens le grand projet de l’administration Obama, qui est de modifier fondamentalement la stratégie des USA, de l’Atlantique vers le Pacifique.

«America is at a turning point. After a decade of war, we are developing a new defense strategy – a central feature of which is a ‘rebalancing’ toward the Asia-Pacific region. In particular, we will expand our military partnerships and our presence in the arc of extending from the Western Pacific and East Asia into the Indian Ocean region and South Asia.»

M K Bhadrakumar note que Panetta n’a pas pris de gants. Peu lui importe que l’Inde soit une “puissance émergente” qui a sa propre vision du monde, qu’elle entend aménager ses rapports avec ses voisins, etc. ; tout doit s’effacer devant la grande vision stratégique des USA, qui n’est après tout, pour l’Inde elle-même, qu’une resucée de ce qui fut dit, de façon assez grotesque, en 2005 : l’Inde sera une grande puissance, sous la supervision des USA, et entièrement tournée contre le danger chinois, à l’image de la nouvelle stratégie US.

La réaction directe, du point de vue stratégique, des Indiens, notamment par le biais du ministère de la défense, a été assez réservée pour parler d'une façon diplomatique, c'est-à-ditre clairement hostile. Les Chinois n’ont pas manqué de le noter, ce qui conduit à citer l’agence Xinhua, le 7 juin 2012

«L'Inde a appelé les Etats-Unis à “réajuster” leur nouvelle stratégie dans la région Asie-Pacifique… […] [Lors de discussions avec Leon Panetta, le ministre de la défense indien A.K. Antony] “a mis l'accent sur la nécessité qu'il y a de renforcer l'architecture multilatérale en matière de sécurité dans la région Asie-Pacifique et d'avancer à un rythme qui soit confortable pour tous les pays concernés”. […],

»La raison pour laquelle New Delhi s'inquiète de la nouvelle stratégie de défense américaine axée sur l'Asie-Pacifique est qu'elle “pourrait conduire à une militarisation accrue de son voisinage”, peut-on lire par ailleurs dans le journal indien The Tribune.»

Le choix de l’Inde

Dans son analyse, M K Bhadrakumar Met tout son soin à mettre en parallèle chaque initiative ou offre de Washington avec des évènements assez similaires, entre l’Inde et la Chine, ce qui présente ainsi une curieuse situation de parallélisme. Les Indiens accueillent avec intérêt certaines propositions US, tout en concluant qu’ils laisseront voir venir car c’est ainsi qu’il faut traiter les promesses US (surtout lorsqu’elles portent sur la question des transferts de technologies, qui en sont restées au stade théorique alors que les Indiens attendaient des choses concrètes). D’autre part, ils se réjouissent fortement de certaines initiatives et perspectives sino-indiennes.

«Significantly, New Delhi also received a tantalizing overture from China on Wednesday [6 June]. According to the Indian briefings, the Chinese vice-premier Le Keqiang pledged to the visiting Indian external affairs minister S. M. Krishna in Beijing to “work together with India to maintain strategic communication, improve political mutual trust, and appropriately address disputes and safeguard the peace and tranquility in border areas to advance the bilateral relationship to a new phase.” In response, Krishna vowed that the Sino-Indian relationship is one of the most important bilateral relationships in the world. These are indeed big statements – coming from Li, who is widely regarded as the likely nominee to replace Wen Jiabao, and from Krishna who would have known that Panetta met with the Indian prime minister Manmohan Singh just the previous day.

 

»India faces a choice: be a cog in the wheel of the US’ Asia-Pacific strategy or be a wheel by itself with a dynamics of its own. The choice is going to be rather easy for the Indian policymakers to make. […] It might seem a battle for India’s soul has begun, but actually that isn’t the case. The Indian policymakers do not need America’s South Asia hands to educate them in Sinology. On the contrary, they have a mind of their own and are clear about India’s priorities. They are also skilled enough in international diplomacy to leverage advantages for India in a fluid international situation… […]

»Clearly, Washington chose an awkward moment to announce its “rebalancing” to Asia. India is going to be cautious about the US enterprise to rally the Asian nations and with the hope of arresting the decline in its influence and to counter the cascading influence of China. India will be chary of identifying with such a plank with overt or covert “anti-China” orientation. Apart from the centrality that India traditionally attaches to strategic autonomy in the core areas of its foreign and security policies, one compelling factor in the near term is going to be the imperatives of India’s economic development. India cannot and will not offend China at a juncture when China could help it with its economic development.»

De Delhi à Pékin…

Ainsi vient la conclusion de M K Bhadrakumar qui, par le changement de décor et de circonstances qu’elle nous propose, dit tout de son sens. Pendant que les délégués de l’américanisme triomphant poursuivaient leur conquête de l’Inde acquise d’avance, l’essentiel se passait, pour l’Inde, à Pékin, au Sommet de l’OCS…

«…In geopolitical terms, what stands out in the final reckoning as Panetta left Delhi today is the alacrity with which India has transferred the “synergy” from this latest US-India discourse to Krishna who attended the Shanghai Cooperation Organization’s [SCO] summit in Beijing.

 

»Addressing the SCO summit meeting on Thursday, Krishna said, “The most important security challenge we face today relates to Afghanistan, which lies in the heart of Asia and is a bridge, connecting not just Central and South Asia but also Eurasia and the Middle East. The SCO provides a promising alternative regional platform to discuss the rapidly changing Afghan situation.” Things have never been spelt out so directly and with such clarity by India in regard of the SCO’s role in Afghanistan. And it comes at a juncture when the SCO’s new motto is that the initiative for finding solution to the problems of the region should invariably lie with the countries of the region.»

Involontairement, les USA haussent le débat

Peut-être l’affaire Panetta-Inde est-elle une réponse aux préoccupations de l’Iran, indirectement si l’on veut. Le refus indien du fondement des propositions US qui sont d’intégrer l’Inde dans la nouvelle stratégie américaniste en Asie, tend, par effet contraire naturel, à rapprocher décisivement l’Inde de la Chine. Si l’on se place en effet de ce point de vue de la grande stratégie que l’initiative US met évidemment à l’ordre du jour, l’entente entre l’Inde et la Chine dans ce contexte, dans la forme des relations, peut se faire beaucoup plus aisément. A côté de leurs éventuels différends régionaux, leur position régionale proche autant que la façon dont ils envisagent les relations de puissance à puissance, les poussent naturellement à l’arrangement commun lorsqu'il s'agit de grande stratégie.

Si l’on se place alors dans le cadre plus large de l’OCS, on peut considérer que l’évolution décrite ci-dessus conduit à réduire, sinon à supprimer à terme assez court le principal obstacle à l’adhésion complète de l’Inde à l’OCS. Jusqu’ici, parmi les deux grandes puissances de l’OCS, la Russie s’est montrée très favorable à l’adhésion complète que sollicite l’Inde, tandis que la Chine se montrait plutôt réticente ; à cet égard, les Russes avaient une vision stratégique plus large, au niveau de celle des USA avec leur nouvelle initiative, tandis que la Chine en restait à une appréciation plus régionale. Les derniers développements de Delhi, avec la visite en très sérieuse demi-teinte de Panetta, doivent changer la perception de la Chine, à la fois vis-à-vis de l’Inde comme on l’a vu, à la fois vis-à-vis de la forme et du statut de l’OCS (et, à ce moment, vis-à-vis de l’adhésion de l’Inde).

Le truc de l’éléphant au milieu de la porcelaine

On peut dire, de ce point de vue, que la coordination du voyage de Panetta à Delhi et du Sommet de l’OCS à Pékin a eu un effet contre-productif. Cela n’a rien pour surprendre lorsque les USA prennent ce genre d’initiative. Ils abordent le problème considéré en le haussant au niveau le plus haut, là où se trouvent leurs prétentions stratégiques habituelles. L’on découvre aussitôt que ces prétentions impliquent nécessairement l’abaissement, l’alignement et la subjugation des puissances dont ils veulent faire leurs “partenaires”, – et ce fut le cas pour l’Inde. Dans cette sorte d’occurrence, les USA ont un art de la manœuvre qui fait penser à l’éléphant au milieu de la porcelaine.

Sans aborder directement le problème, le Sommet de l’OCS ne pouvait pas ne pas être touché par cette atmosphère traînée avec eux par les USA. Au contraire de contrecarrer le Sommet de l’OCS, l’intervention US en Inde a éclairé la nécessité que l’OCS s’oriente vers une dimension de grande stratégie, vers un statut d’alliance plus affirmée. Cela ne fut pas dit complètement en ces termes bien que certaines initiatives y font penser, mais l’on y pensera de plus en plus, et vite.

Un axe naturel pour une orientation stratégique

Dans ce cas, l’OCS doit évoluer pour trouver son axe naturel d’orientation stratégique. La proximité plus grande avec l’Inde, chose qui va s’imposer naturellement, commence à faire pivoter cet axe. Ce mouvement est évidemment dans le sens de ce que l’Iran réclame.

De même, les pressions US sur l’Iran, par l’intermédiaire de la crise syrienne, la décision russe, autant que chinoise, que l’Iran est un acteur essentiel de la résolution de la crise syrienne, tendent à faire sortir l’Iran du ghetto de la question nucléaire où se pays se trouve depuis plusieurs années… Avec la crise syrienne et l’“équipe” de facto formée entre l’Iran et la Russie (avec la Chine en arrière-plan), mais aussi avec le changement de position de la Turquie sur la question syrienne et le rapprochement turc de l’Iran, c’est tout le dossier de l’adhésion complète de l’Iran à l’OCS qui devrait être perçu comme étant sur la voie de changements importants.

Les évènements imposent leurs priorités. Ils poussent, non pas à une “identité” de l’OCS comme le réclame Hassan Beheshtipour, mais plus simplement à une nouvelle géométrie, une géométrie de crise avec une extension nécessaire vers le sous-continent asiatique et le Moyen-Orient. Il tend également à susciter des regroupements de crise, à regrouper les pays qui se trouvent plus ou moins bousculés ou mal à l’aise avec les prétentions des USA et du bloc BAO.

Rythme d’expansion et temps crisique

Mais la véritable question touchant à l’avenir de l’OCS, du rassemblement qui tend à s’étendre autour de lui, de sa géométrie qui tend à se modifier, concerne plutôt la chronologie, disons le temps crisique lui-même. Il s’agit du constat que les crises multiples qui forment aujourd’hui la substance même des relations internationales, ne cessent d’accélérer le temps historiques, jusqu’à lui faire prendre des dimensions métahistoriques.

L’interrogation se résume alors à un constat fort simple, que les évènements chaque jour poussent à considérer de façon de plus en plus appuyée : la vitesse des évènements, l’extension et la tension des crises, risquent de prendre de vitesse le rythme d’expansion de l’OCS. Cela ne signifie pas le contrecarrer, le briser, etc., mais confronter ce rythme à des conditions générales en accélération radicale. Par ailleurs, cela n’est pas propre à l’OCS, bien entendu, puisqu’il s’agit d’une règle générale de la situation du monde, à laquelle très logiquement tout le monde est confronté.

10/06/2012

La production de cocaïne en Colombie, qui n'en bénéficie que pour 2,6%, profite essentiellement aux financiers américains et européens à hauteur de 97,4%. Merci les banquiers de vous sucrer sur la mort de nos enfants! Quelle contre-civilisation!

En Colombie, le trafic de drogues profite surtout...
aux banques occidentales

Bah bravo

Seulement 2,6% des profits restent en Colombie

Publié le 9 juin 2012

 

Selon une étude de l’Université des Andes à Bogota qui date de 2011, le trafic de la cocaïne colombienne enrichit principalement les banques occidentales. The Guardian s'est récemment fait l’écho de cette étude, qui vient seulement d'être publiée en anglais. Le journal britannique souligne qu'il s'agit de "la recherche la plus détaillée jamais réalisée sur l’économie de la drogue".

Seulement 2,6% de tout l’argent généré par la production et le trafic de cocaïne reste en Colombie. Les 97,4% restant sont partagés entre les narcotrafiquants et les banques des États-Unis et d’Europe.

"Si la Colombie pouvait bénéficier économiquement du commerce de la drogue, il y aurait un certain sens dans tout cela, estime Alejandro Gaviria, un des économistes en charge de l'étude. Au lieu de cela, nous payons le prix fort pour le profit de quelqu’un d’autre."

Selon les chercheurs la faute à l’hypocrisie des "pays consommateurs" (Etats-Unis, Royaume-Uni et l’Espagne en tête) : "Ils se limitent à chasser les petits poissons, ou les maillons faibles de la chaîne, mais ils ne s’en prennent jamais aux systèmes financiers", affirme Daniel Mejía, un autre économiste qui a travaillé sur cette étude.

La faute aussi au système bancaire colombien : "pour déposer 2 000 dollars à la banque, il faut une énorme quantité de paperasse, alors que dans les banques américaines, il y a la loi sur la confidentialité".

La Russie va développer un nouveau bombardier pour concurrencer le projet NGB (New Generation Bomber) américain. Nous connaissions déjà le chasseur Pak-Fa qui l'assistera, dans quelques années apparaîtra le bombardier Tu-160 avec une autonomie de 7000 km.

Un nouvel avion de bombardement pour l’Armée de l’air russe

9.06.2012, 19:55

Un nouvel avion de bombardement pour l’Armée de l’air russe

Photo: RIA Novosti
     

La Russie va développer un nouveau bombardier stratégique très prometteur, a annoncé le premier ministre Dmitri Medvedev lors d'une réunion à Kazan sur le développement de l'aviation stratégique. Ce nouveau projet sera élaboré ensemble avec le chasseur de la 5e génération. Selon Medvedev, les avions de bombardement stratégiques réparés et modernisés qui font actuellement partie de l’armée, ne suffisent pas.

Au cours de la prochaine décennie, la force aérienne de Russie devrait obtenir un nouveau bombardier de longue portée. Toutefois la nécessité d’avoir dans l’armée un appareil de nouvelle génération n’est pas vraiment justifiée. Alors que les experts estiment que les systèmes de lutte antiaérienne et de défense antimissile pourraient rendre l’exploitation d’un tel avion impossible, la machine possède cependant « une place dans les rangs ».

Actuellement, l’aviation de longue portée de l’Armée de l’air de Russie exploite trois types de bombardiers : des supersoniques Tu-22M3, des gros avions de bombardement Tu-95 et des gros supersoniques Tu-160. La portée du Tu-22M3 peut varier entre 1500 à 3500 kilomètres. Ses homologues les plus lourds peuvent s’éloigner des bases sans ravitaillement jusqu’à une distance de 6000-7000 kilomètres. Compte tenu de la portée de leurs armes principales – des missiles de croisière – ils peuvent frapper des cibles en Amérique du Nord.

En moyenne, la flotte stratégique russe est plus jeune que celle des États-Unis. Le principal bombardier américain B-52 est monté en l’air pour la première fois en 1952, comme le Tu-95. Les appareils B-52H, qui restent toujours au service de la Force aérienne des Etats-Unis, ont été construits dans les années 1960-1962. Quant aux appareils américains B-1B, construits dans les années 1984-1988, ils ont le même âge que les machines russes. On peut dire la même chose des avions B-2, construits en 1989-1997.

Les avions de bombardement B-52, dont le plus jeune a déjà un demi-siècle, voleront jusqu'en 2040. Entre 2025 et 2040, ces machines doivent être remplacées par une nouvelle génération d'avions, mis au point dans le cadre du programme NGB (Next Generation Bomber).

Un nouvel avion devrait également remplacer les B-1B, qui vont commencer à être supprimés du parc à partir de 2030. Les nouveaux appareils seront utilisés en parallèle avec le B-2, qui pourra servir jusqu'à la fin des années 2040, ou peut-être plus longtemps.

A en juger par ce qu’on connaît des caractéristiques techniques du NGB, cet appareil sera différent de B-2 grâce à une masse au décollage moins importante (autour de 100 tonnes contre 170), une bombe de charge (13 tonnes contre 23) et le rayon de portée (jusqu'à 3800 km contre 5000). Une diminution relative des caractéristiques techniques devrait permettre de réduire le prix d'un nouvel avion à 500-560 millions de dollars par unité contre plus d’un milliard pour le B-2.

La Russie suit de très près le développement du projet NGB. Selon les informations qu’elle possède déjà, il s’agit du concept de la machine « mi-lourde », qui possède une portée plus grande que le Tu-22M, mais un peu moins grande que celle du Tu-160. C’est un projet qui semble tout à fait attrayant.

Mais pour répondre à la question sur l'aspect extérieur du nouvel avion, fabriqué dans le cadre du programme russe PAK DA (complexe aérien prospectif pour l’aviation de longue portée), il faut avant tout définir ses objectifs.

Le bombardier russe à long rayon d’action doit avoir la possibilité de frapper les cibles sur le territoire de l’Eurasie et dans les eaux adjacentes lors du décollage et sans le ravitaillement en l’air. Et avec le ravitaillement, il devrait être capable d’effectuer des missions à portée intercontinentale. Cela signifie que l’appareil doit posséder un rayon d’action aux alentours de 3500 kilomètres s’il est entièrement chargé et 5500 kilomètres s’il n’est pas entièrement chargé.

Il est possible de réduire le coût de la machine grâce à l’unification de l’équipement selon le programme PAK DA avec le chasseur T-50. Notamment, la possibilité de construire une machine de 100-120 tonnes avec quatre moteurs AL-41 (T-50 possède deux moteurs de cette catégorie) est actuellement discutée. Un autre projet envisagé – c’est la création de l’équipement avionique sur le nouveau bombardier, qui serait basé sur le matériel développé pour le T-50.

En guise d’alternative au programme PAK DA, les constructeurs russes proposent souvent d’utiliser les chasseurs d'appui tactique des familles Su-27/Su-30 et T-50, des chasseurs Su-34, ainsi qu’une possibilité d’améliorer les long-courriers déjà existants.

La première solution, bien que séduisante en termes de financement, ne fournit pas toujours les capacités nécessaires en cas de guerre. Les capacités des avions de l’aviation tactique, permettant de frapper des cibles en dehors du rayon d’action normal (2.000 kilomètres) se réduisent radicalement. Il est impossible de viser des cibles à une grande distance de l’aérodrome de base « en un seul vol ». Dans ce cas, il faut déployer une base intermédiaire avec l’équipement nécessaire, soit faire appel à des ravitailleurs, ce qui augmente les coûts financiers et le temps dépensé pour tirer sur une cible donnée.

La deuxième solution est préférable, mais elle possède des limites temporelles. Même si ces avions peuvent servir longtemps, ils ne sont pas éternels. Quant à leur conception et la production – c’est un processus long. Si, aujourd'hui, la Russie arrête les travaux sur un nouveau bombardier, d'ici aux années 2040-2050, elle risque de se retrouver sans l’aviation de longue portée. Si toutefois pendant le processus de sa création, de nouveaux moyens, permettant de se passer d’un lance-missile lourd apparaîtront, les travaux pourront être suspendus. Mais cela ne sera possible qu’après l’apparition d’une alternative fonctionnelle.

10:42 Publié dans Armement | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : www.ruvr.ru