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13/06/2012

Un livre qui dénonce le passe-temps meurtrier d'un Président Nobel de la Paix. Vous vous ennuyez? Des frissons garantis, surtout le mardi, lorsque Barack tire les cartes (photos) de la victime qu'il décidera officiellement le mardi de liquider.

Barak Obama, démocrate et assassin? - Quand la morale des droits de l'hommes fait office de paillasson

Barak Obama, démocrate et assassin?


Quand la morale des droits de l'hommes fait office de paillasson



Jean Bonnevey
le 12/06/2012
modifié le 12/06/2012 à 09:18h
On ne versera pas une larme sur les présumés, confirmés ou apprentis terroristes, prématurément ravis à l’affection d’obscurantistes islamistes, par les frappes américaines dans le monde. Cela fait toujours quelques nuisibles en moins. Mais, peut-on approuver l’assassinat politique, quand on se prétend le représentant sur terre des valeurs indépassables de la démocratie et des droits de l'homme? Ce que l’on apprend sur le comportement du président Obama prouve que l’hypocrisie est le moteur des sociétés démocratiques.
 
 
La lecture d'un récent article du New York Times portant sur la "petite activité hebdomadaire" du président a de quoi surprendre les admirateurs de l'occupant de la Maison Blanche. On y apprend que, tous les mardis, Barak Obama étale, devant lui, des cartes d'un genre très particulier, où figurent les photos et les notices biographiques de terroristes présumés, pour choisir lequel sera la prochaine victime d'une attaque de drone. Et c'est à lui seul qu'il revient de trancher : la probabilité de tuer un proche de la cible ou des civils se trouvant à proximité mérite-t-elle ou non d'interrompre la procédure ? On y apprend, avec force détails, comment Barak Obama gère personnellement la campagne d'assassinats téléguidés.
 
Il ne faut pas être naïf. Ces révélations ne proviennent pas de fuites, mais relèvent d’une opération de communication bien préparée, d’une opération de propagande a but électoraliste. Il s'agit de montrer aux électeurs, à quelques mois de la présidentielle, que le président est un dur et qu'il est efficace. C’était devenu nécessaire.
 
Parce que, ces derniers temps, le locataire de la Maison-Blanche apparaît singulièrement affaibli : il semble impuissant alors que des milliers de personnes se font massacrer en Syrie ; il se fait rouler dans la farine par l'Iran comme en témoigne l'échec des dernières négociations sur le nucléaire à Bagdad. Vladimir Poutine le traite avec mépris en bloquant toute intervention dans ces deux pays et lui a même infligé un camouflet public, en décidant de se faire remplacer, par son Premier ministre Medvedev, lors des derniers sommets du G8 et de l'OTAN.
 

Charles Krauthammer
 
Le chroniqueur conservateur, Charles Krauthammer, condamne vigoureusement la stratégie de lutte contre le terrorisme adoptée par Obama. L'usage massif des drones est en totale contradiction avec l'image de droiture morale que le président affiche, estime-t-il. « Qu'est donc devenu cet artisan de paix, récompensé par un prix Nobel, ce président favorable au désarmement nucléaire, cet homme qui s'était excusé aux yeux du monde des agissements honteux de ces Etats-Unis qui infligeaient des interrogatoires musclés à ces mêmes personnes qu'il n'hésite pas aujourd'hui à liquider? L'homme de paix a été remplacé –juste à temps pour la campagne électorale de 2012– par une sorte de dieu vengeur, toujours prêt à déchaîner son courroux.

Quel sens de l'éthique étrange. Comment peut-on se pavaner en affirmant que les Etats-Unis ont choisi la droiture morale en portant au pouvoir un président profondément offensé par le bellicisme et la barbarie de George W. Bush et ensuite révéler publiquement que votre activité préférée consiste à être à la fois juge et bourreau de combattants que vous n'avez jamais vus et que peu vous importe si des innocents se trouvent en leur compagnie. »
 
Voila ce qu'on peut lire dans le livre qui révèle la face cachée d'Obama, "Kill or capture" de Daniel Klaidman. « C’était un changement peu probable pour l'un des avocats des droits de l'homme les plus respectés de sa génération. A l'Université de Yale, il avait mémorisé les noms et les visages de ses élèves, idéalistes aux yeux brillants qui voulaient utiliser la loi pour améliorer le monde. Maintenant, il étudie les listes soumises par le gouvernement, mémorise des profils de jeunes militants sans regard, et aider à déterminer ceux qui peuvent être mis à mort. »
 
 
Même Marianne en a des frissons. « 300 pages d'un récit qui se lit comme un véritable thriller et une pluie de révélations livrées par deux cent témoins privilégiés de l'exercice du pouvoir par le 44ème président des Etats-Unis. Daniel Klaidman, correspondant spécial de Newsweek au Moyen-Orient, est un journaliste d'investigation réputé, couronné par la profession pour sa couverture du 11 septembre 2001 et de ses conséquences. Surtout, c'est l'un des meilleurs spécialistes américains du terrorisme et des questions de sécurité nationale. Et c'est bien pourquoi ce livre commence à produire une onde de choc à travers les médias américains".
 
D'emblée, Daniel Klaidman pose la question qui demeure la plus taboue de toutes depuis l'arrivée du successeur de George W. Bush à la Maison Blanche en 2008, à la fois aux Etats-Unis, mais également parmi les puissances occidentales alliées de ce pays: « Barack Obama est-il un idéaliste ou un pragmatique impitoyable? » L'auteur assène sèchement: «Il a promis de fermer Guantanamo, de mettre fin aux interrogatoires coercitifs et aux tribunaux militaires, et de restaurer les principes américains de la justice; pourtant, au cours de son premier mandat, il a fait marche arrière sur chacune de ces promesses, fait monter en puissance la guerre secrète des attaques de drones et les opérations clandestines. »
 
Obama est-il le Poutine de l'Amérique s'interroge le journal? Poutine utiliserait-il des drones contres ses opposants ? On pourrait poser la question différemment: qui du président autoritaire ou du président démocrate a tué le plus d’ennemis par des assassinats ? Il n’y a pas de pouvoir, ni de guerre propre même pour un démocrate, même pour un président "normal". La preuve par Obama, le saigneur des drones tueurs.

11:48 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : www.metamag.fr

06/06/2012

L'Algérie se trouve dans la ligne de mire de l'Arabaie Saoudite et du Qatar, aidés par les USA et les Frères musulmans égyptiens. Elle sera le prochain domino à tomber. Ensuite viendra le tour du Maroc.

L'Iran et l'Algérie, cibles de Washington et Ryad - Manoeuvres presque ouvertes de l'impérialisme américain et wahhabite

L'Iran et l'Algérie, cibles de Washington et Ryad


Manoeuvres presque ouvertes de l'impérialisme américain et wahhabite



Michel Lhomme
le 05/06/2012
Les pays du Golfe avouent ouvertement souhaiter la création d’une alliance géopolitique autonome incluant au départ deux ou trois pays, dont l’Arabie Saoudite et le Bahreïn. Pourquoi cette soudaine précipitation? Les dirigeants du Conseil de coopération des États arabes du Golfe (CCG), qui comprend l’Arabie saoudite, le Koweït, Bahreïn, le Qatar, les Emirats arabes unis et le sultanat d’Oman, ne cachent pas leur inquiétude face aux ambitions régionales de l’Iran. Le Bahreïn, dirigé par la dynastie sunnite Al Khalifa, est, en particulier, le théâtre, depuis le début du « printemps arabe », d’une contestation de la majorité chiite, soutenue en sous-main par l’Iran, qui a des vues sur le territoire insulaire.
 
Un destin commun ?
 
Par ailleurs, le Qatar, l’Arabie saoudite mais aussi les Frères Musulmans d’Egypte, semblent déterminés à faire chuter l’Algérie. Anna Marie Lisa, présidente honoraire du Sénat belge, accuse ouvertement l'Arabie Saoudite «d’œuvrer à déstabiliser volontairement les frontières sud de l'Algérie », à travers notamment, le financement des salafistes et de groupes djihadistes. Pour l’Arabie saoudite, l'Algérie devra payer, tôt ou tard, pour avoir combattu le terrorisme durant les années 1990. Ceci se produit au moment où de l'argent, provenant de paiements de rançons d’otages européens et des spoliations en Libye arrivent, de la façon la plus illégale qui soit, aux terroristes sévissant dans la région, et plus particulièrement au Nord du Mali, devenu indépendant. En tout cas, cette déclaration confirme qu’il y a bien (ce que nous vous disons ici depuis plusieurs mois déjà: affaire libyenne etc) une déstabilisation en cours de l’Algérie, entretenue par des bailleurs de fonds saoudiens.
 
Eric Denussy, directeur du Centre français de recherches sur le terrorisme, et ancien officier des services secrets, a tiré récemment la sonnette d'alarme : «La situation est très grave. L'Algérie est considérée par le Qatar et l'Arabie Saoudite, et par l'alliance entre les USA et les Frères musulmans, comme le domino du « printemps arabe » qui n'est pas tombé et qui doit tomber, coûte que coûte». L'Otan et les Américains nul doute participent en secret à cette démarche de vouloir reconfigurer le Maghreb et le Machrek, ainsi que le Sahel, par terrorisme interposé et mercenaires richement payés. D’ailleurs, certains pays auraient largué des armes, profitant aux terroristes du GIA, devenu GSPC puis AQMI, après que les terroristes eurent été défaits en Algérie et qu’ils eussent fuient vers le Sud. Pour l’instant, après des législatives sans fraude véritable, l'Algérie, qui se sent menacée, tient bon et n'a pas chuté, malgré toutes ces tentatives de déstabilisation, y compris du côté marocain (le problème du Polisario évoqué au Conseil Européen).
 
Mais au Mali, la crise s’obscurcit et il est un peu difficile d’y voir vraiment clair. La moitié septentrionale de son territoire est toujours sous le contrôle de rebelles touareg, d’islamistes armés et de divers groupes criminels. Un nouveau groupe armé, dénommé Front de Libération Nationale de l’AZAWAD (FLNA), qui revendique 500 éléments, avait annoncé, le 8 avril, sa création dans le Nord-Est du pays. Il se proclame indépendant du groupe islamiste Ansar Dine, dirigé par Iyad Ag Ghali qui a participé aux accords d’Alger de 2006 entre Bamako, la rébellion touarègue et le Mouvement National de Libération de l’AZAWAD (MNLA).
 
 
Cette nouvelle formation se présente comme un mouvement laïc et explique sa création par l’abandon” de la région par l’Etat malien depuis des années. Il aurait pour objectif la libération de l’AZAWAD, l’instauration d’un climat de confiance entre ses communautés, la sécurisation des personnes et des biens et l’instauration d’un cadre de dialogue pour une paix durable” dans la région, dont le FLNA ne définit pas les limites géographiques et qui, par voie de conséquence, pourraient inclure des territoires algériens et nigériens !
 
Aux côtés de tous ces mouvements touaregs, religieux ou laïcs, du Nord Mali, on retrouve, bien entendu, des éléments du Polisario et ceux de l’AQMI, dont un des chefs, Mokhtar Belmokhtar, vient justement de refaire surface à Gao, avec ses partisans, à la faveur des enlèvements de sept diplomates algériens. Un autre groupe, et pas des moindres, a également signalé sa présence à Gao. Il s’agit du mouvement islamiste nigérian Boko Haram, mouvement violent et extrêmement puritain, très anti-chrétien et dont au moins une centaine d’éléments ont été signalés récemment au Nord du Mali. Par ailleurs, l’exécutif MNLA aurait proposé à l’Algérie son aide pour la libération des diplomates enlevés et son leader, Bilel Ag Cherif, aurait décidé d’enquêter sur les circonstances de ces enlèvements.
 
Face à cette nouvelle donne, les Algériens ont fermé leurs frontières avec le Mali. Mais une telle décision, aussi ferme soit-elle, reste toujours problématique dans cette région : parler de « fermeture des frontières » dans une zone de nomades, cela-t-il encore un sens ? Est-ce qu’elles ont jamais existé, d’ailleurs ? N’est-ce pas comme si on voulait arrêter le vent du sud de souffler ? C’est bien connu, les terroristes d’AQMI et les narcotrafiquants passent par les postes frontières et présentent leurs papiers aux douaniers, aux gardes frontières et aux militaires algériens qui grouillent dans le secteur sans pour cela être forcément inquiétés. Les dollars circulent.
 
L'Algérie prise au piège?
 
C’est pourquoi, à moins de construire un mur sur tout le parcours de cette frontière de plus de 1200 kms, il est réellement impossible de fermer cette passoire, où immigrants, terroristes et contrebandiers se faufilent comme bon leur semble. Le Sud algérien paraît donc bel et bien le ventre mou du pays dans lequel circulent des terroristes d’AQMI et des contrebandiers mais aussi des déstabilisateurs étrangers, payés par les Etats du Golfe.
 
Le ministère algérien de la Défense a annoncé avoir déployé des avions de transport militaires et des hélicoptères aux bases de l’extrême sud et a mis en état d’alerte maximum 3 000 hommes des forces spéciales de l’armée et des unités militaires de la sixième, troisième et quatrième région militaire, notamment dans les wilayas de Tamanrasset, Ghardaïa, Biskra, Bechar et Adrar. Certains se demandent, comme de faux naïfs : pourquoi l’Algérie n'avait pas, plus tôt, lutté contre AQMI et la criminalité transnationale ?
 
Pour l’AQMI, il était, sans doute pour elle plus judicieux de refiler le bébé au Mali (consolidation d’un glacis protecteur) et quant à la drogue venue de Guinée-Bissau, elle rapporte forcément beaucoup au passage. N’oublions pas que toutes les productions du pays (l’agriculture étant moribonde) se concentrent actuellement au Sud, au Sahara où se retrouvent toutes les richesses du pays (hydrocarbures, or, fer).
 
En conclusion, s’il est possible d’émettre l’hypothèse que l’enlèvement des diplomates algériens, la proclamation de l’indépendance de l’AZAWAD par un groupe proche d’Alger et la présence d’AQMI et autres groupes islamiques radicaux sont, directement ou indirectement, liés à l’Algérie, la grande puissance régionale du coin, il est indéniable que sur le terrain, l’opération malienne n’est pas seulement une opération montée de toutes pièces par les autorités militaro-civiles algériennes pour redorer leur blason à l’approche des élections législatives en Algérie.
 
Dans ce pullulement de groupes militarisés divers, la situation sur le terrain est bien trop confuse pour ne pas déceler aussi la rivalité de courants servant d’autres intérêts, comme ceux des monarchies du Golfe ou de l’OTAN, dans la perspective d’une déstabilisation cruciale de l’Algérie ou encore, discrètement, des intérêts chinois, dans la perspective d’un contrôle par Pékin du Niger tant convoité.
 
En tout cas, la seule chose assurée, c’est que, en dehors du coup d’Etat qui a ébranlé le pouvoir légitime au Mali, tous les événements qui secouent aujourd’hui le Nord de ce pays sahélien ne sont que la conséquence trouble d’un jeu de domino dangereux engagé par l’Otan, l’Occident et les pays du Golfe dans la région (Tunisie, Lybie, Egypte). En voulant déstabiliser demain l’Algérie, c’est le Maghreb, en tant que bloc institutionnel qui serait alors géopolitiquement menacé en tant que tel. La démarche algérienne pour contrer le terrorisme au Sahel aurait besoin, à la lumière du drame malien, d’une profonde mise à jour de ses tenants et aboutissants, voire même peut-être d’une petite aide de l'ex-mère patrie. Paris ne peut, sans conséquences directes, laisser tomber aujourd’hui Alger.

06/05/2012

Au 2ème tour des élections présidentielles françaises, si le candidat socialiste l'emporte, ce sera bel et bien la victoire de Gramsci.

La Gauche de tous les pouvoirs - Une élection ponctuant « la longue marche » des soixante-huitards

La Gauche de tous les pouvoirs


Une élection ponctuant « la longue marche » des soixante-huitards



Julien Peyrié
le 03/05/2012
modifié le 03/05/2012 à 11:06h
Si le 6 mai, François Hollande est élu président de la République et si ce succès est confirmé aux législatives, comme ce serait alors très probable, le "socialisme soixante-huitard" aurait la main sur tous les pouvoirs. Ce serait l’aboutissement d’une « longue marche ».
 
La guerre d’Algérie avait entraîné une partie des dirigeants de la SFIO (le parti socialiste du temps) à prendre des positions et des décisions contraires à l’internationalisme –le mondialisme d’autrefois- toujours revendiqué à l’époque. Certains avaient même sombré dans un soutien sans faille à "l’Algérie française" : Robert Lacoste , par exemple, socialiste de toujours, résistant, ministre-résident de l’Algérie, dont certaines actions démontraient une grande pugnacité pour le défense du territoire national, François Mitterrand ( dirigeant d’un petit parti charnière de centre-gauche) par certaines de ses déclarations , un général bientôt putschiste comme Raoul Salan , plutôt marqué à gauche, ou encore Guy Mollet, dirigeant de la SFIO accordant sa confiance au général De Gaulle, au moment de son retour au pouvoir, pour cause de maintien de l’Algérie dans la France et au gouvernement duquel il participa, au début .
 
Le vainqueur possible : Hollande ou Gramsci ?
 
Le « Molletisme », par ses ambiguïtés –il négociait derrière le rideau avec les indépendantistes algériens tout en prenant des mesures exceptionnelles pour la défense du territoire- engendra des dissidences et la création, entre autres, du Parti Socialiste Unifié (PSU) qui fut, pendant longtemps, une boite à idées de la Gauche et de l’Extrême-Gauche réformatrice ou révolutionnaire.
 
Parallèlement, le Parti Communiste avait aussi ses Jeunes Turcs pour cause d’opposition au stalinisme ou à une présumée mollesse, au moins affichée, dans la lutte contre la souveraineté française en Algérie. Reproche relativement injuste, car le parti soutenait la cause algérienne par sa presse, ses agents d’influence, voire certains de ses adhérents, et ses courroies de transmission
 
C’est sur ces bases que se constituèrent les mouvements qui firent mai 1968 et dont les militants, quelques années plus tard, commencèrent à peupler le parti socialiste, refondé à Epinay. Mais surtout, entrés dans la vie active, ils commencèrent à pénétrer le squelette et le cerveau de la société française. Ces jeunes militants, théoriciens ou hommes d’action, avaient compris que l’on peut être politiquement un bon socialiste ou un bon communiste, mais avoir des réactions ou des comportements parfaitement conservateurs.

Le gramcisme en action
 
Ils avaient lu Antonio Gramsci, théoricien communiste italien hétérodoxe des années 1930, qui pensait que l’Etat ne se réduisait pas à un simple appareil politique. Donc, suivant une distinction capitale, établie par Gramsci, la prise en main de la « société politique », c’est-à-dire l’appareil politique de l’Etat, ne suffit pas et il faut changer, au préalable, les mentalités par un long travail de termites dans la « société civile », définie comme l’ensemble du secteur privé, c’est-à-dire le système des besoins, la juridiction, l’administration, les corporations et surtout le domaine intellectuel, religieux et moral. En effet l’Etat, pour diriger, doit organiser le consentement par l’adhésion de la majorité des citoyens à une idéologie implicite reposant sur des valeurs admises par cette majorité.
 
 
Par la culture, les idées, les mœurs, les traditions (au besoin renouvelées), le sens commun, donc par l’activité du pouvoir culturel –qui comprend tout ce qu’énoncé précédemment- par une hégémonie idéologique, c’est la "pensée unique" ou le "politiquement correct", l’Etat bénéficie d’une adhésion des esprits à une "conception du monde". C’est par ce travail de fourmis, dont nous allons vraisemblablement voir l’aboutissement politique dans les prochaines semaines, qu’une minorité idéologique, après avoir capté le pouvoir culturel, va devenir hégémonique.
 
Si la victoire sourit à François Hollande le 6 mai et aux candidats socialistes au mois de juin, la « Longue Marche » de ces jeunes activistes des années 1950 et 1960, aujourd’hui largement septuagénaires, et de leurs rejetons, aboutira à une victoire éclatante par la prise en main de tous les pouvoirs politiques et la confirmation de leur hégémonie culturelle. Le Parti Socialiste détiendra alors la présidence de la République, la présidence de l’Assemblée Nationale, la présidence du Sénat, la majorité des régions, la plupart des grandes villes et une bonne partie des communes. La Gauche et l’Extrême-Gauche sont déjà hégémoniques dans les syndicats, les médias (la campagne électorale a bien montré de quel côté ils étaient), le cinéma, l’éducation nationale et bien d’autres centres de pouvoir.
 
Le pouvoir économique, où ses partisans sont nombreux, suivra. Le gros argent est toujours proche du pouvoir. La victoire sera donc totale. Echec et mat pour ce qu’on appelle la Droite gestionnaire, largement ralliée par une bonne partie de ses dirigeants, au pouvoir culturel dominant. Le savent-ils seulement ?