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07/06/2012

L'OSDH (Observatoire Syrien des Droits de l'Homme) dont tiennent tellement compte les médias occidentaux pour incriminer les autorités de Syrie n'est qu'un leurre et n'est représenté que par un homme qui s'en prétend.

Le narratif syrien de l’occident se base sur “un mec dans un appartement au Royaume-Uni”

Un propagandiste de l’opposition syrienne dans un appartement en Angleterre, la seule source citée par la presse occidentale

Mondialisation.ca, Le 6 juin 2012

“L’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme” (OSDH) a été cité par les médias occidentaux depuis plus d’un an dans pratiquement tous leurs rapports, et ce indépendamment de l’agence de presse qui relaie l’information, que ce soit l’AFP, AP, CNN, MSNBC, CBS, BBC ou tout journal important occidental. On pourrait penser que ceci devrait constituer une organisation géante avec des centaines de membres travaillant dur sur le terrain, documentant sans relâche ce qu’il se passe en Syrie avec photos et vidéos à l’appui, tout en coordonnant la diffusion de l’information avec la presse étrangère pour “observer” de manière non biaisée et “transparente” les conditions des “droits de l’Homme” en Syrie, ainsi qu’en montrant sa méthodologie pour y parvenir. Cela est certainement l’impression que veulent laisser les médias occidentaux à ses lecteurs et suiveurs.

Mais de manière incroyable, l’OSDH n’est rien de tout cela. En fait, il n’est qu’un homme seul, assis devant un ordinateur dans un appartement au Royaume-Uni, quelqu’un qui prétend recevoir des “coups de téléphone” avec des informations qui vont toujours incriminer le gouvernement syrien et toujours glorifier l’Armée Libre Syrienne (ASL). En fait, Reuters a même admis ceci dans un article intitulé : “Coventry, an unlikely home to prominent Syria activist” et concède même que cet homme, “Rami Abdulrahman” fait ouvertement partie de l’opposition syrienne qui recherche la fin du gouvernement syrien. Abdulrahman admet qu’il a quitté la Syrie il y a plus de 10 ans, qu’il a vécu en Grande-Bretagne depuis et qu’il ne retournera pas en Syrie avant que “Assad ne soit parti”.

Bien sûr, au delà de cet article unique, Reuters et ses acolytes des autres agences de presse sont certaines de ne plus jamais rappeler ces faits à leurs lecteurs.

L’opportunité de l’impropriété semble presque inévitable pour un homme qui haït ouvertement un gouvernement ciblé depuis longtemps d’un changement forcé par le pays dans lequel il réside et dont les méthodes de reportage consistent en de douteux coups de téléphone reçus, impossibles pour quiconque de vérifier ; et quand Abdulrahman ne reçoit pas de mystérieux coups de téléphone des membres de l’opposition en Syrie (comme “Syrian Danny”) ou passant ses informations plus que douteuses à la presse occidentale, il est vu entrer et sortir du ministère britannique des affaires étrangères où il a rencontré le ministre des affaires étrangères britannique William Hague, qui cherche ouvertement à retirer du pouvoir syrien Bachar Al-Assad.



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: De Reuters: “Rami Abdelrahman, chef de l’OSDH, quitte le bureau des affaires étrangères et du Commonwealth après avoir rencontré le ministre William Hague dans le centre de Londres le 21 Novembre 2011 REUTERS/Luke MacGregor” Abdelrahman n’est pas le “patron” de l’OSDH, il est l’OSDH à lui tout seul, bureau qu’il gère depuis son appartement en Grande-Bretagne comme dans un one man show.

Clairement, pour de vrais journalistes, Abdulrahman est un inutile, une source d’information hautement compromise qui a toutes les raisons du monde de bidouiller la réalité afin de l’adapter à son agenda politiquement motivé de renverser le gouvernement d’Al-Assad. Quoi qu’il en soit, pour un propagandiste, il est une mine d’or. C’est pourquoi, malgré les conflits d’intérêts flagrants, le manque de crédibilité, le désavantage évident d’être à 4000 km de l’action et des sujets de ses “observations”, ou le simple fait qu’un homme seul s’appelle lui-même “l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme”, les médias occidentaux continuent de nous abreuver de son torrent constant de désinformation.

Et quand les médias occidentaux se permettent de citer un personnage aussi douteux et compromis, cela veut dire que les preuves actuelles, qui fuitent immanquablement de Syrie, contredisent entièrement le narratif occidental de l’affaire, si profondément en fait, que l’occident doit construire ses “preuves” depuis le tissu du mensonge jusqu’au couturier “Abdulrahman” pour l’assembler. Tandis que le public devrait être outragé que l’establishment pense qu’il est si stupide, qu’il croira toute forme de preuve venant d’un activiste de l’opposition, qui se déguise de manière grotesque sous la forme d’une organisation réputée, qui nous dit ce qu’il se passe en Syrie par le biais de “coups de téléphone” reçus dans son très confortable appartement en Angleterre.

04/06/2012

Les Occidentaux qui semblent pavoiser sur l'affaire syrienne avec le massacre de Houla savent qu'ils accusent un retard certain sur la réelle prise d'information sur le terrain que possèdent les Russes. Les dirigeants occidentaux sont de vrais clowns.

L’affaire de Houla illustre le retard du renseignement occidental en Syrie
Mondialisation.ca, Le 3 juin 2012

Les Occidentaux n’ayant jamais tort, il est peu probable qu’ils reconnaîtront s’être trompé à propos du massacre de Houla. Mais l’important n’est pas de savoir s’ils rectifieront ou non l’image mensongère que leur propagande fabrique de la Syrie. L’important, c’est l’évolution du rapport de forces entre l’OTAN et l’OCS. Or, l’affaire de Houla montre que les Occidentaux sont incapables de savoir ce qui se passe sur place, tandis que le renseignement militaire russe n’ignore rien du terrain.

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108 corps ont été exposés par l’Armée « syrienne » libre [1] dans une mosquée à Houla. Selon les rebelles, il s’agissait des dépouilles de civils massacrés le 25 mai 2012 par des miliciens pro-gouvernementaux, désignés sous le terme de « Shabbihas ».

Le gouvernement syrien est apparu complètement déstabilisé par la nouvelle. Il a immédiatement condamné la tuerie qu’il a attribuée à l’opposition armée.

Alors que l’agence de presse nationale, SANA, ne parvenait pas à donner des précisions avec certitude, l’agence de presse catholique syrienne, Vox Clamantis, a publié sans délai un témoignage sur une partie des événements accusant formellement l’opposition [2]. Cinq jours plus tard, la chaine russe d’information continue Rossiya 24 (ex-Vesti) a diffusé un reportage très circonstancié de 45 minutes qui reste à ce jour l’enquête publique la plus détaillée [3]

Les États occidentaux et du Golfe, qui œuvrent à un « changement de régime » en Syrie et ont déjà reconnu l’opposition comme interlocuteur privilégié, ont adopté la version des événements fournie par l’ASL sans attendre le rapport de la Mission d’observation des Nations Unies (UNSMIS). À titre de sanction, la plupart d’entre eux ont mis en œuvre une mesure préparée en cas de besoin : l’expulsion des ambassadeurs syriens de leurs pays respectifs. Cette mesure politique ne vaut pas rupture des relations diplomatiques, le reste du personnel diplomatique syrien restant accrédité sur place.

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté une déclaration présidentielle condamnant le massacre sans désigner de coupable. Il a en outre rappelé le gouvernement syrien à ses responsabilités, à savoir protéger sa population avec des moyens proportionnés, c’est-à-dire sans recours à des armes lourdes [4].

Au contraire, le Haut-commissaire aux Droits de l’homme, Navi Pillay, a rapporté les allégations accusant les autorités syriennes et a demandé que le dossier soit transmis à la Cour pénale internationale.

Le président français François Hollande et son ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius ont exprimé leur intention de convaincre la Russie et la Chine de ne pas faire obstacle à une résolution du Conseil de sécurité autorisant le recours à la force. Tandis que la presse française accuse la Russie et la Chine de protéger un régime criminel.

Répondant à ces mises en cause, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Andreï Denissov, a regretté que la position française soit une « simple réaction émotionnelle », dénuée d’analyse. Il a souligné que la position constante de son pays, dans ce dossier comme dans les autres, n’était pas de soutenir un gouvernement, mais un peuple (étant entendu que le peuple syrien a plébiscité le président el-Assad lors du dernier référendum constitutionnel).

À la demande du gouvernement de Damas, la Mission d’observation des Nations Unies s’est rendue sur place. Elle a été accueillie par l’opposition qui contrôle cette zone et a pu établir divers constats destinés à l’élaboration de son rapport d’étape.

Lors d’une conférence de presse à usage intérieur, le président de la Commission d’enquête syrienne sur le massacre a lu un bref communiqué dévoilant les premiers éléments de l’enquête en cours. Selon lui, le massacre a été perpétré par l’opposition dans le contexte d’une opération militaire de l’ASL dans la zone.

Conscients que le rapport de la Mission d’observation de l’ONU pourrait se retourner contre eux, les Occidentaux ont fait créer une Commission d’enquête supplémentaire par le Conseil des Droits de l’homme de Genève qu’ils contrôlent. Celui-ci pourrait rendre rapidement un rapport pour imposer une version avant que le Mission d’observation ne rende ses conclusions.

Comment savoir ce qui s’est passé à Houla ?

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Immédiatement et sans enquête les agences de presse et les chancelleries occidentales attribuaient au gouvernement syrien la responsabilité de la tuerie.

Deux obstacles principaux entravent les enquêteurs : le gouvernement syrien a perdu le contrôle de Houla depuis plusieurs semaines. Les magistrats syriens ne peuvent donc pas se rendre sur place et si des journalistes y parviennent, ce ne peut être qu’avec l’accord et sous la surveillance rapprochée de l’ASL. Il y a cependant une exception : une équipe de Rossiya 24, la chaîne d’information continue russe, a réussi à circuler dans la zone sans escorte et a y réaliser un reportage exceptionnellement circonstancié.

La Commission officielle syrienne affirme avoir recueilli de nombreux témoignages, mais déclare qu’elle ne les présentera à la presse qu’une fois le rapport définitif établi. Jusque là, l’identité de ces témoins est protégée par le secret de l’instruction. Cependant, la télévision publique a diffusé plusieurs témoignages, le 1er juin.

Les enquêteurs disposent également de vidéos exclusivement fournies par l’ASL.

Enfin l’ASL ayant regroupé les corps dans une mosquée et ayant commencé les inhumations le lendemain même, il n’a pas été possible aux observateurs de l’ONU de procéder aux constatations médico-légales sur nombre de dépouilles.

Les conclusions du Réseau Voltaire

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Les victimes de la tuerie de Houla.

Houla n’est pas une ville, mais une zone administrative regroupant trois localité d’environ 25 000 habitants chacune, aujourd’hui en grande partie abandonnées. Le bourg sunnite de Tal Daw était sous contrôle rebelle depuis plusieurs semaines. L’Armée « syrienne » libre y avait imposé sa loi. L’Armée nationale sécurisait les voies de transport en tenant plusieurs postes sur des routes de la zone, mais ne s’aventurait plus hors de ces routes.

Des individus ont enlevé des enfants et ont tenté en vain d’extorquer des rançons [5]. En définitive, ces enfants ont été tués quelques jours avant le massacre de Houla, mais leurs corps ont été apportés par l’Armée « syrienne » libre pour être exposés avec les autres.

Le 24 mai au soir, l’Armée « syrienne » libre a lancé une très vaste opération pour renforcer son contrôle sur la zone et faire de Tal Daw sa nouvelle base. Pour ce faire, 600 à 800 combattants, venus de districts plus ou moins éloignés, se sont rassemblés à Rastan et Saan, puis sont allés attaquer simultanément les postes militaires. Pendant ce temps, une équipe fortifiait Tal Daw en y installant cinq batteries de missiles anti-tanks et épurait la population en éliminant quelques habitants.

Les premières victimes à Tel Daw furent une dizaine de personnes apparentées à Abd Al-Muty Mashlab —un député du parti Baas fraîchement élu, devenu secrétaire de l’Assemblée nationale— ; puis la famille d’un officier supérieur, Mouawyya al-Sayyed. Les cibles suivantes furent des familles d’origine sunnite qui s’étaient converties au chiisme. Parmi les victimes figurent la famille de deux journalistes de Top News et New Orient News, des agences de presse membres du Réseau Voltaire. Plusieurs personnes, y compris des enfants, ont été violées avant d’être tuées.

Seule une des positions de l’Armée nationale étant tombée, les assaillants ont changé de stratégie. Ils ont transformé leur défaite militaire en opération de communication. Ils ont attaqué l’hôpital Al-Watani, qu’ils ont brûlé. Ils ont transporté des corps pris à la morgue de l’hôpital et ceux de diverses victimes à la mosquée, où ils les ont filmés.

La théorie d’un massacre unique commis par des miliciens pro-gouvernementaux ne résiste pas aux faits. Il y a eu des combats entre loyalistes et rebelles, ainsi que plusieurs massacres de civils pro-gouvernementaux par des rebelles. Puis, une mise en scène a été organisée par l’Armée « syrienne » libre en mélangeant des cadavres d’origine différentes, correspondants à des décès survenus durant plusieurs jours.

Au demeurant, l’existence des « Shabbihas » est un mythe. Il y a certainement des individus favorables au gouvernement qui se sont armés et peuvent commettre des vengeances, mais il n’existe aucune structure, aucun groupe organisé qui puisse être qualifié de milice pro-gouvernementale.

Implications politiques et diplomatiques

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L’ambassadrice de Syrie Lamia Chakkour.

L’expulsion des ambassadeurs syriens par les États occidentaux est une mesure qui a été préparée bien à l’avance pour être coordonnée. Les Occidentaux attendaient un massacre de ce type pour la mettre en œuvre. Ils ont ignoré les très nombreux massacres précédents car ils savaient qu’ils avaient été commis par l’Armée « syrienne » libre, et ils se sont emparés de celui-ci en croyant qu’il avait été perpétré par des miliciens pro-gouvernementaux.

L’idée d’une expulsion coordonnée n’a pas été imaginée à Paris, mais à Washington. Paris avait donné son accord de principe sans examiner les implications juridiques. Dans la pratique Lamia Chakkour est également ambassadrice de Syrie près l’Unesco, elle ne peut donc être expulsée du territoire français en vertu de l’Accord de siège. Et même si elle n’était plus accréditée à l’Unesco, elle ne pourrait être expulsée car elle a la double nationalité franco-syrienne.

Les expulsions ont été coordonnées par Washington pour créer l’illusion d’un mouvement général, de manière à faire pression sur la Russie. En effet, les États-Unis cherchent à tester le nouveau rapport de force international, à évaluer les réactions russes, et à savoir jusqu’où ils peuvent aller.

Toutefois le choix du massacre de Houla est une erreur tactique. Washington s’est saisi de cette affaire sans en vérifier les détails et en pensant que personne ne pourrait les vérifier. C’est oublier qu’en quelques mois, Moscou a investi le pays. Plus de 100 000 Russes résident désormais en Syrie. Ils n’ont bien sûr pas simplement déployé un système high tech de protection anti-aérienne pour décourager l’OTAN de bombarder la Syrie ; ils ont aussi installé des unités de renseignement incluant des militaires capables de se déplacer dans les zones rebelles. En l’occurrence, Moscou est parvenu à faire la lumière sur les faits en quelques jours. Ses spécialistes ont réussi à identifier les 13 membres de l’ASL coupables de cette tuerie, et ils ont transmis leurs noms aux autorités syriennes. Dans ces conditions, non seulement Moscou ne s’est pas laissé impressionné, mais a durci sa position.

Pour Vladimir Poutine, le fait que les Occidentaux aient voulu faire du massacre de Houla leur symbole montre qu’ils ne maîtrisent plus la réalité de terrain. Ayant retiré les officiers qui encadraient au sol l’Armée « syrienne » libre, les Occidentaux ne disposent plus que des renseignements de leurs drones et de leurs satellites pour observer ce qui se passe. Ils deviennent vulnérables aux mensonges et aux vantardises des mercenaires qu’ils ont envoyés sur place.

Vu de Moscou, ce massacre n’est qu’une tragédie parmi bien d’autres que les Syriens endurent depuis un an. Mais son instrumentation hâtive par les Occidentaux montre que ceux-ci n’ont toujours pas élaboré de nouvelle stratégie collective depuis la chute de l’Émirat islamique de Baba Amr. En définitive, ils avancent au jugé et ont donc perdu l’avance qui permet au joueur d’échec de l’emporter.

Thierry Meyssan


Notes

[1] Le Réseau Voltaire a choisi de transcrire ASL en plaçant « syrienne » entre guillemets pour souligner que cette milice est largement composée d’étrangers, et que son commandement n’est pas syrien.

[2] « Fractionnements irréversibles en Syrie ? », Vox Clamantis, 26 mai 2012.

[3] Global Research a traduit en anglais la retranscription d’extraits de cette émission. Voir : “Opposition Terrorists "Killed Families Loyal to the Government"”, Voltaire Network, 1er juin 2012.

[4] « Syrie : que dit le Conseil de sécurité ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 28 mai 2012.

[5] C’est actuellement le principal problème sécuritaire dans le pays. Beaucoup de voyous qui avaient été recrutés pour grossir les rangs de l’Armée « syrienne » libre ont été démobilisés faute de poursuite du financement. Restés en possession des armes fournies par les Occidentaux, ils se livrent à du grand banditisme, principalement des enlèvements contre rançon.

30/05/2012

Ne soyez pas dupe! Ne gobez pas les informations de la presse généraliste sans les analyser! Eclairez votre esprit par la lecture d'ouvrages d'essais, culturels, géographiques! Emancipez-vous! Des millions de gens le font chaque jour, pourquoi pas vous?

Syrie : que dit le Conseil de sécurité ?
Les mécanismes de la propagande


par Thierry Meyssan

C’est un artifice classique de propagande de présenter une opinion particulière comme une vérité consensuelle, de sorte que ceux qui la contestent ont l’impression de se marginaliser. Appliquant ce mécanisme à la Syrie, la presse occidentale et du Golfe attribue mensongèrement à l’ONU toutes sortes de positions qui ne sont pas les siennes. En réponse à des courriels de lecteurs, Thierry Meyssan pointe quelques manipulations de vocabulaire.





Les médias occidentaux et du Golfe ont, depuis longtemps, pris l’habitude d’employer l’expression « communauté internationale » pour désigner le groupe d’États conduits par les États-Unis, au mépris de tous les autres. On lit ainsi que, à propos de la Syrie : « La Russie et la Chine s’opposent à la communauté internationale » (sic).

Une étape suivante dans la désinformation a été d’inclure un refrain dans toutes les dépêches d’agence : « La répression a fait plus de 10 000 morts selon l’ONU ». Or, jamais l’ONU, n’a avancé de tels chiffres. Ceux-ci proviennent de certains experts qu’elle emploie : ceux du Haut Commissariat aux Droits de l’homme et du Conseil des Droits de l’homme pour être précis. Si l’ONU avait validé leurs rapports, le Conseil de sécurité aurait autorisé une intervention internationale.
Seule l’Assemblée générale et subsidiairement le Conseil de sécurité sont habilités à parler au nom de l’ONU :

Voici que maintenant les médias occidentaux et du Golfe déforment la position de la Russie en l’accusant de se contredire. Selon eux, Moscou a mis en cause l’opposition syrienne pour le massacre de Houla alors qu’il a adopté hier une déclaration du président du Conseil de sécurité reconnaissant la responsabilité de l’État syrien.

Ceci mérite une explication de texte.

Le fait de condamner le massacre de Houla ne signifie pas que l’on accuse le gouvernement syrien d’en être coupable. En ce qui le concerne, le gouvernement de Damas a été le premier à condamner ces atrocités qu’il impute à son opposition armée. Une manifestation contre les crimes des groupes armés a immédiatement été organisée dans la capitale par des pro-Assad. Pour le moment, tous les protagonistes ont condamné le massacre, aucun ne l’a revendiqué.

Le fait d’affirmer que le gouvernement syrien est responsable du massacre ne signifie pas qu’on l’accuse d’être coupable. En vertu du principe d’indépendance et de souveraineté, un gouvernement est responsable de tout ce qui se passe sur son territoire. L’affirmation de cette responsabilité est une reconnaissance de ses prérogatives pour répondre à l’événement. Le propos du Conseil de sécurité signifie exactement l’inverse de ce que feignent de croire les médias : il affirme que le gouvernement syrien a le devoir d’intervenir pour protéger sa propre population, que l’usage de la force est légitime.

Sommer le gouvernement syrien de ne pas faire usage d’armes lourdes dans les zones peuplées en vertu des résolutions 2042 et 2043 ne signifie ni qu’on le rend responsable des massacres commis dans ces zones, ni qu’on lui interdit de réprimer les crimes de l’opposition armée, mais qu’on lui demande d’user de la force de manière proportionnée. Le Conseil de sécurité appréhende les troubles à l’ordre public en Syrie comme des problèmes de police et non comme une guerre civile. Dès lors, il attend des autorités syriennes qu’elles rétablissent l’ordre sans faire usage de l’artillerie —laquelle fait inévitablement des victimes collatérales—, même si les rebelles disposent aussi d’armes lourdes.

Les déclarations du Conseil de sécurité sont le fruit d’un consensus entre grandes puissances. Le vocabulaire utilisé doit être compris dans son sens le plus strict. Toute autre interprétation est abusive. Le Conseil n’a pas validé les imputations de la Haut-commissaire des Droits de l’homme accusant le gouvernement d’avoir tué plus de 10 000 manifestants pacifiques en un an. Le Conseil n’a pas attribué la culpabilité du massacre de Houla au gouvernement syrien. La Russie n’a pas varié dans ses positions.


Thierry Meyssan

Ne laissez pas les médias déformer la réalité : écrivez aux journalistes qui rapportent incorrectement les positions de l’ONU et priez les de corriger leurs articles. Intervenez sur les forums internet des médias pour rectifier les citations tronquées ou erronées.


Thierry Meyssan : Intellectuel français, président-fondateur du Réseau Voltaire et de la conférence Axis for Peace. Il publie des analyses de politique étrangère dans la presse arabe, latino-américaine et russe. Dernier ouvrage en français : L’Effroyable imposture : Tome 2, Manipulations et désinformations (éd. JP Bertand, 2007).